Tout le monde est un leader

« Personne ne pourra nous arrêter. »

J’ai mis du temps à finalement écrire ce billet, mais voilà, j’y suis. Pendant la période des Fêtes, j’ai beaucoup réfléchi à mon année 2020. J’ai réfléchi à NOTRE année 2020 en tant que société. Et, bien évidemment, j’ai réfléchi à l’année qui a placé le monde de l’éducation sur une trajectoire de transformation et d’innovation. On n’a pas vraiment eu le choix en 2020. L’année du «Ça va bien aller.» est derrière nous et au fil de mes réflexions, je me suis demandé quelle serait la phrase de 2021. Je suis tombé sur une chanson qu’on associe habituellement à la construction identitaire chez les francophones. Mais en écoutant les paroles attentivement, je me suis rendu compte que cette chanson pouvait aussi interpeler les gens qui s’essaient en éducation. Ceux et celles qui sont en train de transformer l’éducation en ce moment (Ça, c’est pas mal de monde). C’est à eux que je m’adresse ici.

Et si…

Parfois, quand on tente de faire les choses autrement, on dérange et on s’attire des regards, des commentaires… J’apprécie la citation (ferait un beau t-shirt) dans le visuel de Stéphanie Lemieux : « Ceux qui croient que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient!» Ça use parfois. Parfois ça blesse aussi. Vous me suivez? C’est à vous que je m’adresse. Ce que vous faites est important. L’enseignement est déjà assez complexe comme ça. Personnellement, je n’ai pas besoin que mes collègues m’abaissent ou me disent que c’est impossible. Et si la phrase de 2021 était Personne ne pourra m’arrêter ? Ça fait un long mot-clic mais bon. #PersonneNePourraMarrêter, c’est pas si pire 😉 Je vous invite donc à lire attentivement les paroles de la chanson et à faire des liens avec votre vécu des dernières années. Vous qui tentez de créer l’école d’aujourd’hui.

Personne ne pourra m’arrêter (Mélissa Ouimet)

On me dira non
Ce sera comme hier et comme demain peut-être
Toujours des raisons
Et des commentaires sur c’que je devrais être

Je me fous des barrières
Je vais gagner à ma manière
J’allumerai en moi
Ce qui survivra, au-delà des combats

Personne ne pourra m’arrêter
C’est plus fort que moi
Tu perds ton temps à essayer
De me briser la voix

Ça déraille, une bataille
Mais je reviens toujours à bon port
Qu’on y croit, qu’on aime ou pas
Je reste et chante encore

On me mentira
Les promesses en l’air ne voleront pas plus loin
Et combien de fois
On me guidera sur les mauvais chemins

Qu’importe la distance
Je ne donnerai jamais ma chance
Je trouverai la lumière
Au cœur de la guerre, je ne pourrai me taire

Personne ne pourra m’arrêter
C’est plus fort que moi
Tu perds ton temps à essayer
De me briser la voix

Ça déraille, une bataille
Mais je reviens toujours à bon port
Qu’on y croit, qu’on aime ou pas

Personne ne m’arrêtera
Tant que la soif y sera
J’irai encore plus loin qu’hier
Et quand ça tremble dans mon corps
Quand le courage s’évapore
Je m’accroche et laisse le temps tout refaire
Personne ne pourra m’arrêter, non

Personne ne pourra m’arrêter
C’est plus fort que moi
Tu perds ton temps à essayer
De me briser la voix
Qu’on y croit, qu’on aime ou pas

Personne ne pourra m’arrêter
C’est plus fort que moi
Tu perds ton temps à essayer
De me briser la voix

Ça déraille, une bataille
Mais je reviens toujours à bon port
Qu’on y croit, qu’on aime ou pas
Je reste et chante encore

Source : Musixmatch – Paroliers : Amelie Larocque / Luc Tellier / Ouimet Melissa / David Guertin Chauvette

Vidéo

Je vous invite maintenant à regarder la vidéo. Vous découvrirez du même coup des artistes francophones très talentueux 🙂

 

De moi à NOUS, pour NOS élèves

Si vous me connaissez, vous aurez deviné que mon intention n’est pas de polariser ou de diviser. Nous qui essayons de créer l’école d’aujourd’hui vs eux qui défendent l’école d’hier. Non. Je crois qu’une des responsabilités les plus importantes en éducation, c’est de faire preuve d’empathie et de toujours essayer de faire une place aux collègues autour de soi et d’écouter leur point de vue. Tout le monde fait de son mieux. Tout le monde a quelque chose à contribuer. Tout le monde est un leader 😉 Je tenais à le préciser. Quand on y pense, nous essayons tous d’agir dans le meilleur intérêt des élèves qui nous sont confiés. C’est ce qui nous unit. Il ne faut pas oublier ce bout-là. Les élèves. Et ce qui servirait encore mieux NOS élèves, ce serait #PersonneNePourraNousArrêter. Nous. Parce que l’éducation est un sport d’équipe. Entourons-nous de gens qui parlent d’idées et de possibilités, pas de personnes. Et si en cours de route on nous critique parce que nous tentons de faire les choses autrement, comme le disait si bien Hector Berlioz : «Collectionnez les pierres qu’on vous jette. C’est le début d’un piédestal.» Et gardons le sourire et une bonne attitude. Le changement en éducation, c’est une occasion d’accomplir ENSEMBLE des choses extraordinaires. Ensemble. Parce qu’on a besoin de tout notre monde pour transformer l’éducation.

Ok, go les amis! La game est loin d’être terminée.

Bonne année 2021

#PersonneNePourraNousArrêter

On fait quoi avec le prochain bulletin?

On travaille fort en éducation. C’est connu. Mais je pense qu’on n’a jamais travaillé aussi fort que cette année. Le bulletin de janvier arrive bientôt. On pourrait penser que c’est un bulletin comme les autres. Mais il faut être prudent je pense. Voici pourquoi.

Une année de progrès

En regardant le chemin parcouru cette année, il est raisonnable d’affirmer que tous les acteurs en éducation ont été sortis de leur zone de confort. Pas par choix mais c’est du jamais vu. Tout le monde était déstabilisé en même temps. Pensez-y. Or il n’y a jamais eu autant de progrès que cette année dans le monde de l’éducation. On n’a qu’à penser à tout ce qui a été accompli sur le plan du numérique. Certains disent qu’on a fait en quelques mois dix ans de progrès au niveau de l’intégration du numérique. On a quand même réussi à basculer au numérique en 24 heures dans plusieurs milieux. Ce n’est pas rien quand on pense à tout ce que ça implique aussi de notre part pour que les familles y aient accès. D’autres affirment que la collaboration entre collègues n’a jamais été aussi présente. Il n’y a pas de manuel pour gérer une pandémie. C’est une bonne chose : il a fallu se parler et réfléchir ensemble. Tous les efforts déployés nous permettent d’être là où nous en sommes présentement. C’est extraordinaire. Avez-vous pris le temps de célébrer le chemin parcouru avec votre équipe, vos collègues, vos élèves, votre communauté scolaire?

La gestion sanitaire change la réalité

Enseigner est une tâche complexe qui exige certaines aptitudes de gestion. Habituellement, on parle de trois piliers en particulier.

La gestion du programme | La gestion de classe | La gestion des apprentissages

C’est ça la job, comme on dit. Dans le contexte actuel, on y ajoute la gestion sanitaire. Un quatrième pilier. Qu’on gère tous pour la première fois. Autre détail. Les directives changent fréquemment.

Voici quelques réalités qui en découlent :

  • Plusieurs n’ont pas réellement eu de vacances cet été parce qu’ils devaient préparer DES scénarios pour la rentrée.
  • Plusieurs ont passé l’été anxieux de vivre une rentrée scolaire différente. L’inconnu fait peur.
  • Le premier mois, nous apprenons tous à gérer le quatrième pilier : la gestion sanitaire.
  • Le premier mois, on gère aussi le programme, la classe et les apprentissages. Tsé. La job.
  • Dans tous les milieux, on accueille les élèves et on essaie de créer un sentiment d’appartenance et une proximité avec les élèves, parce qu’on sait que tout passe par les relations. Mais tout le monde est à 2 mètres.
  • Chez les plus jeunes, on tente aussi de donner un sens à toutes les procédures. Je ne dis pas NOUVELLES procédures. Pensez aux élèves qui ont commencé leur parcours scolaire cette année.
  • Dans certains milieux, les élèves passent beaucoup de temps au même endroit, avec les mêmes personnes. Jour après jour. On découvre le concept des bulles.
  • Dans certains milieux, tout le monde porte un masque et même une visière (adultes).
  • Dans certains milieux, on voit nos élèves 1 jour sur 2 en personne.
  • Dans certains milieux, on voit nos élèves à distance seulement.
  • Dans certains milieux, les profs enseignent à des élèves en personne et à distance en même temps. Vous avez bien lu.
  • Plus on avance, plus on a l’impression d’avoir pris du retard. Le programme…
  • Dans plusieurs milieux, les élèves produisent des travaux et sont évalués à un rythme inhabituel. Il n’est pas rare que les élèves passent 2, 3 et même 4 évaluations le même jour. Les élèves ont-ils réellement le temps d’apprendre présentement? La question se pose. Mais il faut que ça avance…
  • Plus on avance, plus on revient à l’apprentissage et plus on se pose des questions sur l’évaluation. Notre intuition nous parle. Va-t-on l’écouter un jour?
  • Plusieurs parents, eux, se demandent comment appuyer l’école et leur enfant dans ce nouveau contexte.

Quand je relis ces 15 énoncés, je me pose cette question : Quelles pourraient être des attentes raisonnables face aux écoles et aux élèves dans un tel contexte? Si on revenait au mois d’août 2020 et qu’on se posait la question. En autres mots, les résultats actuels (notes, échecs, taux d’assiduité, climat scolaire, santé mentale….) sont-ils inférieurs, égaux ou supérieurs à nos attentes compte tenu du contexte? Nous y reviendrons. Parce que l’année n’est pas terminée. Chose certaine, la gestion sanitaire change la réalité.

Repenser le design

Dans la dernière session de coaching LI-VE, je présentais cette vidéo. Voici trois questions à se poser pendant le visionnement.

  • Comment cette vidéo raconte-t-elle l’histoire des 4 premiers mois de l’année scolaire 2020-2021?
  • Les adultes dans la vidéo représentent qui en éducation?
  • Voyez-vous les élèves?

 

Dans nos écoles, on n’échappe pas du chocolat, on échappe des personnes. Compte tenu des résultats actuels, certains diraient qu’il faut ajouter du personnel autour du convoyeur. C’est une approche. Et si on repensait le design? La pandémie n’a pas changé notre pourquoi. Elle est en train de nous amener à repenser nos comment. Si on n’aime pas les résultats qu’on obtient présentement, on ne changera pas notre pourquoi, on va repenser le design. Qu’est-ce que ça pourrait impliquer dans votre milieu?

Une nouvelle trajectoire

Nous avons emprunté une nouvelle trajectoire l’an passé. Rappelez-vous que les épreuves ministérielles et les examens de fin d’année ont été annulés rapidement. De plus, il a été convenu que les notes des élèves ne pouvaient qu’augmenter. Ça voulait dire qu’on ne ferait pas appel aux stratégies habituelles pour gérer l’engagement (ou le désengagement) des élèves. On a reconnu que la pandémie était une situation exceptionnelle qui ne nous permettrait pas de dispenser une enseignement optimal et qui ne permettrait pas aux élèves de démontrer leur plein potentiel. Il a donc été décidé que cette situation n’allait pas nuire au rendement scolaire de la majorité des élèves.

Cette année, dans certains milieux, il a été convenu qu’il n’y aurait pas d’examens de fin de semestre ou de quadrimestre. Dans d’autres milieux, le premier bulletin a été annulé ou renommé. On se donne le temps d’apprendre. Est-ce que notre design pédagogique permet aux élèves d’apprendre? La cohérence se crée entre les évaluations.

Le prochain bulletin, c’est NOTRE bulletin!

Le bulletin scolaire est un exercice de communication formel entre l’école et la famille (élèves inclus). Le rendement des élèves est le fruit de leurs efforts mais aussi de nos stratégies pédagogiques, du regard qu’on porte sur eux, du climat de classe qu’on réussit à créer. Le bulletin de janvier approche et dans plusieurs milieux, les résultats seront bien différents des années précédentes. Plus d’élèves seront en échec. Certains élèves seront en échec pour une première fois. Certains élèves auront 72% plutôt que leur habituel 85%. Ce sera un bulletin de premières pour plusieurs, pour plusieurs raisons. Chose certaine, les élèves ne sont pas devenus moins intelligents à cause de la pandémie. Le prochain bulletin, c’est notre bulletin. Ce n’est pas le bulletin des élèves. En leadership, c’est ce qu’on fait. Quand ça va mal, on en prend la responsabilité.

Définir la réalité

J’invite donc le système à la prudence. Le système, c’est du monde. Quand on tient compte du contexte actuel et quand on pense à tous les efforts qui ont été déployés, je pense qu’il est important de réfléchir au sens que nous voulons donner aux données et à ce que nous voulons communiquer aux élèves, aux familles et au personnel scolaire en lien avec le bulletin de janvier. Que dit-on aux élèves qui sont en échec ou dont le progrès ou le rendement est inhabituel? Vous êtes moins intelligents que l’an passé? Et au personnel? Vous n’en faites pas assez? La réalité, c’est que c’est plus difficile d’enseigner et d’apprendre ce qui est au programme dans le contexte actuel. Pourtant, il y a eu beaucoup d’apprentissage. Peut-être le système a-t-il appris autant si pas plus que les élèves jusqu’à présent? Or le bulletin est-il conçu pour mesurer ce qui a réellement été appris cette année? Ce n’est pas parce qu’on ne mesure pas que les élèves n’ont pas appris. Et les élèves n’apprennent pas seulement ce qu’on choisit de mesurer. On mesure quoi pendant une pandémie?

La place de la pondération

Dans certains milieux, il y a une certaine pondération des bulletins. On peut comprendre que la pondération d’un bulletin signifie que ça compte. Ça veut dire «Fournis un effort sérieux, le jeune.» J’aborde la question dans «Ça compte-tu?» Dans un sens, ça peut servir de motivation extrinsèque pour les élèves. Mais ça vient avec un risque. Concrètement, cette année en particulier, quels élèves peuvent profiter d’un bulletin de janvier qui vient avec un poids de 50%, par exemple? Ceux qui réussissent déjà bien. Pour les autres, bonne chance. Ce qui pouvait servir de motivation extrinsèque avant le bulletin a l’effet contraire après le bulletin.

Que visons-nous?

Le mode réaction est derrière nous. Ce qui était inconnu est devenu notre quotidien. Nous avons donc l’occasion de réfléchir à ce que nous visons en éducation. Voulons-nous classer ou développer les élèves? Certains bulletins sont conçus pour classer les élèves. La preuve, on considère qu’un élève qui obtient 74% est meilleur qu’un élève qui obtient 72%. Si la note de passage est de 60%, ça veut dire qu’il y a 41 façons différentes de décrire la réussite et 60 façons différentes de décrire l’échec. Pensez-y. Dans un contexte de quantité de bonnes réponses, ça peut marcher. Mais je n’ai jamais rencontré personne qui était capable de m’expliquer la différence entre les élèves (74 vs 72).

Changer la game

Dans un contexte de qualité, de développement ou de compétence, c’est différent. Je suis golfeur et parfois je joue 72, d’autres fois je joue 74. Mon niveau de compétence ne varie pas tant que ça. Ma performance oui. Pour changer la game, il faut changer les lunettes avec lesquelles on regarde la game. Les élèves se comparent à eux-mêmes, pas aux autres élèves. Progrès. C’est ici que le leadership et le coaching entrent en jeu. Si on veut vraiment viser le développement des élèves, il faut être cohérent. On ne peut pas enseigner la mentalité de croissance, parler de l’évaluation au service de l’apprentissage et qu’un rythme d’apprentissage lent au départ pénalise l’élève jusqu’à la fin. Bref, il va sans dire que les outils de communication et d’évaluation systémiques doivent refléter la game que nous jouons.

Il faut faire confiance aux enseignants.

Même si dans certains milieux les résultats seront différents des années passées, ça démontre à quel point on peut et on doit faire confiance au jugement professionnel des enseignants. Pensez-y. Malgré la pandémie, ils préparent les cours à partir du programme même s’il y a moins de temps cette année. Ils conçoivent la démarche pédagogique et les instruments d’évaluation du rendement. Et ils utilisent leur jugement professionnel pour déterminer la qualité du rendement des élèves. Pandémie ou non, la qualité c’est la qualité. Bref, les enseignants sont rigoureux et ils n’évaluent pas le rendement des élèves à la hausse. Or ils veulent agir sur l’apprentissage des élèves. Et si nous leur donnions d’autres moyens pour y arriver?

Contexte différent, bulletins différents

Les bulletins scolaires ne sont pas tous conçus de la même façon dans tous les milieux. Certains permettent des commentaires personnalisés. Certains ne présentent que des notes ou des cotes. Peu importe. Je crois que nous avons une occasion cette année de différencier comment nous gérons la pondération du bulletin, le cas échéant. Nous avons aussi l’occasion d’ajouter des commentaires et des messages personnalisés au bulletin ou dans l’enveloppe du bulletin afin de contextualiser pour les élèves et pour les parents les données exceptionnelles qui seront générées prochainement. En voici quelques exemples :

« Madame, Monsieur, depuis le début de cette année scolaire bien différente, le personnel de notre école travaille d’arrache-pied afin de créer un environnement sécuritaire et bienveillant pour votre enfant. Cela s’est traduit par des changements importants au niveau de l’horaire, du fonctionnement et du mode d’enseignement, entre autres. Nous vous remercions de votre collaboration, de votre compréhension et de votre soutien continus. Vous êtes un partenaire indispensable dans la réussite de notre mission éducative… Voici quelques pistes (annexe) pour vous permettre d’appuyer votre enfant dans son apprentissage… »

«Madame, Monsieur, nous vivons, vous le savez, une année scolaire bien différente. Malgré tous les efforts déployés par votre enfant et par le personnel de l’école, nous considérons que les données recueillies jusqu’à présent sont insuffisantes et ne nous permettent pas de porter un jugement professionnel éclairé au sujet du rendement scolaire de votre enfant. Nous vous invitons donc à prendre connaissance des commentaires personnalisés (annexe) qui vous permettront de discuter avec votre enfant de ses meilleures prochaines étapes afin de poursuivre sa progression d’ici la fin de l’année scolaire… »

«Madame, Monsieur, comme vous le savez, nous tentons de dispenser un enseignement de qualité pour votre enfant dans un contexte bien particulier. Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli avec votre enfant jusqu’à présent. Cependant, nous jugeons que votre enfant n’a pas eu l’occasion de démontrer l’étendue de ses apprentissages (ou)… les preuves d’apprentissage que votre enfant a générées ne reflètent pas son niveau de rendement habituel… données insuffisantes…»

«Nous tenons à souligner l’engagement, les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail exceptionnelles (ou non) de votre enfant et … pistes et prochaines étapes… responsabilités de l’élève…»

Imaginez l’impact dans votre communauté scolaire.

Alors, on fait quoi avec le prochain bulletin?

J’ai lu plusieurs articles en décembre qui abordent les données actuelles, le retard de certains élèves… Certains parlent déjà de la rentrée 2021, comme s’il n’y avait plus rien à faire cette année! Je crois que le prochain bulletin n’est pas comme les autres. C’est une occasion de communiquer formellement avec la famille et de partager notre vision. C’est aussi une occasion de donner un élan au monde de l’éducation qui ne peut pas travailler plus fort que maintenant. Encore une fois, les résultats actuels sont-ils inférieurs, égaux ou supérieurs à nos attentes compte tenu du contexte? Chose certaine, la gestion sanitaire change la réalité. A-t-on vraiment besoin de faire comme si la pandémie n’était pas là, de récolter des données et de les comparer avec les données de l’an passé? Ça servirait à qui?

Dans l’esprit de poursuivre sur la nouvelle trajectoire que nous avons empruntée depuis le début de la pandémie :

  • Le bulletin, dans son design actuel, est-il au service de l’apprentissage de tous les élèves présentement?
  • Comment les données actuelles informent-elles notre pratique?
  • Quelles opportunités s’offrent à nous pour améliorer le bulletin et notre pratique?
  • Où est notre marge de manoeuvre?
  • On veut une autopsie ou agir sur l’apprentissage?

Il reste plein de choses à faire.

Il est encore temps d’agir.

Merci de vos commentaires

La «game» est exigeante? «Good!»

La «game» est exigeante? «Good!»

L’importance d’être dans la «game»

Mon garçon de 17 ans est un «gamer», comme bien des jeunes d’aujourd’hui. Une chose qui attire mon attention, c’est qu’il passe beaucoup de temps à regarder des «gamers» reconnus dans YouTube en train de jouer à Fortnite, par exemple. C’est spécial de voir ça. Les jeunes regardent des «gamers» reconnus jouer en streaming (en direct) ou sur YouTube (enregistré). Dans le monde des «gamers», les gens sont reconnus pour leur savoir-faire, pas seulement pour ce qu’ils savent.

Dans l’industrie du développement personnel et professionnel, c’est la même chose. Les gens veulent apprendre de ceux et celles qui ont réussi ou qui sont en train de réussir dans leur domaine. On n’a qu’à penser à Brendon Burchard, Rachel Hollis, Amy Porterfield ou Ted McGrath. Savoir-faire. C’est n’est pas suffisant de savoir, les gens veulent que leurs enseignants soient dans la «game».

Dans une entrevue, Brené Brown affirmait qu’elle avait une façon toute simple de déterminer qui avait le droit de lui partager son opinion ou de la rétroaction. Ceux qui sont «dans l’arène», disait-elle. Ceux qui sont dans la «game» (du leadership) avec elle, qui se font botter le derrière et qui ont le courage de se relever. Ces personnes sont qualifiées à ses yeux. Ceux qui regardent la parade (et qui «savent» possiblement bien des choses) n’ont pas le privilège d’être entendus par Brené. Ils ne sont pas qualifiés.

L’héritage de la pandémie : nous sommes tous dans la «game»

Nous avons dû surmonter plusieurs défis depuis le début de la pandémie, mais ce contexte nous a permis de faire des progrès remarquables au niveau de l’intégration du numérique et des possibilités pédagogiques qui en découlent. Cette phrase de Jean Piaget prend tout son sens dans le contexte actuel. Merci à Guillaume et à Catherine pour la référence 🙂 : « L’intelligence, ce n’est pas ce qu’on sait, c’est ce qu’on fait quand on ne sait pas. » J’offrais une conférence dans un collège privé au mois d’août et une enseignante a fait une remarque qui va en ce sens. Elle disait que cette année nous offrait une occasion en or de montrer à nos élèves comment on agit / réagit lorsqu’on ne sait pas. Parce que habituellement, on sait. Mais cette année, nous avons l’occasion d’être des modèles d’apprenants à vie pour nos élèves. C’est probablement la chose la plus importante que nous allons enseigner à nos élèves cette année, disait-elle. J’ai trouvé ça extraordinaire. L’héritage ultime de la pandémie, c’est qu’elle a placé tous les acteurs dans la «game». La «game», c’est l’école d’aujourd’hui, l’école de l’apprentissage en profondeur. Les jeunes ont besoin de modèles qui sont dans l’arène de l’apprentissage avec eux. La question : comment réagissons-nous lorsque nous ne savons pas?

« L’intelligence, ce n’est pas ce qu’on sait, c’est ce qu’on fait quand on ne sait pas. » – Jean Piaget

On développe de nouvelles compétences.

Apprendre en profondeur, développer des compétences, ça demande beaucoup plus d’effort. C’est normal de se sentir fatigué. Ça veut dire qu’on est en train de se développer. On a des «growing pains» professionnelles parce que nous développons de nouvelles compétences, comme nous pouvons l’observer dans ce visuel. Mais le possible point à l’horizon. Nous allons éventuellement voir le fruit de nos efforts. Patience et intentionnalité.

Être dans la «game», c’est exigeant. «Good!»

Force est de constater que de se voir placé dans la «game», c’est exigeant. Je regardais cette vidéo cette semaine. Ça remet les choses en perspective.

J’apprécie tellement les messages présentés par Jocko Willink. Voici les grandes lignes (que j’interprète à ma façon), qui s’appliquent tellement bien à ce que nous vivons présentement.

Tu relèves des défis et tu trouves ça difficile? «Good», tu es en vie et tu as une opportunité de trouver de nouvelles solutions.

Tu respires encore? «Good», ça veut dire que tu peux encore agir sur ta réalité et celle des autres.

Tu as vécu des situations difficiles et peut-être même des échecs? «Good», maintenant :

  • «Get up» (La seule façon d’échouer est de choisir de ne pas continuer.)
  • «Dust off» (Il faut prendre le temps de se secouer, de réfléchir à ce qui nous ébranle.)
  • «Reload» (On fait le plein d’énergie et de stratégies.)
  • «Recalibrate» (On tient compte du contexte et des personnes qui nous sont confiées.)
  • «Reengage» (On se rappelle notre pourquoi, parce que le comment est toujours changeant.)
  • «Go out on the attack» (On passe à l’action avec une vigueur et une intentionnalité renouvelées.)
 

Et si…

Enfin, les choses changent depuis un certain temps. Et, lorsqu’on y pense, même certaines choses considérées comme immuables bougent également. On a annulé des épreuves et des examens l’an passé. Dans certains milieux, on a annulé des examens et même un bulletin cette année. Pouvons-nous espérer d’autres annonces en ce sens?
Regardons notre trajectoire, pas seulement notre position actuelle. C’est tout un système qui est en apprentissage présentement. Et on se donne le temps d’apprendre.
 
Parce que dans l’école d’aujourd’hui, les jeunes ont le goût que leurs profs soient des apprenants eux aussi. Ça tombe bien, le contexte actuel l’oblige. Et si tout ce que nous vivons présentement était en train de nous préparer à dispenser l’éducation que nous espérons depuis si longtemps?
 
La «game» est exigeante? «Good!»
 
Qu’est-ce qui sort de votre orange?

Qu’est-ce qui sort de votre orange?

La métaphore de l’orange

Il y a quelques années, j’ai pris connaissance de la métaphore de l’orange en regardant une vidéo de Wayne Dyer. La métaphore est bien simple selon lui. Si on prend une orange et qu’on la presse très fort, éventuellement, quelque chose va sortir de l’orange. Qu’est-ce qui va sortir de l’orange??? « Du jus d’orange, Marius, voyons! » C’est en fait la bonne réponse. Il faut se demander pourquoi c’est ce qui sort de l’orange. Si on presse une orange, jamais nous n’obtiendrons du jus de pomme ou du jus de pamplemousse. Non. Impossible. Chaque fois qu’on presse une orange, c’est du jus d’orange qui en sort. Pourquoi? Parce que c’est ce qu’il y a à  l’intérieur. Je sais, c’est très scientifique et complexe. Mais ce n’est pas tout.

Qu’est-ce qui sort de vous?

Si on applique ça à la personne que vous êtes. Vous êtes l’orange. Si la vie ou quelqu’un vous presse, qu’est-ce qui sort de vous? De la joie, de l’amour, de la colère, de la haine, de la peur, de l’anxiété? Ce qui sort de vous, c’est ce qu’il y a à l’intérieur de vous. Alors quand la vie vous envoie la pandémie ou que telle personne vous dit quelque chose qui vous fait réagir, ce qui sort de vous, c’est ce qu’il y a à l’intérieur de vous. Et selon W. Dyer, si on n’aime pas ce qui se trouve à l’intérieur, on peut le changer. Notre expérience de la vie se passe à l’intérieur. C’est important de s’en occuper. Comment voulez-vous vous sentir au quotidien?  Toujours selon W. Dyer, on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Vous ne pouvez pas faire preuve d’amour, de compassion, de tolérance, d’empathie ou de bienveillance, si vous ne les portez pas d’abord en vous. C’est logique. Comme vous ne pouvez pas donner 20$ à quelqu’un si vous n’avez pas d’argent. Pour pouvoir donner 20$ à quelqu’un, il faut d’abord avoir 20$ dans son porte-feuille. Aimez-vous ce qu’il y a dans votre orange (et ce qui en sort) présentement?

Votre orange pédagogique

Habituellement, on associe davantage l’éducation à la pomme qu’à l’orange. Mais je crois que cette métaphore s’applique aussi à la pédagogie et à l’éducation en général. Lorsqu’on presse votre orange pédagogique (ADN institutionnel), qu’est-ce qui en sort? Lorsqu’on vous confie telle liste de classe, qu’un élève se comporte de telle façon, qu’un parent questionne votre jugement professionnel, qu’un collègue ne partage pas la même vision que vous, que vous devez vous ajuster grâce ou à cause de la pandémie… qu’est-ce qui sort de vous? L’amour, la tolérance, l’équité, le lâcher-prise, la gratitude, la peur, l’indifférence, la colère, le besoin de contrôler… le mépris? Si vous réfléchissez à votre pratique actuelle, quelles sont vos croyances et vos valeurs en pédagogie? Vous classez ou vous développez les élèves? Vous créez des gagnants et des perdants ou tous peuvent progresser? L’élève doit entrer dans votre moule pédagogique ou votre pédagogie permet aux élèves de devenir qui ils sont? Ce qui sort de nous, ce sont nos collègues et nos élèves qui le reçoivent.

Contrairement aux oranges, lorsqu’on presse les humains en éducation, ce qui en sort peut varier.

Si vous pouviez choisir (et vous le pouvez) ce qui se trouve dans votre orange pédagogique, qu’est-ce que vous choisiriez?

Merci de vos commentaires.

La cohérence se crée entre les évaluations sommatives.

La cohérence se crée entre les évaluations sommatives.

La cohérence dans une école

J’ai eu la chance d’entendre Michael Fullan parler de cohérence l’an passé. Il a dit une phrase que je considère importante et qui peut passer inaperçue. « La cohérence se crée entre les rencontres de collaboration. » a-t-il affirmé. C’est donc dire que nos écoles deviennent (pas «sont», qui peut laisser croire à un état fixe, mais «deviennent» qui sous-entend que nos écoles évoluent, elle «sont en mouvement) cohérentes lorsque nos actions sont alignées avec nos visées. On dit qu’on vise quelque chose ensemble, on discute des stratégies à mettre en place, on les met en place et on en parle. Il est attendu, ici, qu’à un moment donné, quelqu’un vient me voir dans ma classe pour voir comment ça va, pour voir si on progresse vers ce qu’on vise et pour déterminer si on a tout ce dont nous avons besoin pour progresser. C’est l’idée. En très bref, c’est la cohérence, selon M. Fullan. Vu comme ça, c’est quand même simple. Une façon intéressante de déterminer si une école est cohérente est de se poser la question suivante : Si quelqu’un venait observer les actions qui se font dans votre établissement, pourrait-il deviner ce que vous visez? Est-ce que notre culture vient souligner nos mots?

Modèle de cohérence, adapté de M. Fullan Tiré de la session de coaching LI-VE du 27 octobre 2020

« La cohérence se crée entre les rencontres de collaboration. » – M. Fullan

Nos élèves deviennent, eux aussi.

Dans son excellent texte, Les dérives du palmarès des écoles secondaires, Marc-André Girard conclut en affirmant : 

«Le vrai palmarès, c’est celui des anciens élèves qui reviennent fièrement témoigner à leurs anciens enseignants leur appréciation en menant une vie équilibrée ancrée dans le siècle actuel. Après tout, la réussite de notre système d’éducation se résume-t-elle à des notes dans un bulletin ou à des élèves qui s’épanouissent dans leur parcours scolaire et, ensuite, dans leur vie ? Dirigeant des écoles primaires et secondaires depuis 15 ans, je m’enorgueillis bien plus de ce que mes élèves deviennent plutôt que des notes qu’ils ont eues, desquelles je ne me souviens pas !» 

Le verbe devenir, revient, encore une fois. Et on l’entend de plus en plus dans nos écoles. Comme pédagogue et comme père de famille, ça me rassure. Or notre façon d’utiliser l’évaluation (accent mis sur les notes) est-elle alignée avec cette visée présentement? Sommes-nous cohérents? La question se pose.

« Si tu ne sais pas où tu vas, n’importe quelle route peut t’y mener. » – Cheshire (Lewis Carroll), Alice au pays des merveilles

L’évaluation et la cohérence 

Lorsqu’on regarde les nouvelles pratiques qui s’installent dans les classes grâce ou à cause de la COVID-19, par souci de cohérence, il est sage de se demander ce qu’on peut espérer que nos élèves deviennent, dans ce nouveau contexte. La «game de l’école» est en devenir, elle aussi. On couvre le programme en surface ou on cible les apprentissages essentiels pour aller en profondeur? On fait le travail pour la note ou on devient? La question n’est pas aussi simple que ça. On fait probablement les deux. Mais comment peut-on passer de «Ça compte-tu?» à «Est-ce que je progresse?»? Ça demande de prendre du recul pour voir si nous sommes bien alignés avec nos visées. 

Un danger nous guette.

Si on est habile avec la technologie et qu’on doit adopter une approche hybride pour toutes les raisons qu’on connaît, le point de départ en pédagogie peut ressembler à ceci.

Tiré de la session de coaching LI-VE du 27 octobre 2020

L’élève reçoit un travail à faire (T), qui peut venir avec une explication (E) intégrée à un plan de travail, en vidéo par exemple; l’élève remet le travail et reçoit une note (N) accompagnée d’une rétroaction (R). Ça marche. En mode réaction, en mode «on s’adapte à une nouvelle réalité», ça marche. Lorsqu’on manque de temps, ça marche. Ce qui a été accompli en éducation au cours des derniers mois n’est rien de moins qu’extraordinaire. Or après quelques mois d’adaptation, un danger nous guette. Le système reprend ses sens présentement et il revient à la question : Sommes-nous cohérents? Est-ce que notre modèle pédagogique actuel permet à nos élèves de devenir ou se présentent-ils en ligne (ou à l’école) pour faire du travail et récolter leur paie (note)?  Cette année, nous avons moins de temps. Les élèves ont-ils moins de travaux et d’évaluations sommatives? La question se pose.

Lorsqu’il est question de l’évaluation et de la cohérence, il y a des choses qui ne changent pas. C’était justement le thème de ma plus récente session de coaching LI-VE

Voici trois idées pour stimuler la réflexion autour de l’évaluation et de la cohérence.

1. Enseigner ce qu’on mesure et mesurer ce qu’on enseigne

C’est connu, tous les élèves peuvent atteindre la cible s’ils la voient et qu’elle ne bouge pas. D’où l’importance d’enseigner ce qu’on mesure (cible) mais aussi de mesurer ce qu’on enseigne (ne bouge pas). Or mon vécu m’apprend qu’il faut toujours se garder une petite gêne. Ce n’est pas parce qu’on ne mesure pas que les élèves n’ont pas appris. Et les élèves n’apprennent pas seulement ce qu’on mesure. Je crois fermement que les choses les plus importantes, comme les relations, le bien-être et l’estime de soi, se mesurent mal. On ne mesure donc pas tout ce qui compte vraiment. C’est gris, n’est-ce pas?

2. Agir sur le devenir de l’élève

Lorsqu’on enseigne, on utilise parfois le manuel scolaire. Mais le manuel scolaire, ce n’est pas le programme. J’aime bien ce que Pierre Poulin a partagé à cet effet dans un récent Tweet.

Lorsqu’on enseigne, on assigne des tâches. Mais nos tâches sont un moyen parmi tant d’autres de faire vivre le programme. Assigner une tâche, ce n’est pas nécessairement enseigner. Lorsqu’on enseigne, on génère et on consigne des notes. Mais générer et assigner des notes, ce n’est pas nécessairement enseigner. Oui on fait tout ça lorsqu’on enseigne, mais l’enseignement commence réellement lorsqu’on agit sur l’apprentissage de l’élève. Connaît-on vraiment les grandes idées du programme? Et à partir du temps que nous avons, quels sont les moyens les plus efficaces de faire vivre le programme pour soutenir les élèves dans leur devenir, avec le temps à notre disposition? Les élèves ont-ils le temps d’apprendre dans nos classes présentement? On ne fait pas pousser des carottes en les mesurant chaque jour. Il faut les entretenir.

«Les élèves ont-ils le temps d’apprendre dans nos classes présentement?» – @bourmu

3. Le Saint-Graal de l’enseignement

Mon vécu me confirme que la rétroaction est vue comme le Saint-Graal de l’enseignement. Tout le monde sait que c’est important. Tout le monde en donne. Fait intéressant, la recherche nous démontre qu’une rétroaction accompagnée d’une note a à peu près le même effet que de simplement donner une note à l’élève. Fait intéressant, la rétroaction efficace porte sur autre chose que la qualité du travail de l’élève et elle a un impact significatif sur le devenir de l’élève. Par exemple, elle porte sur ses habiletés d’apprentissage et ses habitudes de travail, sa posture, son effort ou sa métacognition, pour ne nommer que ceux-là. Fait intéressant, la rétroaction reçue et réinvestie avant la note nous permet d’agir sur l’apprentissage alors que la rétroaction qui vient avec ou après la note ne sert que de justification ou même d’autopsie. 

Or le point le plus important entourant la rétroaction selon mon expérience, ce sont les relations.

«La rétroaction reçue et réinvestie avant la note nous permet d’agir sur l’apprentissage alors que la rétroaction qui vient avec ou après la note ne sert que de justification ou même d’autopsie.» – @bourmu

Et vous, quelles sont vos observations en lien avec la rétroaction? Ça aussi, c’est gris. Chose certaine, les relations sont importantes. J’irais même jusqu’à dire que la rétroaction que nous offrons aux élèves reflète la qualité de nos relations. Pensez-y.

Que vise-t-on?

Finalement, tout dépend de ce que nous visons. Et comme disait Cheshire (Lewis Carroll) dans Alice au pays des merveilles : « Si tu ne sais pas où tu vas, n’importe quelle route peut t’y mener. »

Si la cohérence dans une école se crée entre les rencontres de collaboration, en classe, la cohérence se crée entre les évaluations sommatives!

Novembre sera exigeant, comme toujours. Il est encore temps d’agir et de créer, ensemble, cette cohérence.

Merci de vos commentaires

On baisse ou on monte la barre présentement?

On baisse ou on monte la barre présentement?

 

Documenter

J’écris ce matin mon 100e billet. Je devrais dire ma 100e publication parce que mes premiers billets étaient davantage des expérimentations. Depuis le début de la pandémie, le système d’éducation fait lui aussi des expérimentations. Dans certains cas, ça ressemble à mes premiers billets. On ne sait pas trop ce que c’est mais c’est le début de quelque chose. Certains se demandent même si on baisse la barre présentement. Chose certaine, il faut apprendre à marcher avant de courir. Quand j’ai commencé, jamais je n’aurais pensé me rendre à 100. Ça a quand même pris des années à me rendre là. En relisant mes billets, je me rends compte des apprentissages que j’ai réalisés au fil du temps, au fil de mes lectures et au fil de mes discussions avec mes collègues, en personne et en ligne. Je me rends compte de ma trajectoire.  Mon blogue, c’est un peu comme mon portfolio. C’est ici que je documente mes réflexions au sujet des choses qui comptent pour moi et que je considère importantes pour l’éducation. J’écris (lire je documente) pour réfléchir, pour apprendre et pour contribuer à la profession. On ne publie pas des billets de blogue parce qu’on pense avoir les réponses. On écrit pour essayer d’en trouver. L’écriture, et la réflexion qui doit l’accompagner, amène énormément de clarté dans ma pratique, dans ce que je crois possible pour moi mais aussi pour le système d’éducation, qui emprunte une nouvelle trajectoire bien intéressante depuis le début de la pandémie.

Baisser la barre?

À la fin mars 2020, on a s’est assuré qu’un minimum d’apprentissage puisse se poursuivre à distance. Lorsque possible, on a fourni des tablettes ou des portables ainsi qu’un accès à internet aux familles qui n’en avaient pas. On plaçait des ressources en ligne pour que les parents puissent faciliter l’apprentissage de leurs enfants. Le numérique servait alors principalement d’entrepôt de ressources pédagogiques. Tout le monde était en confinement. Est-ce qu’on baissait la barre?

Avril à juin 2020, plusieurs milieux ont commencé à offrir de l’enseignement à distance à leurs élèves. Constat : tout le monde n’était pas prêt à ça. Pas grave. Les gens se sont mobilisés et ont amorcé une courbe d’apprentissage impressionnante. Pas si mal, au moins, on avait amorcé le semestre en personne avec nos élèves. Mais on finirait l’année à distance dans plusieurs milieux. On s’est vite rendu compte de la complexité de la tâche d’enseigner (en ligne). On ne peut pas demander aux parents d’être des enseignants mais leur rôle complémentaire est primordial, surtout chez les plus jeunes. Travail, télé-travail, famille, apprentissage, devoirs, technologie… On patine. Le système prend des décisions parmi lesquelles on décide d’éliminer les épreuves ministérielles, les examens de fin d’année et, détail important, les notes des élèves en date de la mi-mars ne peuvent qu’augmenter. Bref, toutes les évaluations sont formatives pour finir l’année. Nouvelle trajectoire pour le système. Est-ce qu’on baissait la barre?

Rentrée 2020, la gestion sanitaire prend toute notre énergie. Et du temps. Beaucoup de temps. On prend conscience de la nouvelle réalité. Ça demande de l’énergie et ça suscite des émotions. Mais on entend des élèves de maternelle dire : « Madame, t’es belle avec ton maks. » On est ensemble, en bulles sociales, mais ensemble. Enfin. C’est comme avant, mais avec un masque. Non. Pas du tout. On parle partout de bienveillance, de santé mentale et de bien-être. Est-ce qu’on baisse la barre?

Octobre 2020, on gère les cas positifs et les 14 jours de confinement. Les gens sont fatigués et la 2e vague arrive. Au Québec, on passe de 3 à 2 bulletins. En Ontario, plusieurs milieux annulent les examens de fin de semestre. Est-ce qu’on baisse la barre?

Quand je relis ces derniers paragraphes, je me dis que ce qui a été accompli en éducation depuis le début de la pandémie est rien de moins qu’extraordinaire.

Le réflexe traditionnel

Or le réflexe traditionnel (institutionnel) est de penser qu’on baisse la barre lorsqu’on arrête de mesurer l’apprentissage, quand on arrête de demander à nos élèves (et aux enseignants) de performer, comme le suggère cet article de la semaine dernière. Comme si l’apprentissage (ou la valeur) des gens (ou de leur travail) se limitait à ce qu’on mesure (aux données). Il faut donner le temps aux carottes de pousser, même si on a hâte de récolter. Le réflexe traditionnel est de penser que les élèves ont déjà pris beaucoup de retard dans leur apprentissage pour toutes les raisons qu’on connaît. On a l’impression que les carottes n’ont pas poussé. Quand on y pense, le seul endroit où les élèves peuvent être en retard, c’est à l’école. En retard selon une conception bien rigide du développement de l’enfant. Ils ne sont pas en retard dans la vraie vie pourtant. Ils sont là où ils sont rendus. Agissons là-dessus!

Monter la barre graduellement

Et si un niveau de conscience différent nous amenait à voir que nous sommes en fait en train de monter la barre graduellement en éducation. Est-ce possible de voir ça autrement? Je crois sincèrement que cette nouvelle trajectoire nous mène déjà vers une éducation bienveillante, humaine et personnelle où ce qui compte, c’est la réalisation de soi. Le devenir, pas la performance. On crée les conditions pour que les carottes poussent, quoi. On parle habituellement de savoir-être de savoir et de savoir-faire en éducation, mais s’ajoute à cela le savoir-devenir. Parce que toute notre vie on devient. Et il n’y a pas de fil d’arrivée. Le savoir-devenir, c’est ce qu’on vise pour nos élèves dans l’école d’aujourd’hui. Non? Ça m’amène à me poser diverses questions en lien avec la cohérence également :

  • Qu’est-ce qui est important dans l’école d’aujourd’hui? (orientations)
  • Comment évoluons-nous entre collègues dans l’école d’aujourd’hui? (collaboration)
  • En quoi l’école d’aujourd’hui prépare-t-elle à la vraie vie? (pédagogie et apprentissage en profondeur)
  • Qu’est-ce qu’on veut mesurer ou monitorer dans l’école d’aujourd’hui? (reddition de compte)

Une nouvelle trajectoire

Comme le disait Sir Ken Robinson, « The real role of leadership in education… is not and should not be command and control. The real role of leadership is climate control, creating a climate of possibility. » N’est-ce pas sur cette trajectoire que le leadership actuel est en train de nous placer? Je crois qu’on doit continuer ensemble sur cette trajectoire où l’évaluation, le nerf de la guerre, sert surtout à informer nos prochaines étapes. Les nôtres et celles de nos élèves. C’est ici que la documentation pédagogique (et professionnelle) prend tout son sens.

« The real role of leadership in education… is not and should not be command and control. The real role of leadership is climate control, creating a climate of possibility. » Sir Ken Robinson

Imaginer l’impact

Un constat que j’ai fait au fil du temps, c’est que notre savoir expérientiel vaut la peine d’être partagé. C’est pourquoi j’ai décidé de créer le podcast Tout le monde est un leader. Pour donner une voix à des collègues et les amener à partager leur vécu, leur devenir. Le simple fait d’essayer de mettre des mots sur sa pratique nous fait évoluer. Et on ne sait jamais quel collègue peut nous amener plus loin dans notre réflexion; on ne sait jamais quel collègue on peut aider. Lorsqu’on prend le temps de partager nos réflexions, on donne aussi la permission à nos collègues de faire la même chose. Imaginez si tous les acteurs en éducation documentaient leur évolution présentement. Quel impact cela aurait-il sur l’amélioration continue du système d’éducation? Un billet par semestre? Un par année? Un par mois? Le format et la fréquence sont sans importance. L’idée, c’est de commencer à documenter. « Oui mais Marius, ça prend du temps, ça. » Oui. Ce qui vaut la peine d’être fait demande habituellement du temps et de l’énergie. Comme le disait Maude Lamoureux lors de son excellente conférence à Clair 2019 : « Accorder du temps à quelque chose, c’est lui accorder de la valeur. »

La transformation de l’éducation, c’est dans l’aujourd’hui que ça se passe et c’est déjà commencé. C’est tout ce qui compte. Se demander combien de temps ça va prendre est une question légitime. Mais se demander jusqu’où on peut aller ensemble est une question tellement plus intéressante.

Alors, on baisse ou on monte la barre présentement?

Merci de vos commentaires

Maslow avant Bloom ? #onestCAPAB !

Habituellement, la rentrée scolaire nous permet de donner le ton à l’année. On se prépare, on accueille les élèves et on décolle. Dans le contexte actuel, c’est la même chose. Sauf que cette année, il y a beaucoup de brouillard, comme le disait Alexandre Audet dans son récent billet. En effet, la gestion sanitaire a des incidences sur tellement d’aspects de l’éducation. De dire que c’est toute une tâche de gestion ne rend pas justice à ce que ça exige réellement de toutes les personnes impliquées. Or je crois que derrière ce défi, plusieurs possibilités nous attendent. Dont la nécessité de revenir à l’essentiel. J’ai eu la chance d’accompagner quelques écoles pour la rentrée, et on voit poindre un nouvelle réalité pour l’éducation, dont la visée, globalement, est le sommet de la pyramide de Maslow à en lire les profils de sortie de l’élève. Lorsqu’on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut éliminer plusieurs choses. En bout de ligne, pour qu’il y ait éducation, il doit y avoir un enseignant et un élève, en relation. Ça part de là. Il y a longtemps qu’on a vu nos élèves en personne. J’entends déjà certains initier la conversation avec leurs élèves : «Et puis, beau congé de mars? Lol. » C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom. Enseigner est un verbe transitif direct. On enseigne quelque chose… à quelqu’un. Ce « à quelqu’un», c’est notre pourquoi. 

«C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom.» @bourmu

Depuis le 13 mars, c’est comme si la vie nous renvoyait à l’essentiel. Passer du temps avec nos proches, prendre conscience de ce qui compte pour nous… et, peut-être, repenser l’éducation. Quand l’habituel n’est plus possible… Dans sa Lettre aux élèves, Stéphane Laporte lance une invitation aux élèves : «Moi, je veux juste vous dire une chose : n’allez pas à l’école pour plus tard, allez-y pour tout de suite. Peu importe vos notes, l’important, c’est de chanter. L’école, ce n’est pas seulement un avenir, l’école, c’est surtout un présent. Un présent qui dure longtemps. Un présent qui vous mène autour de 20 ans. On ne peut pas vivre tout ce temps en attendant. En attendant que ça finisse.»

En lisant cela, je me dis qu’entre adultes, nous non plus on ne peut pas aller à l’école en attendant que ça finisse. Notre carrière ou la COVID-19. Je nous lance donc une invitation, à nous les adultes en éducation. Je nous invite à vivre cette rentrée, cette année scolaire, fermement installés dans le moment présent en nous posant une question bien simple : Que devons-nous devenir pour que l’éducation soit, comme le dit si bien Stéphane Laporte, un présent pour tous les apprenants (y compris les adultes)?

Pour nous aider à dissiper le brouillard qui vient avec la rentrée de cette année, je vous propose très brièvement un modèle en 5 étapes, qu’on peut voir comme des axes d’intervention. 

CLARTÉ

Devant l’inconnu, nous sommes tous en quête de clarté. Plus on réussit à être clair sur ce qui est attendu de tous, plus le sentiment d’être capable d’agir sur sa réalité augmente.  Voici donc 4 questions à vous poser individuellement et en équipe afin d’amener de la clarté dans votre quotidien. Pour vous et pour les autres.

  1. Qu’est-ce qui est requis? Ici, on prend conscience de la nouvelle réalité. On peut voir cette nouvelle réalité comme la résistance extérieure nécessaire pour nous aider à grandir, à devenir.
  2. Qu’est-ce qui est possible? Ici, on prend conscience de nos options dans la nouvelle réalité. C’est un terreau fertile pour l’innovation.
  3. Comment je veux me sentir? Plus je résiste intérieurement à ce qui se passe autour de moi, plus je souffre intérieurement. C’est un choix. J’ai hâte que ça finisse ou j’accueille ce qui est.
  4. Quelles actions sont dans ma zone de contrôle? Tout se passe dans le moment présent et notre pouvoir d’action se trouve dans notre zone de contrôle.

ACCUEIL

Ici, on accueille l’autre. Le collègue, l’élève, le parent. On prend conscience de ses émotions, de ses besoins et de ses croyances. C’est le point de départ de notre année scolaire. Est-ce que l’autre croit qu’il peut progresser dans le contexte actuel? Croyons-nous que tous nos élèves peuvent progresser grâce à ce que nous faisons pour les soutenir dans cette rentrée scolaire différente? Quels mots utiliserons-nous pour décrire notre nouvelle réalité? 

POSTURE

Vous aurez deviné qu’une posture d’apprenant à vie est requise pour s’épanouir en éducation présentement. Sommes-nous prêts à accepter l’imperfection? La nôtre et celle des autres? Ça exige une mentalité de croissance. On doit également demander l’engagement de tous, parce qu’on a besoin de tout le monde pour y arriver. Lorsqu’on demande l’engagement, on obtient une réponse. Ça a le mérite d’être clair. On parle de l’école d’avant ou on crée ensemble l’école de maintenant? Tout le monde doit faire sa part. Quelle belle opportunité cette année d’enseigner la responsabilité à nos élèves et de co-construire avec eux l’école de maintenant.

ACTION

Le plan ne sera pas parfait, on le voit, ça change presque tous les jours. C’est parce que les arbres sont proches pour tout le monde. C’est normal, c’est notre première rentrée comme celle-là. Personne n’est expert en «rentrée scolaire 2020-2021». Alors on va observer, on va écouter. C’est comme ça que tout devient clair, petit à petit. L’important, c’est de passer à l’action. C’est dans l’action qu’on a de l’impact sur les personnes qui nous sont confiées. Cette année, une des choses les plus importantes que nous enseignerons à nos élèves, c’est à quoi ressemble un apprenant qui apprend quelque chose pour une première fois. La mentalité de croissance, ça a l’air de ça en action. Que voulons-nous modeler pour nos élèves? Qu’est-ce que nos élèves apprendront en nous observant?

BIENVEILLANCE

Finalement, la bienveillance. On veut vivre tout ça positivement. On veut que notre présence ajoute de la valeur aux autres. Pour faire ça, il faut être présent, s’encourager et surcommuniquer la clarté, comme disait Lencioni dans The Advantage. Ça veut dire qu’on souhaite créer un climat scolaire positif mais il faut aussi être capable de se dire les ajustements qui sont nécessaires. Ça ne veut pas dire qu’on est méchant ou qu’on ne s’aime plus si ça change ou si on est invité à faire X plutôt que Y. On revient à la clarté. Qu’est-ce qu’on veut surcommuniquer présentement?

Lorsqu’on regarde la première lettre de chacun des axes, ça fait CAPAB. Yes 🙂 C’est parce que #onestCAPAB. Non seulement de vivre la rentrée positivement mais de créer l’école de maintenant. Qu’on soit d’accord ou non, c’est dans l’école de maintenant que l’éducation est un présent ou non pour tous les apprenants.

Bonne rentrée 🙂

21 leçons de leadership apprises durant la pandémie et à réinvestir en éducation

21 leçons de leadership apprises durant la pandémie et à réinvestir en éducation

Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons l’occasion d’observer les dirigeants des pays et des provinces. En effet, nous avons la chance d’observer le leadership en action. J’ai identifié 21 leçons de leadership que nous pouvons réinvestir en éducation. Je vous propose également quelques questions pour nourrir votre réflexion. J’inclus finalement un visuel, si ça peut vous être utile 🙂 Bonne lecture! 

21 leçons de leadership – Format PDF à imprimer

1. Agir vite même si tout n’est pas clair 

Dès le début, il fallait agir vite. Il fallait prendre des décisions, même si tout n’était pas clair. Ça ne doit pas être évident de décider de placer la population en confinement, surtout quand tout n’est pas clair ou lorsqu’on fait face à l’inconnu. Malgré tout, je pense qu’on peut toujours voir notre prochain pas, même si tous les autres pas ne sont pas encore bien clairs. On prend la meilleure décision aujourd’hui, avec les informations disponibles, en faisant la balance entre les avantages et les inconvénients de nos décisions. Ce qui est intéressant, c’est que tous les prochains pas se cachent dans le premier pas. Le deuxième pas se révèle seulement après qu’on a pris le premier.

Quel prochain pas pourrions-nous faire en éducation, même si ce n’est pas encore tout à fait clair?

2. Reconnaître et nommer la réalité

Les dirigeants ont vite mis des mots sur la réalité. «Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible.», nous a-t-on dit. Les mots qu’on choisit donnent tout son sens et toute sa portée à la réalité. Max DePree affirme que : « La première responsabilité d’un leader est de définir la réalité.» Nos leaders l’ont fait dès le début et ça mettait la table pour toutes les mesures qui devaient être prises et les annonces qui devaient être faites pour contre-attaquer. La réalité de la crise sanitaire a transformé la réalité du grand monde de l’éducation depuis quelques mois. La crise sanitaire sera certainement temporaire, mais son impact sur l’éducation le sera-t-il, lui?

Quelle est la réalité présentement en éducation?

3. Donner des mots à dire

Sitôt la réalité bien définie, nos leaders ont pris soin de notre discours (intérieur) en nous donnant des mots à se dire entre nous : «Ça va bien aller.» Implicitement, ça voulait dire : «Pas de panique.» Un arc-en-ciel a vite accompagné ces mots. Une image vaut mille mots. En période de crise ou de défi, il est important de donner des mots à dire aux gens. Sinon les gens vont eux-mêmes choisir leurs mots et ces mots reflèteront certainement leur état affectif du moment. La tournure peut être beaucoup moins positive et avoir des effets très néfastes sur l’état d’esprit, le moral et le bien-être de toute la population. Présentement, plusieurs se questionnent sur les meilleures actions à poser pour terminer l’année scolaire sur une note positive. D’autres pensent déjà à la rentrée. C’est normal.

Quels mots voulons-nous donner à dire aux élèves, aux parents, au personnel, aux collègues présentement?

4. Faire preuve de transparence

Nos leaders nous ont vite avoué qu’ils ne savaient pas tout. Qu’ils ne savaient pas précisément comment nous allions être affectés par la COVID-19, combien de temps ça allait durer, si le système de la santé allait pouvoir tenir le coup, si nous avions assez de masques et de respirateurs… Nos leaders nous ont avoué ce qu’ils ne savaient pas. La vérité et l’honnêteté, c’est rassurant dans un sens. Pour gagner une partie de hockey, il faut savoir le vrai pointage. Même si on tire de l’arrière. Toute vérité n’est pas bonne à dire mais la transparence crée un climat de confiance.

Qu’est-ce que nous n’osons pas dire présentement?

5. Communiquer de façon authentique

Tous les jours, les communications des leaders sont diffusés à la télévision et dans les médias sociaux. Nous avons la chance de voir les différents styles de communication. Certains lisent clairement un texte qui a été soigneusement rédigé. D’autres communiquent de façon beaucoup plus authentique. Ils communiquent de façon très précises et structurée mais on sent que ça vient du coeur. Qu’est-ce qui mène un leader à choisir une approche plutôt qu’une autre? Le contrôle du message? La peur de se tromper ou de dire quelque chose qui n’a pas été approuvé? Le sentiment de vulnérabilité? Personnellement, je préfère de loin écouter un message senti, qui vient du coeur. Le côté humain d’un leader quoi. Le message scripté n’est pas conçu pour la version intégrale d’une communication orale, à mon avis.

Qu’est-ce qui nous empêche de communiquer de façon authentique?

6. Surcommuniquer avec clarté

C’était plus flagrant au cours du premier mois de la pandémie, mais tous les jours on nous répétait les mêmes informations. La stratégie pour vaincre la pandémie  : on reste chez nous, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. On aplatit la courbe. Et pour éviter que les gens soient indifférents à la courbe, on précise que quand on aplatit la courbe, on sauve des vies. Ce n’est pas un problème de mathématiques qu’on résout ensemble. De réelles vies sont en jeu. Combien de fois ces mots ont-ils été répétés. La répétition, le connu, ça rassure. Ils sont maintenant sur des affiches un peu partout sur le web et à l’entrée des commerces. Plus la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, plus on peut l’atteindre. C’est un principe clé en évaluation en éducation. Dans son livre The Advantage, Patrick Lencioni souligne l’importance de surcommuniquer avec clarté. 

Que devons-nous clarifier et surcommuniquer en éducation présentement?

7. Communiquer les priorités

Dès le début, la priorité était de tester, tester, tester. Les gens qui revenaient de voyage et les gens qui avaient les symptômes. C’est normal, il faut créer la courbe pour savoir si on progresse et si les mesures ont les effets recherchés. Au fil des semaines, les priorités évoluent mais la courbe demeure. La santé des personnes et de l’économie sont au coeur de toutes les décisions. Le pourquoi n’a pas changé en éducation, mais le comment a changé.

Quelles sont nos priorités présentement en éducation?

8. Identifier les activités essentielles

Dès le début, les leaders ont identifié les services essentiels tout en pesant les avantages et les inconvénients d’attribuer l’étiquette de service essentiel à des commerces comme la SAQ/LCBO. Les déplacements des gens ont été très limités et contrôlés. On n’a qu’à penser à la frontière, aux voyageurs qui ont tardé à revenir au pays, aux gens qui ont été confinés dans leur région. C’est normal, on voulait éviter la contamination communautaire et épargner le système de la santé. En éducation, on a réussi à se connecter avec les élèves et les familles et graduellement, l’apprentissage plus structuré a repris autour des apprentissages essentiels. Dans certains milieux, les élèves ont même commencé à revenir graduellement à l’école physiquement. Les évaluations systémiques et/ou sommatives ont été soit annulées ou rendues facultatives pour donner toute sa place à l’apprentissage. Ce qui va sûrement nourrir la réflexion sur la place de l’évaluation en éducation. 

Quelles activités sont essentielles présentement en éducation?

9. S’appuyer sur les données, pas sur les perceptions 

La courbe permet aux leaders de prendre des décisions objectivement. Pas sur des «Je pense… Je crois… Selon moi…» Les données justifient les mesures qui sont mises en place pour contrer la COVID-19 et pour soutenir l’économie, entre autre. Cette année en éducation, plusieurs données de fin d’année ne seront pas générées. Il y aura donc absence de certaines données sur lesquelles nous nous appuyons habituellement en juin et à la rentrée scolaire.

Quel impact les données ont-elles sur nos pratiques habituellement?

Quel impact l’absence de données aura-t-elle sur nos pratiques?

10. La courbe est plus importante que les données du jour.

Tous les jours, une mise à jour est faite relativement aux nouveaux cas, aux décès et aux personnes rétablies. Or malgré les données du jour, la courbe est toujours plus importante. Elle nous indique si les mesures mises en place fonctionnent. La courbe indique la trajectoire. Chaque province a sa courbe. On peut les voir sur ce site. En éducation, nous accordons habituellement beaucoup d’importance aux données générées un jour donné. Le jour d’un examen, le jour d’un test quelconque, comme le test Otis-Lennon. Un test, un jour et l’élève est doué ou non. Or qu’en est-il de la trajectoire de nos élèves, de nos écoles, de notre système? Je réfléchis à cette réalité dans Progrès : performance ou trajectoire?.

Quelle importance accordons-nous à la trajectoire en éducation?

11. Derrière les statistiques, il y a de vraies personnes.

L’objectivité a ses avantages en matière de décisions mais derrière les données, il y a des histoires, des personnes, des vies qui sont bousculées ou qui prennent fin à cause de la COVID-19. On n’a qu’à penser à la situation des personnes âgées. Ça ne laisse personne indifférent. Certains leaders offrents quotidiennement leurs sincères condoléances aux familles concernées. En éducation, c’est facile de regarder les données et de se dire que «Il y en a…» Il y en a des élèves en difficulté. Il y en a des élèves qui apprennent moins vite que les autres. Il y en a qui n’ont pas tout ce qu’il faut à la maison pour soutenir leur développement. Il y en a qui ont de la difficulté à se faire des amis. Il y en a qui n’obtiennent pas leur diplôme… Il y en a. Et plusieurs rôles d’appui et complémentaires sont créés dans notre système parce qu’«il y en a». Mais on fait quoi avec l’élève qui n’apprend pas aussi bien que les autres? On fait quoi quand un élève qui est intimidé ou laissé de côté de façon systématique par les autres élèves? Qu’est-ce qu’on fait avec les «il y en a»? À l’impossible, nul n’est tenu. Mais si on se laisse émouvoir par l’histoire de certains élèves ou de certains collègues (il y en a, ici aussi), cela nous donne accès à ce qu’il y a de plus puissant en éducation, l’émotion humaine. Il n’y a pas grand-chose à l’épreuve d’un coeur ému. 

Qu’est-ce qui nous émeut en éducation?

12. Reconnaître et nommer les émotions que nous ressentons tous

Nos leaders ont aussi reconnu et nommé les émotions que nous ressentons tous. La crainte, la peur, la tristesse, l’anxiété. On nous a même dit que c’était normal. Lorsqu’on reconnaît et qu’on nomme les émotions que ressentent les gens, c’est un peu comme si on leur donnait la permission de ressentir ce qu’ils ressentent. C’est aussi une façon de communiquer notre empathie.

Comment se sentent les gens que nous servons présentement?

13. Se comparer à soi-même

Nos leaders nous ont dit qu’on ne peut pas se comparer aux autres provinces ou autres régions. Parce que ce qu’on vit est différent, le contexte est différent et les stratégies ou les mesures sont différentes. Le comportement des citoyens ou le respect de la prescription est différent aussi, d’une région à l’autre et d’une province à l’autre. La courbe nous aide à identifier notre trajectoire, nos progrès et l’efficacité de nos actions. Il serait donc injuste et futile de se comparer aux autres. Même chose en éducation. La comparaison entre les systèmes est facile mais n’aide personne. Ce que je remarque, c’est que le système de l’éducation a fait des progrès énormes en matière d’intégration des technologies au service de l’apprentissage au cours des derniers mois. Comme pour la pandémie, personne n’avait le même point de départ, personne n’avait exactement le même contexte. On est encore loin de la situation idéale pour l’enseignement à distance. Mais tout le monde a progressé malgré le fait que personne n’a eu le temps de se préparer. C’est quand même quelque chose.

Quelles sont les preuves que nous progressons en éducation?

14. Créer des occasions pour donner une voix aux personnes

Tous les jours, à la même heure, nos leaders nous offrent une mise à jour en direct. Ces rendez-vous quotidiens créent de la prévisibilité dans un contexte où l’imprévisibilité règne présentement. Les leaders offrent même aux journalistes l’occasion de leur poser des questions. Les journaliste représentent la voix du public. Quand les gens questionnent, ce n’est pas nécessairement par résistance. Ils communiquent simplement les choses qui les préoccupent ou les questions qu’ils se posent. Les gens veulent entendre leurs leaders et ils veulent aussi être écoutés. En éducation, c’est la même chose, or les structures de collaboration et de communication ont changé par la force des choses.

Quelles occasions pourrions-nous créer ou saisir pour réellement communiquer entre nous?

15. Responsabiliser – Autonomiser – Soutenir

Malgré le souhait de certaines personnes, les leaders n’ont pas imposé les respect de la prescription dès le début. Ils ont plutôt fait appel à la bonne volonté et au devoir des citoyens. Nous sommes tous responsables de respecter les directives de distanciation sanitaire. Nous sommes autonomes. Les leaders nous soutiennent dans cette démarche. Ces trois verbes : Responsabiliser – Autonomiser – Soutenir, sont des verbes clés en éducation, à mon avis. Ce sont des verbes clés pour développer les personnes autour de nous.

Comment ça se passe dans notre milieu?

16. Communiquer comment on répond aux besoins des gens 

Quotidiennement, nos leaders nous communiquent leurs attentes et écoutent nos questions et nos préoccupations. Si bien qu’ils prennent aussi le temps de nous communiquer clairement ce qu’ils font pour répondre à nos besoins. Au début, c’était le retour des voyageurs, les masques, les respirateurs, les 2000$ par mois… Les besoins évoluent et les leaders continuent de communiquer comment ils répondent aux besoins des gens. En éducation présentement, on pense aux élèves à besoins particuliers, au fameux «trou dans l’apprentissage», aux finissants, aux camps d’été…

Comment déterminons-nous les réels besoins des personnes qui nous sont confiées présentement?

17. L’objectif commun est plus important que le rôle de chacun. 

Les personnes qui travaillent pour le service de la santé ou pour les services essentiels ont depuis le début un rôle très actif pour combattre la COVID-19 tout en permettant à l’ensemble de la population de continuer à vivre mais en situation de confinement. Nous assistons présentement à un déconfinement graduel mais lorsqu’on y pense, le rôle de la plupart des gens depuis le début de la crise est d’être passif. Simple mais pas facile, j’en conviens. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. Rester chez soi n’est pas un rôle très reluisant ou valorisant. C’est pourtant un rôle très important. Or l’objectif commun, c’est de vaincre la COVID-19. Je vous épargne ici tout ce qu’on veut éviter aussi. Tous les rôles sont importants. Mais le rôle n’est pas aussi important que l’objectif collectif. En éducation, c’est la même chose. Tous les rôles sont importants. Mais aucun rôle n’est plus important que l’objectif commun.

Quels sont nos objectifs communs?

Comment sommes-nous en train de contribuer à nos objectifs communs?

18. Remercier et souligner la contribution de rôles spécifiques 

Toutes les personnes sont importantes. Tous les rôles sont importants. Plusieurs leaders remercient quotidiennement des rôles, des personnes ou des groupes spécifiques. C’est important. Ce n’est pas différent en éducation. Surtout présentement. Un bon critère pour déterminer si une personne a besoin d’encouragement : elle respire. Si une personne respire, elle a besoin d’encouragement. 

Qui avons-nous besoin de remercier présentement?

19. Nous sommes tous capables d’appliquer la prescription. 

Depuis le début, toute la population est capable d’appliquer la prescription. Tout le monde est capable de faire ce qui est demandé. Aucune formation n’est requise mais la constance est de mise. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. Lorsqu’on réfléchit à nos objectifs communs en éducation, est-ce que tout le monde est capable d’appliquer la prescription? La question se pose.

Quel est notre sentiment d’efficacité personnelle face aux nouvelles initiatives et au contexte actuel en éducation?

20. Tout se passe dans le moment présent. 

Lorsqu’on réfléchit à la prescription, ce n’est pas ce que j’ai fait hier ou ce que je ferai demain qui compte. C’est ma façon de respecter la prescription à tous les instants. Ça demande de l’intentionnalité. Tout se passe dans le moment présent. En éducation, c’est exactement la même chose. L’impact sur l’apprentissage de l’élève se fait toujours dans le moment présent. C’est le seul «endroit» où on peut agir.

Nous avons besoin d’être plus intentionnels dans quels aspects de notre pratique?

21. Arrêter de faire certaines choses peut nous aider à relever le défi 

Le confinement sanitaire nous a amenés à arrêter de faire une panoplie de choses. La COVID-19 a confiné les humains. Ce n’est pas facile à vivre mais plusieurs impact positifs sur l’environnement, entre autre, ont été observés très tôt dans la période de confinement. On n’a qu’à penser aux canaux à Venise où on pouvait voir le fond de l’eau et des poissons qu’on ne voyait pas habituellement. Qui l’eût cru? Arrêter de se déplacer et garder une distance sanitaire a des effets positifs présentement. En éducation, l’innovation commence parfois lorsqu’on arrête de faire des choses qui ne fonctionnent plus. Certaines pratiques ont été laissées de côté pour l’instant.

Quels effets positifs peut-on observer?

Qu’est-ce que nous pourrions arrêter de faire en éducation?

Présentement, nous parlons tous de la COVID-19. C’est normal. Il est facile de créer du momentum et de collaborer lorsque tout le monde se sent interpellé, quand tout le monde vit la même chose et parle de la même chose. 

Combien d’énergie et de ressources financières auraient été requises en temps normal pour faire tous les changements qui ont été faits en moins de 3 mois partout en éducation?

La rentrée scolaire 2020-2021 viendra très vite et tout indique que la crise sanitaire ne sera pas terminée. 

Quelle(s) conversation(s) allons-nous avoir pour terminer l’année scolaire sur une note positive et pour aligner nos flèches dès la rentrée? 

Comment ces 21 leçons de leadership peuvent-elles nous appuyer?

Merci de vos commentaires et bonne fin d’année 🙂

21 leçons de leadership

Ça va prendre un chapeau d’apprenant!

Malgré les temps incertains que nous vivons tous présentement, le grand monde de l’éducation se prépare à faciliter, du mieux qu’il peut, l’apprentissage à distance pour tous les élèves. La tâche n’a jamais été aussi authentique. Je m’explique plus loin. En plus de stimuler des apprentissages, ces efforts aideront certainement les élèves à passer à l’année suivante. Les plus vieux pourront également, on l’espère, obtenir leurs crédits et les finissants, leur diplôme. Tout ça, dans un contexte bien inhabituel.

La réalité

En situation de confinement, par le biais d’outils technologiques, les élèves communiqueront avec leurs enseignants et recevront des «travaux» à faire à la maison. De leur côté, les parents de ces enfants, plusieurs en contexte de télétravail, aideront leurs enfants du mieux qu’ils peuvent, en s’appuyant sur les consignes et les outils mis à leur disposition par les écoles et les conseils scolaires. De leur côté, les enseignants feront du mieux qu’ils peuvent pour faciliter l’apprentissage de tous leurs élèves. Plusieurs enseignants ont déjà en place des environnements d’apprentissage numériques avec leurs élèves, pour d’autres, ce sera une initiation aux rouages de la pédagogie numérique à distance. Plusieurs enseignants ont des enfants : on parlera donc beaucoup d’école dans ces foyers.

Une nouvelle courbe se pointe

Au-delà de la COVID-19, de la nécessaire utilisation du numérique et de la pédagogie numérique, ce qui est particulier dans cette situation, c’est qu’enfants et adultes auront plusieurs chapeaux à porter en même temps, tout le temps. Individu; père/mère, conjoint/conjointe, enseignant/enseignante, travailleur/travailleuse; enfant, fils/fille, élève. C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 Je me demande qui va apprendre le plus dans cette situation. Les élèves? Les parents? Les enseignants? Le système? Parce que le système aussi va apprendre. Une chose est certaine, c’est que nous allons tous partager un même chapeau : le chapeau d’apprenant. Pour tout le monde, une nouvelle courbe se pointe. Une courbe d’apprentissage. The comfort zone has left the building. Tout le monde fera ce qu’il peut. Empathie.

C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 – @bourmu

Il est où le programme, il est où?

En éducation, les matières scolaires sont décontextualisées et enseignées en silos pour en faciliter la livraison, ce qui fait qu’un de nos défis est d’offrir des tâches authentiques à nos élèves. Des tâches contextualisées, à même une matière scolaire ou en intégrant des matières. Présentement, tous nos chapeaux sont intégrés dans nos foyers. Prenez deux minutes pour regarder autour de vous. Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. En matière de différenciation pédagogique, on différencie habituellement le contenu, le processus et/ou le produit. Les trois sont à notre portée dès maintenant. Pourquoi ne pas inviter les élèves à démontrer l’étendue de leur apprentissage en leur permettant de faire des liens avec ce qu’ils vivent présentement. Et imaginez si une tâche d’envergure pouvait servir dans plus d’un cours, pour les élèves du secondaire… La tâche n’aurait jamais été aussi authentique et différenciée. Il est là le programme, il est là!

Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. – @bourmu

Avant d’entrer dans le programme habituel

Le réflexe institutionnel pourrait par contre nous amener à vouloir, si ce n’est déjà fait, établir une «connexion» avec tous les élèves, tous les foyers afin de réussir à assigner des tâches le plus rapidement possible. Particulièrement chez les plus vieux, où on vise l’accumulation de crédits et/ou la diplomation. Ça se comprend. Habituellement, peu importe ce qui se passe dans le monde, on enseigne ce qui se trouve au programme. Ceci dit, la pédagogie numérique sera déployée dans un contexte bien inhabituel et les parents seront nos alliés précieux plus que jamais. La technologie également. Mais si j’avais à enseigner à distance à partir de demain matin, peu importe le niveau ou la matière scolaire, voici des questions qui pourraient servir à établir la «connexion» et les conditions pour initier une pédagogie au service de l’apprentissage de mes élèves, avant d’entrer dans le programme habituel, à distance :

  1. Comment ça va?
  2. Raconte-moi une activité inhabituelle positive que tu as vécue depuis que nous sommes en confinement?
  3. Présentement, à quoi ressemble une journée typique pour toi?
  4. Quelle partie de la journée préfères-tu?
  5. Quelles questions te poses-tu en lien avec tout ce que nous vivons présentement?
  6. Qu’est-ce qui t’inquiète?
  7. Quelles nouvelles responsabilités as-tu à la maison?
  8. Qu’as-tu appris depuis le début du confinement?
  9. Qu’est-ce qui te manque le plus?
  10. Qu’est-ce que je peux faire pour faciliter ton apprentissage à distance?
  11. Qu’est-ce que tu peux faire pour apprendre à distance?
  12. Qu’est-ce que tes parents peuvent faire pour faciliter ton apprentissage à distance?

Quoi qu’il en soit, je nous souhaite bon courage, beaucoup d’empathie et surtout, beaucoup d’apprentissage dans les prochaines semaines.

Imaginez tout ce qu’on va apprendre. Par la force des choses, comme je l’écrivais dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête, nous allons découvrir de nouvelles lunettes dans les prochaines semaines. Mais ça va prendre un chapeau d’apprenant.

C’est pour ça qu’on fait ça, les amis.

Ça va… Ça va aller comme ça peut aller.

Et c’est de toute beauté.

À go, on met notre chapeau d’apprenant.

Go!

 

C’est impensable…

C’est impensable…

C’est quelque chose ce qu’on vit présentement. C’est impensable. Tout le monde est sur pause. Tout le monde est sur le qui-vive. On vit tous la même chose en même temps. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à deux mètres des autres. On aplatit la courbe. Je n’ai jamais vu ça. Avec l’évolution des dernières semaines, j’observe les leaders des pays, des provinces, des municipalités… Je me rends compte à quel point le leadership est important. Je me rends surtout compte à quel point les vies humaines sont précieuses aux yeux du système, aux yeux de nos dirigeants. Ça me touche. Le système, c’est du monde. Pour vrai.

On pourrait penser que c’est normal qu’on mette le monde sur pause pour sauver des vies, pour ne pas surtaxer le système de la santé. Ce l’est. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me touche de voir à quel point, quand tout devient sérieux, ce qui compte le plus, ce sont les personnes. Derrière les statistiques, il y a du vrai monde. Money is no object. Ça me donne énormément d’espoir. On dit que les situations comme celle que nous vivons nous permettent de voir de quoi sont faits les leaders. Ça nous permet également de voir de quoi nous sommes faits, vous et moi. J’aime ce que je vois. Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. Ça va bien aller, nous dit-on.

Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. – @bourmu

Mon billet d’aujourd’hui se veut un effort de trouver du positif dans l’impensable. Parce que c’est impensable ce qu’on vit présentement. Mais à un moment donné, nous serons de retour au travail. Et nous aurons le choix de continuer, comme avant. Nous pourrions aussi choisir une autre courbe, une autre trajectoire pour l’éducation. Mais ça nous demandera de faire des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables jusqu’à maintenant.

@bourmu (2)Voici donc quelques réalités que nous vivons présentement et comment ces réalités pourraient se vivre à notre retour «à la normale».

On s’éloigne – On va se rapprocher

Présentement, on s’éloigne physiquement des autres. C’est la prescription. Mais cette distanciation sociale a déjà créé une soif de rapprochement entre nous. On utilise la technologie pour tenter de se rapprocher. Je joue à Pictionnary à distance avec ma famille élargie. Pensez-y. Impensable avant la COVID-19. À notre retour dans nos établissements, nous aurons des histoires à nous raconter. Certains pourraient penser que les élèves auront un trou dans leur apprentissage à leur retour. On voudra se rapprocher et rattraper, pas seulement l’apprentissage et le programme, mais le temps perdu. Le temps que nous n’avons pas pu passer ensemble. Les défis nous rapprochent.

Tester, Tester, Tester! – Soutenir, Soutenir, Soutenir!

On peut comprendre l’importance de tester les gens présentement. Pas de tests, pas moyen de déterminer objectivement quelles mesures mettre en place et si elles fonctionnent. Pas de tests, pas de courbe, pas moyen de savoir où on en est et où on s’en va. Pas moyen de savoir si on progresse. Mais ici on se sert de la courbe pour être en mesure de mieux soutenir les gens. À notre retour, j’ose croire qu’on ne créera pas une course aux notes manquantes et qu’on choisira plutôt de se soutenir, soutenir, soutenir les uns les autres. C’est le but de l’éducation. Certains diront : « Oui! Mais comment? » Quelle belle question. Quel beau point de départ. Comment. Pas pourquoi.

On a le temps – On va prendre le temps

Présentement, on a le temps. On a l’embarras tu temps. Non structuré. La situation entourant la COVID-19 nous place en position de confinement, ce qui nous permet de passer beaucoup de temps avec nos êtres chers. On a le temps de réfléchir et on se retrouve face à soi-même. Ça remet les choses en perspective et ça nous permet de voir ce qui compte vraiment dans notre vie. De retour au travail, je pense qu’on va prendre le temps pour les choses qui comptent. Je pense qu’il va y avoir un moins grand écart entre notre liste de priorités et notre réel emploi du temps.

On annule les examens du ministère – On va repenser la place de l’évaluation en général

Dans le présent contexte, l’éducation a dû choisir de ne plus tester pour le moment. Ça enlève un stress. On peut comprendre pourquoi. Or ça stimule la réflexion. Arrêter de tester en éducation, c’est impensable. C’est dans notre ADN. Mais à notre retour, j’ose croire que la prescription sera de repenser la place de l’évaluation en général. L’éducation a besoin de sa courbe, aussi, pour progresser. Et si on se servait de la courbe créée par les diverses choses que l’éducation évalue pour soutenir le développement des personnes? Plutôt que pour les classer ou les sélectionner, entre autre… Est-ce si impensable?

On prend conscience de notre réalité – On va adopter de nouvelles habitudes

À force d’être en pause, on donne une pause à l’environnement. On fait de beaux constats. On se rend compte qu’on a de l’impact. On voit au fond de l’eau à Venise. Impensable. À force d’être en pause on se rend aussi compte à quel point on était peut-être trop souvent sur le pilote automatique. On doit prendre plein de nouvelles décisions au quotidien, parce qu’on est en pause. C’est curieux quand même. À plusieurs niveaux, c’est la planète au complet qui adopte déjà de nouvelles habitudes. À notre retour, je crois qu’on va continuer d’adopter de nouvelles habitudes et qu’on va changer la trajectoire du pilote automatique. Il y a des choses qui deviennent évidentes. Il faut simplement accepter de les voir et d’agir.

Tout le monde est uni et solidaire à cause de la COVID-19 – Tout le monde sera uni et solidaire grâce au leadership de tous

Évidemment, ce que nous vivons ensemble nous unit. On constate cette solidarité, pas parfaite, mais bien présente dans nos milieux respectifs. C’est beau à voir. Or le contexte actuel, personne ne l’a choisi. À notre retour, nous aurons le mandat de créer le contexte propice, dans notre zone de contrôle, pour façonner graduellement le prochain chapitre du grand monde de l’éducation. Le système, c’est du monde. Et on a besoin de tout notre monde pour y arriver.

PlatonNe pas avoir peur de la lumière

Je suis tombé sur cette citation de Platon récemment : « On peut aisément pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité; la vraie tragédie de la vie, c’est lorsque les hommes ont peur de la lumière. » 

Le contexte actuel nous permet de réfléchir et de remettre certaines choses en question dans nos vies personnelles et professionnelles. Ces réflexions nous permettront de mettre en lumière les prochaines étapes qui pourraient le mieux nous servir, nous, et le monde de l’éducation à notre retour. Il y a des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables… jusqu’à maintenant.

À notre retour au travail (en personne), rien n’est impensable. En fait, tout est possible!

Rappelons-nous que quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble.

Je pense qu’on sait quoi faire en éducation.

Il faut juste ne pas avoir peur de la lumière.

Ça va bien aller.

 

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