Tout le monde est un leader

La cohérence se crée entre les évaluations sommatives.

La cohérence se crée entre les évaluations sommatives.

La cohérence dans une école

J’ai eu la chance d’entendre Michael Fullan parler de cohérence l’an passé. Il a dit une phrase que je considère importante et qui peut passer inaperçue. « La cohérence se crée entre les rencontres de collaboration. » a-t-il affirmé. C’est donc dire que nos écoles deviennent (pas «sont», qui peut laisser croire à un état fixe, mais «deviennent» qui sous-entend que nos écoles évoluent, elle «sont en mouvement) cohérentes lorsque nos actions sont alignées avec nos visées. On dit qu’on vise quelque chose ensemble, on discute des stratégies à mettre en place, on les met en place et on en parle. Il est attendu, ici, qu’à un moment donné, quelqu’un vient me voir dans ma classe pour voir comment ça va, pour voir si on progresse vers ce qu’on vise et pour déterminer si on a tout ce dont nous avons besoin pour progresser. C’est l’idée. En très bref, c’est la cohérence, selon M. Fullan. Vu comme ça, c’est quand même simple. Une façon intéressante de déterminer si une école est cohérente est de se poser la question suivante : Si quelqu’un venait observer les actions qui se font dans votre établissement, pourrait-il deviner ce que vous visez? Est-ce que notre culture vient souligner nos mots?

Modèle de cohérence, adapté de M. Fullan Tiré de la session de coaching LI-VE du 27 octobre 2020

« La cohérence se crée entre les rencontres de collaboration. » – M. Fullan

Nos élèves deviennent, eux aussi.

Dans son excellent texte, Les dérives du palmarès des écoles secondaires, Marc-André Girard conclut en affirmant : 

«Le vrai palmarès, c’est celui des anciens élèves qui reviennent fièrement témoigner à leurs anciens enseignants leur appréciation en menant une vie équilibrée ancrée dans le siècle actuel. Après tout, la réussite de notre système d’éducation se résume-t-elle à des notes dans un bulletin ou à des élèves qui s’épanouissent dans leur parcours scolaire et, ensuite, dans leur vie ? Dirigeant des écoles primaires et secondaires depuis 15 ans, je m’enorgueillis bien plus de ce que mes élèves deviennent plutôt que des notes qu’ils ont eues, desquelles je ne me souviens pas !» 

Le verbe devenir, revient, encore une fois. Et on l’entend de plus en plus dans nos écoles. Comme pédagogue et comme père de famille, ça me rassure. Or notre façon d’utiliser l’évaluation (accent mis sur les notes) est-elle alignée avec cette visée présentement? Sommes-nous cohérents? La question se pose.

« Si tu ne sais pas où tu vas, n’importe quelle route peut t’y mener. » – Cheshire (Lewis Carroll), Alice au pays des merveilles

L’évaluation et la cohérence 

Lorsqu’on regarde les nouvelles pratiques qui s’installent dans les classes grâce ou à cause de la COVID-19, par souci de cohérence, il est sage de se demander ce qu’on peut espérer que nos élèves deviennent, dans ce nouveau contexte. La «game de l’école» est en devenir, elle aussi. On couvre le programme en surface ou on cible les apprentissages essentiels pour aller en profondeur? On fait le travail pour la note ou on devient? La question n’est pas aussi simple que ça. On fait probablement les deux. Mais comment peut-on passer de «Ça compte-tu?» à «Est-ce que je progresse?»? Ça demande de prendre du recul pour voir si nous sommes bien alignés avec nos visées. 

Un danger nous guette.

Si on est habile avec la technologie et qu’on doit adopter une approche hybride pour toutes les raisons qu’on connaît, le point de départ en pédagogie peut ressembler à ceci.

Tiré de la session de coaching LI-VE du 27 octobre 2020

L’élève reçoit un travail à faire (T), qui peut venir avec une explication (E) intégrée à un plan de travail, en vidéo par exemple; l’élève remet le travail et reçoit une note (N) accompagnée d’une rétroaction (R). Ça marche. En mode réaction, en mode «on s’adapte à une nouvelle réalité», ça marche. Lorsqu’on manque de temps, ça marche. Ce qui a été accompli en éducation au cours des derniers mois n’est rien de moins qu’extraordinaire. Or après quelques mois d’adaptation, un danger nous guette. Le système reprend ses sens présentement et il revient à la question : Sommes-nous cohérents? Est-ce que notre modèle pédagogique actuel permet à nos élèves de devenir ou se présentent-ils en ligne (ou à l’école) pour faire du travail et récolter leur paie (note)?  Cette année, nous avons moins de temps. Les élèves ont-ils moins de travaux et d’évaluations sommatives? La question se pose.

Lorsqu’il est question de l’évaluation et de la cohérence, il y a des choses qui ne changent pas. C’était justement le thème de ma plus récente session de coaching LI-VE

Voici trois idées pour stimuler la réflexion autour de l’évaluation et de la cohérence.

1. Enseigner ce qu’on mesure et mesurer ce qu’on enseigne

C’est connu, tous les élèves peuvent atteindre la cible s’ils la voient et qu’elle ne bouge pas. D’où l’importance d’enseigner ce qu’on mesure (cible) mais aussi de mesurer ce qu’on enseigne (ne bouge pas). Or mon vécu m’apprend qu’il faut toujours se garder une petite gêne. Ce n’est pas parce qu’on ne mesure pas que les élèves n’ont pas appris. Et les élèves n’apprennent pas seulement ce qu’on mesure. Je crois fermement que les choses les plus importantes, comme les relations, le bien-être et l’estime de soi, se mesurent mal. On ne mesure donc pas tout ce qui compte vraiment. C’est gris, n’est-ce pas?

2. Agir sur le devenir de l’élève

Lorsqu’on enseigne, on utilise parfois le manuel scolaire. Mais le manuel scolaire, ce n’est pas le programme. J’aime bien ce que Pierre Poulin a partagé à cet effet dans un récent Tweet.

Lorsqu’on enseigne, on assigne des tâches. Mais nos tâches sont un moyen parmi tant d’autres de faire vivre le programme. Assigner une tâche, ce n’est pas nécessairement enseigner. Lorsqu’on enseigne, on génère et on consigne des notes. Mais générer et assigner des notes, ce n’est pas nécessairement enseigner. Oui on fait tout ça lorsqu’on enseigne, mais l’enseignement commence réellement lorsqu’on agit sur l’apprentissage de l’élève. Connaît-on vraiment les grandes idées du programme? Et à partir du temps que nous avons, quels sont les moyens les plus efficaces de faire vivre le programme pour soutenir les élèves dans leur devenir, avec le temps à notre disposition? Les élèves ont-ils le temps d’apprendre dans nos classes présentement? On ne fait pas pousser des carottes en les mesurant chaque jour. Il faut les entretenir.

«Les élèves ont-ils le temps d’apprendre dans nos classes présentement?» – @bourmu

3. Le Saint-Graal de l’enseignement

Mon vécu me confirme que la rétroaction est vue comme le Saint-Graal de l’enseignement. Tout le monde sait que c’est important. Tout le monde en donne. Fait intéressant, la recherche nous démontre qu’une rétroaction accompagnée d’une note a à peu près le même effet que de simplement donner une note à l’élève. Fait intéressant, la rétroaction efficace porte sur autre chose que la qualité du travail de l’élève et elle a un impact significatif sur le devenir de l’élève. Par exemple, elle porte sur ses habiletés d’apprentissage et ses habitudes de travail, sa posture, son effort ou sa métacognition, pour ne nommer que ceux-là. Fait intéressant, la rétroaction reçue et réinvestie avant la note nous permet d’agir sur l’apprentissage alors que la rétroaction qui vient avec ou après la note ne sert que de justification ou même d’autopsie. 

Or le point le plus important entourant la rétroaction selon mon expérience, ce sont les relations.

«La rétroaction reçue et réinvestie avant la note nous permet d’agir sur l’apprentissage alors que la rétroaction qui vient avec ou après la note ne sert que de justification ou même d’autopsie.» – @bourmu

Et vous, quelles sont vos observations en lien avec la rétroaction? Ça aussi, c’est gris. Chose certaine, les relations sont importantes. J’irais même jusqu’à dire que la rétroaction que nous offrons aux élèves reflète la qualité de nos relations. Pensez-y.

Que vise-t-on?

Finalement, tout dépend de ce que nous visons. Et comme disait Cheshire (Lewis Carroll) dans Alice au pays des merveilles : « Si tu ne sais pas où tu vas, n’importe quelle route peut t’y mener. »

Si la cohérence dans une école se crée entre les rencontres de collaboration, en classe, la cohérence se crée entre les évaluations sommatives!

Novembre sera exigeant, comme toujours. Il est encore temps d’agir et de créer, ensemble, cette cohérence.

Merci de vos commentaires

On baisse ou on monte la barre présentement?

On baisse ou on monte la barre présentement?

 

Documenter

J’écris ce matin mon 100e billet. Je devrais dire ma 100e publication parce que mes premiers billets étaient davantage des expérimentations. Depuis le début de la pandémie, le système d’éducation fait lui aussi des expérimentations. Dans certains cas, ça ressemble à mes premiers billets. On ne sait pas trop ce que c’est mais c’est le début de quelque chose. Certains se demandent même si on baisse la barre présentement. Chose certaine, il faut apprendre à marcher avant de courir. Quand j’ai commencé, jamais je n’aurais pensé me rendre à 100. Ça a quand même pris des années à me rendre là. En relisant mes billets, je me rends compte des apprentissages que j’ai réalisés au fil du temps, au fil de mes lectures et au fil de mes discussions avec mes collègues, en personne et en ligne. Je me rends compte de ma trajectoire.  Mon blogue, c’est un peu comme mon portfolio. C’est ici que je documente mes réflexions au sujet des choses qui comptent pour moi et que je considère importantes pour l’éducation. J’écris (lire je documente) pour réfléchir, pour apprendre et pour contribuer à la profession. On ne publie pas des billets de blogue parce qu’on pense avoir les réponses. On écrit pour essayer d’en trouver. L’écriture, et la réflexion qui doit l’accompagner, amène énormément de clarté dans ma pratique, dans ce que je crois possible pour moi mais aussi pour le système d’éducation, qui emprunte une nouvelle trajectoire bien intéressante depuis le début de la pandémie.

Baisser la barre?

À la fin mars 2020, on a s’est assuré qu’un minimum d’apprentissage puisse se poursuivre à distance. Lorsque possible, on a fourni des tablettes ou des portables ainsi qu’un accès à internet aux familles qui n’en avaient pas. On plaçait des ressources en ligne pour que les parents puissent faciliter l’apprentissage de leurs enfants. Le numérique servait alors principalement d’entrepôt de ressources pédagogiques. Tout le monde était en confinement. Est-ce qu’on baissait la barre?

Avril à juin 2020, plusieurs milieux ont commencé à offrir de l’enseignement à distance à leurs élèves. Constat : tout le monde n’était pas prêt à ça. Pas grave. Les gens se sont mobilisés et ont amorcé une courbe d’apprentissage impressionnante. Pas si mal, au moins, on avait amorcé le semestre en personne avec nos élèves. Mais on finirait l’année à distance dans plusieurs milieux. On s’est vite rendu compte de la complexité de la tâche d’enseigner (en ligne). On ne peut pas demander aux parents d’être des enseignants mais leur rôle complémentaire est primordial, surtout chez les plus jeunes. Travail, télé-travail, famille, apprentissage, devoirs, technologie… On patine. Le système prend des décisions parmi lesquelles on décide d’éliminer les épreuves ministérielles, les examens de fin d’année et, détail important, les notes des élèves en date de la mi-mars ne peuvent qu’augmenter. Bref, toutes les évaluations sont formatives pour finir l’année. Nouvelle trajectoire pour le système. Est-ce qu’on baissait la barre?

Rentrée 2020, la gestion sanitaire prend toute notre énergie. Et du temps. Beaucoup de temps. On prend conscience de la nouvelle réalité. Ça demande de l’énergie et ça suscite des émotions. Mais on entend des élèves de maternelle dire : « Madame, t’es belle avec ton maks. » On est ensemble, en bulles sociales, mais ensemble. Enfin. C’est comme avant, mais avec un masque. Non. Pas du tout. On parle partout de bienveillance, de santé mentale et de bien-être. Est-ce qu’on baisse la barre?

Octobre 2020, on gère les cas positifs et les 14 jours de confinement. Les gens sont fatigués et la 2e vague arrive. Au Québec, on passe de 3 à 2 bulletins. En Ontario, plusieurs milieux annulent les examens de fin de semestre. Est-ce qu’on baisse la barre?

Quand je relis ces derniers paragraphes, je me dis que ce qui a été accompli en éducation depuis le début de la pandémie est rien de moins qu’extraordinaire.

Le réflexe traditionnel

Or le réflexe traditionnel (institutionnel) est de penser qu’on baisse la barre lorsqu’on arrête de mesurer l’apprentissage, quand on arrête de demander à nos élèves (et aux enseignants) de performer, comme le suggère cet article de la semaine dernière. Comme si l’apprentissage (ou la valeur) des gens (ou de leur travail) se limitait à ce qu’on mesure (aux données). Il faut donner le temps aux carottes de pousser, même si on a hâte de récolter. Le réflexe traditionnel est de penser que les élèves ont déjà pris beaucoup de retard dans leur apprentissage pour toutes les raisons qu’on connaît. On a l’impression que les carottes n’ont pas poussé. Quand on y pense, le seul endroit où les élèves peuvent être en retard, c’est à l’école. En retard selon une conception bien rigide du développement de l’enfant. Ils ne sont pas en retard dans la vraie vie pourtant. Ils sont là où ils sont rendus. Agissons là-dessus!

Monter la barre graduellement

Et si un niveau de conscience différent nous amenait à voir que nous sommes en fait en train de monter la barre graduellement en éducation. Est-ce possible de voir ça autrement? Je crois sincèrement que cette nouvelle trajectoire nous mène déjà vers une éducation bienveillante, humaine et personnelle où ce qui compte, c’est la réalisation de soi. Le devenir, pas la performance. On crée les conditions pour que les carottes poussent, quoi. On parle habituellement de savoir-être de savoir et de savoir-faire en éducation, mais s’ajoute à cela le savoir-devenir. Parce que toute notre vie on devient. Et il n’y a pas de fil d’arrivée. Le savoir-devenir, c’est ce qu’on vise pour nos élèves dans l’école d’aujourd’hui. Non? Ça m’amène à me poser diverses questions en lien avec la cohérence également :

  • Qu’est-ce qui est important dans l’école d’aujourd’hui? (orientations)
  • Comment évoluons-nous entre collègues dans l’école d’aujourd’hui? (collaboration)
  • En quoi l’école d’aujourd’hui prépare-t-elle à la vraie vie? (pédagogie et apprentissage en profondeur)
  • Qu’est-ce qu’on veut mesurer ou monitorer dans l’école d’aujourd’hui? (reddition de compte)

Une nouvelle trajectoire

Comme le disait Sir Ken Robinson, « The real role of leadership in education… is not and should not be command and control. The real role of leadership is climate control, creating a climate of possibility. » N’est-ce pas sur cette trajectoire que le leadership actuel est en train de nous placer? Je crois qu’on doit continuer ensemble sur cette trajectoire où l’évaluation, le nerf de la guerre, sert surtout à informer nos prochaines étapes. Les nôtres et celles de nos élèves. C’est ici que la documentation pédagogique (et professionnelle) prend tout son sens.

« The real role of leadership in education… is not and should not be command and control. The real role of leadership is climate control, creating a climate of possibility. » Sir Ken Robinson

Imaginer l’impact

Un constat que j’ai fait au fil du temps, c’est que notre savoir expérientiel vaut la peine d’être partagé. C’est pourquoi j’ai décidé de créer le podcast Tout le monde est un leader. Pour donner une voix à des collègues et les amener à partager leur vécu, leur devenir. Le simple fait d’essayer de mettre des mots sur sa pratique nous fait évoluer. Et on ne sait jamais quel collègue peut nous amener plus loin dans notre réflexion; on ne sait jamais quel collègue on peut aider. Lorsqu’on prend le temps de partager nos réflexions, on donne aussi la permission à nos collègues de faire la même chose. Imaginez si tous les acteurs en éducation documentaient leur évolution présentement. Quel impact cela aurait-il sur l’amélioration continue du système d’éducation? Un billet par semestre? Un par année? Un par mois? Le format et la fréquence sont sans importance. L’idée, c’est de commencer à documenter. « Oui mais Marius, ça prend du temps, ça. » Oui. Ce qui vaut la peine d’être fait demande habituellement du temps et de l’énergie. Comme le disait Maude Lamoureux lors de son excellente conférence à Clair 2019 : « Accorder du temps à quelque chose, c’est lui accorder de la valeur. »

La transformation de l’éducation, c’est dans l’aujourd’hui que ça se passe et c’est déjà commencé. C’est tout ce qui compte. Se demander combien de temps ça va prendre est une question légitime. Mais se demander jusqu’où on peut aller ensemble est une question tellement plus intéressante.

Alors, on baisse ou on monte la barre présentement?

Merci de vos commentaires

Maslow avant Bloom ? #onestCAPAB !

Habituellement, la rentrée scolaire nous permet de donner le ton à l’année. On se prépare, on accueille les élèves et on décolle. Dans le contexte actuel, c’est la même chose. Sauf que cette année, il y a beaucoup de brouillard, comme le disait Alexandre Audet dans son récent billet. En effet, la gestion sanitaire a des incidences sur tellement d’aspects de l’éducation. De dire que c’est toute une tâche de gestion ne rend pas justice à ce que ça exige réellement de toutes les personnes impliquées. Or je crois que derrière ce défi, plusieurs possibilités nous attendent. Dont la nécessité de revenir à l’essentiel. J’ai eu la chance d’accompagner quelques écoles pour la rentrée, et on voit poindre un nouvelle réalité pour l’éducation, dont la visée, globalement, est le sommet de la pyramide de Maslow à en lire les profils de sortie de l’élève. Lorsqu’on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut éliminer plusieurs choses. En bout de ligne, pour qu’il y ait éducation, il doit y avoir un enseignant et un élève, en relation. Ça part de là. Il y a longtemps qu’on a vu nos élèves en personne. J’entends déjà certains initier la conversation avec leurs élèves : «Et puis, beau congé de mars? Lol. » C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom. Enseigner est un verbe transitif direct. On enseigne quelque chose… à quelqu’un. Ce « à quelqu’un», c’est notre pourquoi. 

«C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom.» @bourmu

Depuis le 13 mars, c’est comme si la vie nous renvoyait à l’essentiel. Passer du temps avec nos proches, prendre conscience de ce qui compte pour nous… et, peut-être, repenser l’éducation. Quand l’habituel n’est plus possible… Dans sa Lettre aux élèves, Stéphane Laporte lance une invitation aux élèves : «Moi, je veux juste vous dire une chose : n’allez pas à l’école pour plus tard, allez-y pour tout de suite. Peu importe vos notes, l’important, c’est de chanter. L’école, ce n’est pas seulement un avenir, l’école, c’est surtout un présent. Un présent qui dure longtemps. Un présent qui vous mène autour de 20 ans. On ne peut pas vivre tout ce temps en attendant. En attendant que ça finisse.»

En lisant cela, je me dis qu’entre adultes, nous non plus on ne peut pas aller à l’école en attendant que ça finisse. Notre carrière ou la COVID-19. Je nous lance donc une invitation, à nous les adultes en éducation. Je nous invite à vivre cette rentrée, cette année scolaire, fermement installés dans le moment présent en nous posant une question bien simple : Que devons-nous devenir pour que l’éducation soit, comme le dit si bien Stéphane Laporte, un présent pour tous les apprenants (y compris les adultes)?

Pour nous aider à dissiper le brouillard qui vient avec la rentrée de cette année, je vous propose très brièvement un modèle en 5 étapes, qu’on peut voir comme des axes d’intervention. 

CLARTÉ

Devant l’inconnu, nous sommes tous en quête de clarté. Plus on réussit à être clair sur ce qui est attendu de tous, plus le sentiment d’être capable d’agir sur sa réalité augmente.  Voici donc 4 questions à vous poser individuellement et en équipe afin d’amener de la clarté dans votre quotidien. Pour vous et pour les autres.

  1. Qu’est-ce qui est requis? Ici, on prend conscience de la nouvelle réalité. On peut voir cette nouvelle réalité comme la résistance extérieure nécessaire pour nous aider à grandir, à devenir.
  2. Qu’est-ce qui est possible? Ici, on prend conscience de nos options dans la nouvelle réalité. C’est un terreau fertile pour l’innovation.
  3. Comment je veux me sentir? Plus je résiste intérieurement à ce qui se passe autour de moi, plus je souffre intérieurement. C’est un choix. J’ai hâte que ça finisse ou j’accueille ce qui est.
  4. Quelles actions sont dans ma zone de contrôle? Tout se passe dans le moment présent et notre pouvoir d’action se trouve dans notre zone de contrôle.

ACCUEIL

Ici, on accueille l’autre. Le collègue, l’élève, le parent. On prend conscience de ses émotions, de ses besoins et de ses croyances. C’est le point de départ de notre année scolaire. Est-ce que l’autre croit qu’il peut progresser dans le contexte actuel? Croyons-nous que tous nos élèves peuvent progresser grâce à ce que nous faisons pour les soutenir dans cette rentrée scolaire différente? Quels mots utiliserons-nous pour décrire notre nouvelle réalité? 

POSTURE

Vous aurez deviné qu’une posture d’apprenant à vie est requise pour s’épanouir en éducation présentement. Sommes-nous prêts à accepter l’imperfection? La nôtre et celle des autres? Ça exige une mentalité de croissance. On doit également demander l’engagement de tous, parce qu’on a besoin de tout le monde pour y arriver. Lorsqu’on demande l’engagement, on obtient une réponse. Ça a le mérite d’être clair. On parle de l’école d’avant ou on crée ensemble l’école de maintenant? Tout le monde doit faire sa part. Quelle belle opportunité cette année d’enseigner la responsabilité à nos élèves et de co-construire avec eux l’école de maintenant.

ACTION

Le plan ne sera pas parfait, on le voit, ça change presque tous les jours. C’est parce que les arbres sont proches pour tout le monde. C’est normal, c’est notre première rentrée comme celle-là. Personne n’est expert en «rentrée scolaire 2020-2021». Alors on va observer, on va écouter. C’est comme ça que tout devient clair, petit à petit. L’important, c’est de passer à l’action. C’est dans l’action qu’on a de l’impact sur les personnes qui nous sont confiées. Cette année, une des choses les plus importantes que nous enseignerons à nos élèves, c’est à quoi ressemble un apprenant qui apprend quelque chose pour une première fois. La mentalité de croissance, ça a l’air de ça en action. Que voulons-nous modeler pour nos élèves? Qu’est-ce que nos élèves apprendront en nous observant?

BIENVEILLANCE

Finalement, la bienveillance. On veut vivre tout ça positivement. On veut que notre présence ajoute de la valeur aux autres. Pour faire ça, il faut être présent, s’encourager et surcommuniquer la clarté, comme disait Lencioni dans The Advantage. Ça veut dire qu’on souhaite créer un climat scolaire positif mais il faut aussi être capable de se dire les ajustements qui sont nécessaires. Ça ne veut pas dire qu’on est méchant ou qu’on ne s’aime plus si ça change ou si on est invité à faire X plutôt que Y. On revient à la clarté. Qu’est-ce qu’on veut surcommuniquer présentement?

Lorsqu’on regarde la première lettre de chacun des axes, ça fait CAPAB. Yes 🙂 C’est parce que #onestCAPAB. Non seulement de vivre la rentrée positivement mais de créer l’école de maintenant. Qu’on soit d’accord ou non, c’est dans l’école de maintenant que l’éducation est un présent ou non pour tous les apprenants.

Bonne rentrée 🙂

21 leçons de leadership apprises durant la pandémie et à réinvestir en éducation

21 leçons de leadership apprises durant la pandémie et à réinvestir en éducation

Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons l’occasion d’observer les dirigeants des pays et des provinces. En effet, nous avons la chance d’observer le leadership en action. J’ai identifié 21 leçons de leadership que nous pouvons réinvestir en éducation. Je vous propose également quelques questions pour nourrir votre réflexion. J’inclus finalement un visuel, si ça peut vous être utile 🙂 Bonne lecture! 

21 leçons de leadership – Format PDF à imprimer

1. Agir vite même si tout n’est pas clair 

Dès le début, il fallait agir vite. Il fallait prendre des décisions, même si tout n’était pas clair. Ça ne doit pas être évident de décider de placer la population en confinement, surtout quand tout n’est pas clair ou lorsqu’on fait face à l’inconnu. Malgré tout, je pense qu’on peut toujours voir notre prochain pas, même si tous les autres pas ne sont pas encore bien clairs. On prend la meilleure décision aujourd’hui, avec les informations disponibles, en faisant la balance entre les avantages et les inconvénients de nos décisions. Ce qui est intéressant, c’est que tous les prochains pas se cachent dans le premier pas. Le deuxième pas se révèle seulement après qu’on a pris le premier.

Quel prochain pas pourrions-nous faire en éducation, même si ce n’est pas encore tout à fait clair?

2. Reconnaître et nommer la réalité

Les dirigeants ont vite mis des mots sur la réalité. «Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible.», nous a-t-on dit. Les mots qu’on choisit donnent tout son sens et toute sa portée à la réalité. Max DePree affirme que : « La première responsabilité d’un leader est de définir la réalité.» Nos leaders l’ont fait dès le début et ça mettait la table pour toutes les mesures qui devaient être prises et les annonces qui devaient être faites pour contre-attaquer. La réalité de la crise sanitaire a transformé la réalité du grand monde de l’éducation depuis quelques mois. La crise sanitaire sera certainement temporaire, mais son impact sur l’éducation le sera-t-il, lui?

Quelle est la réalité présentement en éducation?

3. Donner des mots à dire

Sitôt la réalité bien définie, nos leaders ont pris soin de notre discours (intérieur) en nous donnant des mots à se dire entre nous : «Ça va bien aller.» Implicitement, ça voulait dire : «Pas de panique.» Un arc-en-ciel a vite accompagné ces mots. Une image vaut mille mots. En période de crise ou de défi, il est important de donner des mots à dire aux gens. Sinon les gens vont eux-mêmes choisir leurs mots et ces mots reflèteront certainement leur état affectif du moment. La tournure peut être beaucoup moins positive et avoir des effets très néfastes sur l’état d’esprit, le moral et le bien-être de toute la population. Présentement, plusieurs se questionnent sur les meilleures actions à poser pour terminer l’année scolaire sur une note positive. D’autres pensent déjà à la rentrée. C’est normal.

Quels mots voulons-nous donner à dire aux élèves, aux parents, au personnel, aux collègues présentement?

4. Faire preuve de transparence

Nos leaders nous ont vite avoué qu’ils ne savaient pas tout. Qu’ils ne savaient pas précisément comment nous allions être affectés par la COVID-19, combien de temps ça allait durer, si le système de la santé allait pouvoir tenir le coup, si nous avions assez de masques et de respirateurs… Nos leaders nous ont avoué ce qu’ils ne savaient pas. La vérité et l’honnêteté, c’est rassurant dans un sens. Pour gagner une partie de hockey, il faut savoir le vrai pointage. Même si on tire de l’arrière. Toute vérité n’est pas bonne à dire mais la transparence crée un climat de confiance.

Qu’est-ce que nous n’osons pas dire présentement?

5. Communiquer de façon authentique

Tous les jours, les communications des leaders sont diffusés à la télévision et dans les médias sociaux. Nous avons la chance de voir les différents styles de communication. Certains lisent clairement un texte qui a été soigneusement rédigé. D’autres communiquent de façon beaucoup plus authentique. Ils communiquent de façon très précises et structurée mais on sent que ça vient du coeur. Qu’est-ce qui mène un leader à choisir une approche plutôt qu’une autre? Le contrôle du message? La peur de se tromper ou de dire quelque chose qui n’a pas été approuvé? Le sentiment de vulnérabilité? Personnellement, je préfère de loin écouter un message senti, qui vient du coeur. Le côté humain d’un leader quoi. Le message scripté n’est pas conçu pour la version intégrale d’une communication orale, à mon avis.

Qu’est-ce qui nous empêche de communiquer de façon authentique?

6. Surcommuniquer avec clarté

C’était plus flagrant au cours du premier mois de la pandémie, mais tous les jours on nous répétait les mêmes informations. La stratégie pour vaincre la pandémie  : on reste chez nous, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. On aplatit la courbe. Et pour éviter que les gens soient indifférents à la courbe, on précise que quand on aplatit la courbe, on sauve des vies. Ce n’est pas un problème de mathématiques qu’on résout ensemble. De réelles vies sont en jeu. Combien de fois ces mots ont-ils été répétés. La répétition, le connu, ça rassure. Ils sont maintenant sur des affiches un peu partout sur le web et à l’entrée des commerces. Plus la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, plus on peut l’atteindre. C’est un principe clé en évaluation en éducation. Dans son livre The Advantage, Patrick Lencioni souligne l’importance de surcommuniquer avec clarté. 

Que devons-nous clarifier et surcommuniquer en éducation présentement?

7. Communiquer les priorités

Dès le début, la priorité était de tester, tester, tester. Les gens qui revenaient de voyage et les gens qui avaient les symptômes. C’est normal, il faut créer la courbe pour savoir si on progresse et si les mesures ont les effets recherchés. Au fil des semaines, les priorités évoluent mais la courbe demeure. La santé des personnes et de l’économie sont au coeur de toutes les décisions. Le pourquoi n’a pas changé en éducation, mais le comment a changé.

Quelles sont nos priorités présentement en éducation?

8. Identifier les activités essentielles

Dès le début, les leaders ont identifié les services essentiels tout en pesant les avantages et les inconvénients d’attribuer l’étiquette de service essentiel à des commerces comme la SAQ/LCBO. Les déplacements des gens ont été très limités et contrôlés. On n’a qu’à penser à la frontière, aux voyageurs qui ont tardé à revenir au pays, aux gens qui ont été confinés dans leur région. C’est normal, on voulait éviter la contamination communautaire et épargner le système de la santé. En éducation, on a réussi à se connecter avec les élèves et les familles et graduellement, l’apprentissage plus structuré a repris autour des apprentissages essentiels. Dans certains milieux, les élèves ont même commencé à revenir graduellement à l’école physiquement. Les évaluations systémiques et/ou sommatives ont été soit annulées ou rendues facultatives pour donner toute sa place à l’apprentissage. Ce qui va sûrement nourrir la réflexion sur la place de l’évaluation en éducation. 

Quelles activités sont essentielles présentement en éducation?

9. S’appuyer sur les données, pas sur les perceptions 

La courbe permet aux leaders de prendre des décisions objectivement. Pas sur des «Je pense… Je crois… Selon moi…» Les données justifient les mesures qui sont mises en place pour contrer la COVID-19 et pour soutenir l’économie, entre autre. Cette année en éducation, plusieurs données de fin d’année ne seront pas générées. Il y aura donc absence de certaines données sur lesquelles nous nous appuyons habituellement en juin et à la rentrée scolaire.

Quel impact les données ont-elles sur nos pratiques habituellement?

Quel impact l’absence de données aura-t-elle sur nos pratiques?

10. La courbe est plus importante que les données du jour.

Tous les jours, une mise à jour est faite relativement aux nouveaux cas, aux décès et aux personnes rétablies. Or malgré les données du jour, la courbe est toujours plus importante. Elle nous indique si les mesures mises en place fonctionnent. La courbe indique la trajectoire. Chaque province a sa courbe. On peut les voir sur ce site. En éducation, nous accordons habituellement beaucoup d’importance aux données générées un jour donné. Le jour d’un examen, le jour d’un test quelconque, comme le test Otis-Lennon. Un test, un jour et l’élève est doué ou non. Or qu’en est-il de la trajectoire de nos élèves, de nos écoles, de notre système? Je réfléchis à cette réalité dans Progrès : performance ou trajectoire?.

Quelle importance accordons-nous à la trajectoire en éducation?

11. Derrière les statistiques, il y a de vraies personnes.

L’objectivité a ses avantages en matière de décisions mais derrière les données, il y a des histoires, des personnes, des vies qui sont bousculées ou qui prennent fin à cause de la COVID-19. On n’a qu’à penser à la situation des personnes âgées. Ça ne laisse personne indifférent. Certains leaders offrents quotidiennement leurs sincères condoléances aux familles concernées. En éducation, c’est facile de regarder les données et de se dire que «Il y en a…» Il y en a des élèves en difficulté. Il y en a des élèves qui apprennent moins vite que les autres. Il y en a qui n’ont pas tout ce qu’il faut à la maison pour soutenir leur développement. Il y en a qui ont de la difficulté à se faire des amis. Il y en a qui n’obtiennent pas leur diplôme… Il y en a. Et plusieurs rôles d’appui et complémentaires sont créés dans notre système parce qu’«il y en a». Mais on fait quoi avec l’élève qui n’apprend pas aussi bien que les autres? On fait quoi quand un élève qui est intimidé ou laissé de côté de façon systématique par les autres élèves? Qu’est-ce qu’on fait avec les «il y en a»? À l’impossible, nul n’est tenu. Mais si on se laisse émouvoir par l’histoire de certains élèves ou de certains collègues (il y en a, ici aussi), cela nous donne accès à ce qu’il y a de plus puissant en éducation, l’émotion humaine. Il n’y a pas grand-chose à l’épreuve d’un coeur ému. 

Qu’est-ce qui nous émeut en éducation?

12. Reconnaître et nommer les émotions que nous ressentons tous

Nos leaders ont aussi reconnu et nommé les émotions que nous ressentons tous. La crainte, la peur, la tristesse, l’anxiété. On nous a même dit que c’était normal. Lorsqu’on reconnaît et qu’on nomme les émotions que ressentent les gens, c’est un peu comme si on leur donnait la permission de ressentir ce qu’ils ressentent. C’est aussi une façon de communiquer notre empathie.

Comment se sentent les gens que nous servons présentement?

13. Se comparer à soi-même

Nos leaders nous ont dit qu’on ne peut pas se comparer aux autres provinces ou autres régions. Parce que ce qu’on vit est différent, le contexte est différent et les stratégies ou les mesures sont différentes. Le comportement des citoyens ou le respect de la prescription est différent aussi, d’une région à l’autre et d’une province à l’autre. La courbe nous aide à identifier notre trajectoire, nos progrès et l’efficacité de nos actions. Il serait donc injuste et futile de se comparer aux autres. Même chose en éducation. La comparaison entre les systèmes est facile mais n’aide personne. Ce que je remarque, c’est que le système de l’éducation a fait des progrès énormes en matière d’intégration des technologies au service de l’apprentissage au cours des derniers mois. Comme pour la pandémie, personne n’avait le même point de départ, personne n’avait exactement le même contexte. On est encore loin de la situation idéale pour l’enseignement à distance. Mais tout le monde a progressé malgré le fait que personne n’a eu le temps de se préparer. C’est quand même quelque chose.

Quelles sont les preuves que nous progressons en éducation?

14. Créer des occasions pour donner une voix aux personnes

Tous les jours, à la même heure, nos leaders nous offrent une mise à jour en direct. Ces rendez-vous quotidiens créent de la prévisibilité dans un contexte où l’imprévisibilité règne présentement. Les leaders offrent même aux journalistes l’occasion de leur poser des questions. Les journaliste représentent la voix du public. Quand les gens questionnent, ce n’est pas nécessairement par résistance. Ils communiquent simplement les choses qui les préoccupent ou les questions qu’ils se posent. Les gens veulent entendre leurs leaders et ils veulent aussi être écoutés. En éducation, c’est la même chose, or les structures de collaboration et de communication ont changé par la force des choses.

Quelles occasions pourrions-nous créer ou saisir pour réellement communiquer entre nous?

15. Responsabiliser – Autonomiser – Soutenir

Malgré le souhait de certaines personnes, les leaders n’ont pas imposé les respect de la prescription dès le début. Ils ont plutôt fait appel à la bonne volonté et au devoir des citoyens. Nous sommes tous responsables de respecter les directives de distanciation sanitaire. Nous sommes autonomes. Les leaders nous soutiennent dans cette démarche. Ces trois verbes : Responsabiliser – Autonomiser – Soutenir, sont des verbes clés en éducation, à mon avis. Ce sont des verbes clés pour développer les personnes autour de nous.

Comment ça se passe dans notre milieu?

16. Communiquer comment on répond aux besoins des gens 

Quotidiennement, nos leaders nous communiquent leurs attentes et écoutent nos questions et nos préoccupations. Si bien qu’ils prennent aussi le temps de nous communiquer clairement ce qu’ils font pour répondre à nos besoins. Au début, c’était le retour des voyageurs, les masques, les respirateurs, les 2000$ par mois… Les besoins évoluent et les leaders continuent de communiquer comment ils répondent aux besoins des gens. En éducation présentement, on pense aux élèves à besoins particuliers, au fameux «trou dans l’apprentissage», aux finissants, aux camps d’été…

Comment déterminons-nous les réels besoins des personnes qui nous sont confiées présentement?

17. L’objectif commun est plus important que le rôle de chacun. 

Les personnes qui travaillent pour le service de la santé ou pour les services essentiels ont depuis le début un rôle très actif pour combattre la COVID-19 tout en permettant à l’ensemble de la population de continuer à vivre mais en situation de confinement. Nous assistons présentement à un déconfinement graduel mais lorsqu’on y pense, le rôle de la plupart des gens depuis le début de la crise est d’être passif. Simple mais pas facile, j’en conviens. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. Rester chez soi n’est pas un rôle très reluisant ou valorisant. C’est pourtant un rôle très important. Or l’objectif commun, c’est de vaincre la COVID-19. Je vous épargne ici tout ce qu’on veut éviter aussi. Tous les rôles sont importants. Mais le rôle n’est pas aussi important que l’objectif collectif. En éducation, c’est la même chose. Tous les rôles sont importants. Mais aucun rôle n’est plus important que l’objectif commun.

Quels sont nos objectifs communs?

Comment sommes-nous en train de contribuer à nos objectifs communs?

18. Remercier et souligner la contribution de rôles spécifiques 

Toutes les personnes sont importantes. Tous les rôles sont importants. Plusieurs leaders remercient quotidiennement des rôles, des personnes ou des groupes spécifiques. C’est important. Ce n’est pas différent en éducation. Surtout présentement. Un bon critère pour déterminer si une personne a besoin d’encouragement : elle respire. Si une personne respire, elle a besoin d’encouragement. 

Qui avons-nous besoin de remercier présentement?

19. Nous sommes tous capables d’appliquer la prescription. 

Depuis le début, toute la population est capable d’appliquer la prescription. Tout le monde est capable de faire ce qui est demandé. Aucune formation n’est requise mais la constance est de mise. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à 2 mètres. Lorsqu’on réfléchit à nos objectifs communs en éducation, est-ce que tout le monde est capable d’appliquer la prescription? La question se pose.

Quel est notre sentiment d’efficacité personnelle face aux nouvelles initiatives et au contexte actuel en éducation?

20. Tout se passe dans le moment présent. 

Lorsqu’on réfléchit à la prescription, ce n’est pas ce que j’ai fait hier ou ce que je ferai demain qui compte. C’est ma façon de respecter la prescription à tous les instants. Ça demande de l’intentionnalité. Tout se passe dans le moment présent. En éducation, c’est exactement la même chose. L’impact sur l’apprentissage de l’élève se fait toujours dans le moment présent. C’est le seul «endroit» où on peut agir.

Nous avons besoin d’être plus intentionnels dans quels aspects de notre pratique?

21. Arrêter de faire certaines choses peut nous aider à relever le défi 

Le confinement sanitaire nous a amenés à arrêter de faire une panoplie de choses. La COVID-19 a confiné les humains. Ce n’est pas facile à vivre mais plusieurs impact positifs sur l’environnement, entre autre, ont été observés très tôt dans la période de confinement. On n’a qu’à penser aux canaux à Venise où on pouvait voir le fond de l’eau et des poissons qu’on ne voyait pas habituellement. Qui l’eût cru? Arrêter de se déplacer et garder une distance sanitaire a des effets positifs présentement. En éducation, l’innovation commence parfois lorsqu’on arrête de faire des choses qui ne fonctionnent plus. Certaines pratiques ont été laissées de côté pour l’instant.

Quels effets positifs peut-on observer?

Qu’est-ce que nous pourrions arrêter de faire en éducation?

Présentement, nous parlons tous de la COVID-19. C’est normal. Il est facile de créer du momentum et de collaborer lorsque tout le monde se sent interpellé, quand tout le monde vit la même chose et parle de la même chose. 

Combien d’énergie et de ressources financières auraient été requises en temps normal pour faire tous les changements qui ont été faits en moins de 3 mois partout en éducation?

La rentrée scolaire 2020-2021 viendra très vite et tout indique que la crise sanitaire ne sera pas terminée. 

Quelle(s) conversation(s) allons-nous avoir pour terminer l’année scolaire sur une note positive et pour aligner nos flèches dès la rentrée? 

Comment ces 21 leçons de leadership peuvent-elles nous appuyer?

Merci de vos commentaires et bonne fin d’année 🙂

21 leçons de leadership

Ça va prendre un chapeau d’apprenant!

Malgré les temps incertains que nous vivons tous présentement, le grand monde de l’éducation se prépare à faciliter, du mieux qu’il peut, l’apprentissage à distance pour tous les élèves. La tâche n’a jamais été aussi authentique. Je m’explique plus loin. En plus de stimuler des apprentissages, ces efforts aideront certainement les élèves à passer à l’année suivante. Les plus vieux pourront également, on l’espère, obtenir leurs crédits et les finissants, leur diplôme. Tout ça, dans un contexte bien inhabituel.

La réalité

En situation de confinement, par le biais d’outils technologiques, les élèves communiqueront avec leurs enseignants et recevront des «travaux» à faire à la maison. De leur côté, les parents de ces enfants, plusieurs en contexte de télétravail, aideront leurs enfants du mieux qu’ils peuvent, en s’appuyant sur les consignes et les outils mis à leur disposition par les écoles et les conseils scolaires. De leur côté, les enseignants feront du mieux qu’ils peuvent pour faciliter l’apprentissage de tous leurs élèves. Plusieurs enseignants ont déjà en place des environnements d’apprentissage numériques avec leurs élèves, pour d’autres, ce sera une initiation aux rouages de la pédagogie numérique à distance. Plusieurs enseignants ont des enfants : on parlera donc beaucoup d’école dans ces foyers.

Une nouvelle courbe se pointe

Au-delà de la COVID-19, de la nécessaire utilisation du numérique et de la pédagogie numérique, ce qui est particulier dans cette situation, c’est qu’enfants et adultes auront plusieurs chapeaux à porter en même temps, tout le temps. Individu; père/mère, conjoint/conjointe, enseignant/enseignante, travailleur/travailleuse; enfant, fils/fille, élève. C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 Je me demande qui va apprendre le plus dans cette situation. Les élèves? Les parents? Les enseignants? Le système? Parce que le système aussi va apprendre. Une chose est certaine, c’est que nous allons tous partager un même chapeau : le chapeau d’apprenant. Pour tout le monde, une nouvelle courbe se pointe. Une courbe d’apprentissage. The comfort zone has left the building. Tout le monde fera ce qu’il peut. Empathie.

C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 – @bourmu

Il est où le programme, il est où?

En éducation, les matières scolaires sont décontextualisées et enseignées en silos pour en faciliter la livraison, ce qui fait qu’un de nos défis est d’offrir des tâches authentiques à nos élèves. Des tâches contextualisées, à même une matière scolaire ou en intégrant des matières. Présentement, tous nos chapeaux sont intégrés dans nos foyers. Prenez deux minutes pour regarder autour de vous. Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. En matière de différenciation pédagogique, on différencie habituellement le contenu, le processus et/ou le produit. Les trois sont à notre portée dès maintenant. Pourquoi ne pas inviter les élèves à démontrer l’étendue de leur apprentissage en leur permettant de faire des liens avec ce qu’ils vivent présentement. Et imaginez si une tâche d’envergure pouvait servir dans plus d’un cours, pour les élèves du secondaire… La tâche n’aurait jamais été aussi authentique et différenciée. Il est là le programme, il est là!

Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. – @bourmu

Avant d’entrer dans le programme habituel

Le réflexe institutionnel pourrait par contre nous amener à vouloir, si ce n’est déjà fait, établir une «connexion» avec tous les élèves, tous les foyers afin de réussir à assigner des tâches le plus rapidement possible. Particulièrement chez les plus vieux, où on vise l’accumulation de crédits et/ou la diplomation. Ça se comprend. Habituellement, peu importe ce qui se passe dans le monde, on enseigne ce qui se trouve au programme. Ceci dit, la pédagogie numérique sera déployée dans un contexte bien inhabituel et les parents seront nos alliés précieux plus que jamais. La technologie également. Mais si j’avais à enseigner à distance à partir de demain matin, peu importe le niveau ou la matière scolaire, voici des questions qui pourraient servir à établir la «connexion» et les conditions pour initier une pédagogie au service de l’apprentissage de mes élèves, avant d’entrer dans le programme habituel, à distance :

  1. Comment ça va?
  2. Raconte-moi une activité inhabituelle positive que tu as vécue depuis que nous sommes en confinement?
  3. Présentement, à quoi ressemble une journée typique pour toi?
  4. Quelle partie de la journée préfères-tu?
  5. Quelles questions te poses-tu en lien avec tout ce que nous vivons présentement?
  6. Qu’est-ce qui t’inquiète?
  7. Quelles nouvelles responsabilités as-tu à la maison?
  8. Qu’as-tu appris depuis le début du confinement?
  9. Qu’est-ce qui te manque le plus?
  10. Qu’est-ce que je peux faire pour faciliter ton apprentissage à distance?
  11. Qu’est-ce que tu peux faire pour apprendre à distance?
  12. Qu’est-ce que tes parents peuvent faire pour faciliter ton apprentissage à distance?

Quoi qu’il en soit, je nous souhaite bon courage, beaucoup d’empathie et surtout, beaucoup d’apprentissage dans les prochaines semaines.

Imaginez tout ce qu’on va apprendre. Par la force des choses, comme je l’écrivais dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête, nous allons découvrir de nouvelles lunettes dans les prochaines semaines. Mais ça va prendre un chapeau d’apprenant.

C’est pour ça qu’on fait ça, les amis.

Ça va… Ça va aller comme ça peut aller.

Et c’est de toute beauté.

À go, on met notre chapeau d’apprenant.

Go!

 

C’est impensable…

C’est impensable…

C’est quelque chose ce qu’on vit présentement. C’est impensable. Tout le monde est sur pause. Tout le monde est sur le qui-vive. On vit tous la même chose en même temps. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à deux mètres des autres. On aplatit la courbe. Je n’ai jamais vu ça. Avec l’évolution des dernières semaines, j’observe les leaders des pays, des provinces, des municipalités… Je me rends compte à quel point le leadership est important. Je me rends surtout compte à quel point les vies humaines sont précieuses aux yeux du système, aux yeux de nos dirigeants. Ça me touche. Le système, c’est du monde. Pour vrai.

On pourrait penser que c’est normal qu’on mette le monde sur pause pour sauver des vies, pour ne pas surtaxer le système de la santé. Ce l’est. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me touche de voir à quel point, quand tout devient sérieux, ce qui compte le plus, ce sont les personnes. Derrière les statistiques, il y a du vrai monde. Money is no object. Ça me donne énormément d’espoir. On dit que les situations comme celle que nous vivons nous permettent de voir de quoi sont faits les leaders. Ça nous permet également de voir de quoi nous sommes faits, vous et moi. J’aime ce que je vois. Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. Ça va bien aller, nous dit-on.

Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. – @bourmu

Mon billet d’aujourd’hui se veut un effort de trouver du positif dans l’impensable. Parce que c’est impensable ce qu’on vit présentement. Mais à un moment donné, nous serons de retour au travail. Et nous aurons le choix de continuer, comme avant. Nous pourrions aussi choisir une autre courbe, une autre trajectoire pour l’éducation. Mais ça nous demandera de faire des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables jusqu’à maintenant.

@bourmu (2)Voici donc quelques réalités que nous vivons présentement et comment ces réalités pourraient se vivre à notre retour «à la normale».

On s’éloigne – On va se rapprocher

Présentement, on s’éloigne physiquement des autres. C’est la prescription. Mais cette distanciation sociale a déjà créé une soif de rapprochement entre nous. On utilise la technologie pour tenter de se rapprocher. Je joue à Pictionnary à distance avec ma famille élargie. Pensez-y. Impensable avant la COVID-19. À notre retour dans nos établissements, nous aurons des histoires à nous raconter. Certains pourraient penser que les élèves auront un trou dans leur apprentissage à leur retour. On voudra se rapprocher et rattraper, pas seulement l’apprentissage et le programme, mais le temps perdu. Le temps que nous n’avons pas pu passer ensemble. Les défis nous rapprochent.

Tester, Tester, Tester! – Soutenir, Soutenir, Soutenir!

On peut comprendre l’importance de tester les gens présentement. Pas de tests, pas moyen de déterminer objectivement quelles mesures mettre en place et si elles fonctionnent. Pas de tests, pas de courbe, pas moyen de savoir où on en est et où on s’en va. Pas moyen de savoir si on progresse. Mais ici on se sert de la courbe pour être en mesure de mieux soutenir les gens. À notre retour, j’ose croire qu’on ne créera pas une course aux notes manquantes et qu’on choisira plutôt de se soutenir, soutenir, soutenir les uns les autres. C’est le but de l’éducation. Certains diront : « Oui! Mais comment? » Quelle belle question. Quel beau point de départ. Comment. Pas pourquoi.

On a le temps – On va prendre le temps

Présentement, on a le temps. On a l’embarras tu temps. Non structuré. La situation entourant la COVID-19 nous place en position de confinement, ce qui nous permet de passer beaucoup de temps avec nos êtres chers. On a le temps de réfléchir et on se retrouve face à soi-même. Ça remet les choses en perspective et ça nous permet de voir ce qui compte vraiment dans notre vie. De retour au travail, je pense qu’on va prendre le temps pour les choses qui comptent. Je pense qu’il va y avoir un moins grand écart entre notre liste de priorités et notre réel emploi du temps.

On annule les examens du ministère – On va repenser la place de l’évaluation en général

Dans le présent contexte, l’éducation a dû choisir de ne plus tester pour le moment. Ça enlève un stress. On peut comprendre pourquoi. Or ça stimule la réflexion. Arrêter de tester en éducation, c’est impensable. C’est dans notre ADN. Mais à notre retour, j’ose croire que la prescription sera de repenser la place de l’évaluation en général. L’éducation a besoin de sa courbe, aussi, pour progresser. Et si on se servait de la courbe créée par les diverses choses que l’éducation évalue pour soutenir le développement des personnes? Plutôt que pour les classer ou les sélectionner, entre autre… Est-ce si impensable?

On prend conscience de notre réalité – On va adopter de nouvelles habitudes

À force d’être en pause, on donne une pause à l’environnement. On fait de beaux constats. On se rend compte qu’on a de l’impact. On voit au fond de l’eau à Venise. Impensable. À force d’être en pause on se rend aussi compte à quel point on était peut-être trop souvent sur le pilote automatique. On doit prendre plein de nouvelles décisions au quotidien, parce qu’on est en pause. C’est curieux quand même. À plusieurs niveaux, c’est la planète au complet qui adopte déjà de nouvelles habitudes. À notre retour, je crois qu’on va continuer d’adopter de nouvelles habitudes et qu’on va changer la trajectoire du pilote automatique. Il y a des choses qui deviennent évidentes. Il faut simplement accepter de les voir et d’agir.

Tout le monde est uni et solidaire à cause de la COVID-19 – Tout le monde sera uni et solidaire grâce au leadership de tous

Évidemment, ce que nous vivons ensemble nous unit. On constate cette solidarité, pas parfaite, mais bien présente dans nos milieux respectifs. C’est beau à voir. Or le contexte actuel, personne ne l’a choisi. À notre retour, nous aurons le mandat de créer le contexte propice, dans notre zone de contrôle, pour façonner graduellement le prochain chapitre du grand monde de l’éducation. Le système, c’est du monde. Et on a besoin de tout notre monde pour y arriver.

PlatonNe pas avoir peur de la lumière

Je suis tombé sur cette citation de Platon récemment : « On peut aisément pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité; la vraie tragédie de la vie, c’est lorsque les hommes ont peur de la lumière. » 

Le contexte actuel nous permet de réfléchir et de remettre certaines choses en question dans nos vies personnelles et professionnelles. Ces réflexions nous permettront de mettre en lumière les prochaines étapes qui pourraient le mieux nous servir, nous, et le monde de l’éducation à notre retour. Il y a des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables… jusqu’à maintenant.

À notre retour au travail (en personne), rien n’est impensable. En fait, tout est possible!

Rappelons-nous que quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble.

Je pense qu’on sait quoi faire en éducation.

Il faut juste ne pas avoir peur de la lumière.

Ça va bien aller.

 

10 affirmations clés pour amorcer la nouvelle décennie

Comme vous le savez, avec l’arrivée de 2020, nous amorçons une nouvelle décennie. Ça m’amène à me poser des questions. Je me demande en quelle année nous pourrons arrêter de parler du 21e siècle. Je n’ai rien contre le 21e siècle, c’est juste que… tsé. Je me demande ce qui nous attend en éducation au cours des 10 prochaines années. C’est passionnant ce qui se passe présentement.

D’un point de vue personnel, je me demande aussi où je serai dans 10 ans. Outch. D’un côté, j’aime autant ne pas y penser. Mais d’un autre côté, je comprends très bien l’importance de l’intentionnalité. J’ai beaucoup réfléchi durant les Fêtes. Pour savoir où on va il faut parfois savoir d’où on vient. J’ai donc choisi de vous partager 10 affirmations qui ont été importantes pour moi au cours des 10 dernières années. Elles sont encore très importantes pour moi. J’espère qu’elles pourront vous aider à amorcer la nouvelle décennie avec du «oumf». Si vous doutez parfois de votre capacité, vous allez me comprendre… Je vous préviens : on est loin du leadership et des stratégies pédagogiques. Mais c’est important 🙂

Voici donc 10 affirmations qui peuvent soutenir un discours intérieur au service de vos plus grandes aspirations personnelles et professionnelles.

1. Je suis une merveille. 

Il est facile de s’émerveiller du monde qui nous entoure, de la nature, des accomplissements de nos collègues ou encore de nos enfants. Cette affirmation nous rappelle que nous faisons, nous aussi, partie de la création et que nous sommes merveilleux tels que nous le sommes.

2. Je suis unique.

S’intégrer et sentir qu’on fait partie de la gang, c’est important. Je ne sais pas si c’est parce que nous oeuvrons en éducation, mais l’idée d’entrer dans le moule (l’élève) est un facilitateur pour nous. Parfois, c’est comme si l’unicité des élèves compte surtout quand un élève est en difficulté. Cette affirmation nous invite à regarder ce qui se passe dans la société où l’unicité est un avantage économique important. Pour réussir à transformer l’éducation, je suis d’avis que nous devons faire valoir notre caractère unique. Parce que ce n’est pas ce que nous pouvons faire comme tous nos collègues qui nous amènera à innover. Il y a des choses qui vont exister en éducation parce que vous existez. Pas de pression 🙂

3. J’aime et je suis digne d’amour.

Qui ne veut pas offrir le meilleur de lui-même? Cette affirmation nous invite à nous rappeler que nos intentions sont bonnes, même quand nous échouons et que nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour mériter l’amour de quiconque. Point.

4. J’ai des talents à utiliser.

Avec toutes les initiatives innovantes en éducation, c’est tellement facile de remarquer ce que les autres font que nous ne faisons pas encore. Cette affirmation nous invite à mettre l’accent sur ce qui est déjà là et qui peut servir maintenant. Nos talents. On peut seulement jouer les cartes qu’on a. Et la parabole des Talents nous apprend qu’on perd ce qu’on n’utilise pas. Pensez-y.

5. J’ai des compétences à offrir.

Parfois, des idées nous viennent à l’esprit. Nous imaginons les possibilités. Pour l’éducation, pour les autres, pour soi. Après des moments de réflexion, parfois le doute s’installe. Serons-nous capables? Est-ce insensé? Cette affirmation nous invite à reconnaître que nous sous-estimons trop souvent notre niveau de compétence.

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6. J’ai tout ce qu’il me faut pour faire mon prochain pas.

Le contexte de changement et d’innovation dans lequel nous vivons requiert une certaine tolérance à l’ambiguïté. Même si nous ne voyons pas toujours clairement le chemin à suivre dans nos divers projets, cette affirmation nous rappelle qu’un prochain pas est toujours à notre portée.

7. Je peux toujours apprendre.

Il n’y a rien comme le moment où nous prenons conscience que nous ne savons pas… en tout cas pas encore. C’est à ce moment que nous pouvons parfois avoir l’impression que tel objectif est peut-être trop ambitieux pour nous. Cette affirmation nous rappelle qu’on n’a jamais fini d’apprendre et qu’on peut toujours apprendre. Il n’y a pas un livre qu’on ne peut pas lire; pas une formation qu’on ne peut pas suivre; pas un mentor qu’on ne peut pas rencontrer. Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut apprendre.

8. Je ne serais pas qui je suis sans mon passé.

Il est facile de regarder derrière et de se critiquer, de remettre en question telle ou telle décision ou d’être déçu de ne pas encore être rendu… Cette affirmation nous invite à reconnaître et à apprécier le chemin qui a façonné la personne que nous sommes aujourd’hui.

9. Je n’abandonne pas. Je fais autrement.

Il n’y a rien de plus stimulant que le début d’un nouveau projet ou la quête d’un nouvel objectif. Ce qui est moins stimulant, c’est quand on frappe un mur, quand rien ne semble fonctionner. Cette affirmation nous rappelle que dans un tel cas, on n’abandonne pas et on ne change pas d’objectif. On fait autrement. J’apprécie particulièrement cette affirmation. Elle a mené à la création d’escouadeÉDU. Un jour, je vous raconterai ça 🙂

10. Je réussis et je contribue.

On dit parfois que la réussite est un processus. Dans ce fameux processus, il est facile de ne pas voir qu’on réussit. Il est facile de ne pas reconnaître notre effort, notre discipline, notre résilience et notre progrès. Réussir, c’est ça. Cette affirmation nous invite à apprécier le processus qui mène à la réussite. Cette affirmation nous invite également à reconnaître que la réussite signifie que d’autres ont profité de notre présence. Je crois fermement que réussite et contribution vont main dans la main. Surtout en éducation.

J’espère sincèrement que ces 10 affirmations sauront vous aider au cours des 10 prochaines années.

Et vous, quelles affirmations sont importantes pour vous?

Merci de vos commentaires et bonne année 2020 🙂

Le progrès : performance ou trajectoire?

Déjà la fin novembre. Le mois des premiers bulletins. Le mois de la première communication formelle (rendement scolaire) entre l’école et la famille. Combien de discussions entourant le rendement scolaire ont eu lieu dans les maisons à l’heure du souper au cours des dernières semaines? Certaines discussions ont sûrement porté sur la note, la moyenne. Monitorage. Quand ton enfant apprend à la bonne vitesse, cette discussion se passe bien. Le parent peut même éprouver un certain sentiment de fierté. «Mon enfant est bon à l’école!» Dans d’autres cas, le parent vit l’inverse.

Entretenir une mentalité de croissance

Les discussions portent aussi sur les commentaires du bulletin et tout ce qui entoure le comportement, les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail de l’enfant. Cette discussion est importante. C’est ici qu’on façonne la mentalité de croissance de l’enfant. Ce sont souvent ces habiletés, ces habitudes qui expliquent le rendement scolaire de l’enfant. Dans certains milieux où le comportement et le rendement de l’élève servent à générer la note, les habitudes de travail et le comportement déterminent en grande partie la note de l’élève. Mais ce sera pour un autre billet. Alors c’est ici qu’on montre à l’enfant le lien entre ses habitudes de travail et son rendement scolaire. Selon Carol Dweck, l’erreur ici serait de simplement féliciter l’enfant pour ses bons résultats en lui disant qu’il est intelligent ou bon à l’école. Qu’arrive-t-il si l’enfant obtient une moins bonne note par après? Il n’est plus intelligent ou bon? Cette approche entretient une mentalité fixe.

Mettre l’accent sur les habitudes

On ne peut pas exiger de meilleurs résultats scolaires de son enfant sans lui montrer explicitement le moyen pour y arriver. L’enfant n’a aucun contrôle sur les résultats qu’il obtient. Mais il a le plein contrôle sur les efforts qu’il fournit, sur les habitudes de travail qu’il utilise, sur les habiletés d’apprentissage qu’il développe, sur sa motivation, sur la curiosité dont il fait preuve. L’intelligence se développe, ce n’est pas fixe. Un parent pourrait donc dire à son enfant : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? » Ce qu’on veut monitorer, ce sont les habitudes, les progrès, pas seulement le rendement. Regarder simplement le rendement, c’est comme de faire l’autopsie. Il est alors trop tard pour agir. Il y a de beaux liens à faire ici avec le Plan d’amélioration d’école / Projet éducatif et le monitorage dans les écoles. Ce sera pour un autre billet ça aussi 🙂

Un parent pourrait donc dire à son enfant : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? »

Progrès ou performance?

Dans certains milieux, le bulletin de novembre met l’accent sur les progrès des élèves. Les enseignants sont alors invités à porter un jugement au sujet de la progression des élèves. Est-ce que l’élève progresse très bien, bien ou avec difficulté? Même avec un bulletin comme celui-là, le jugement professionnel reste un défi. Comment arrive-t-on à déterminer si un élève progresse très bien, bien ou avec difficulté? Le système est conçu pour regarder le rendement, la performance. Dans bien des cas, un élève qui performe bien = un élève qui progresse bien ou très bien. C’est logique… mais pas toujours. Si au moment de porter un jugement, on regarde seulement la performance actuelle pour déterminer si un élève progresse, je pense qu’on passe à côté de notre mandat.

« Le mot progrès n’a aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux. » Albert Einstein

Tout est dans la trajectoire.

La performance actuelle d’un élève n’indique aucunement le chemin parcouru. Depuis septembre dans le cas du bulletin de novembre. Qu’est-ce qu’on communique à un nouvel arrivant qui apprend une nouvelle langue et une nouvelle culture, qui est sur une trajectoire (learning curve) incroyable, qui progresse très bien mais qui n’atteint pas encore la norme provinciale en matière de performance? D’un autre côté, qu’est-ce qu’on communique à l’élève démotivé qui, à la limite, nuit parfois à l’ambiance morale de l’école mais qui «réussit» bien? Je donne ici des exemples qui peuvent sembler extrêmes, mais chaque élève est différent. À mon avis, le progrès, c’est être en mouvement, en amélioration continue. Lorsqu’on atteint un niveau de performance élevé, c’est difficile de progresser. On parle alors de maintien ou d’entretien. C’est ici que les habitudes de travail sont importantes. Ce sont des indicateurs de constance, de réussite. L’élève peut alors faire tout ce qu’il est sensé faire sans toutefois augmenter sa performance. On pourrait donc affirmer que l’élève est sur une bonne trajectoire. Et n’est-ce pas la clé du progrès?

Les personnes plutôt que la matière

J’ai la chance d’accompagner plusieurs personnes en éducation. Et je peux affirmer que les personnes heureuses, celles qui trippent sur leur travail sont les personnes qui progressent, ce sont des personnes qui ont choisi une nouvelle trajectoire. Progresser, ça génère des émotions positives. J’ai vu une publication passer dans Facebook récemment qui disait quelque chose comme ceci : « L’école devrait enseigner aux enfants à être heureux. » Je pense qui si nous arrivons à mettre l’accent sur la trajectoire et les progrès de nos élèves, sur leur potentiel plutôt que sur leur performance actuelle, nous aurons alors choisi d’accorder une plus grande importance aux personnes qu’à la matière enseignée. Ce serait déjà un bon début. Vulnérabilité dites-vous? Yes! Moi je dis leadership.

Apprendre, ça rend heureux.

Toutes les écoles ont un plan d’amélioration. Je n’ai jamais vu une école avec un plan de maintien. Or peut-on vraiment parler d’amélioration ou de progrès si plusieurs de nos élèves (ou membres du personnel) sont malheureux? Je reprends une phrase du 3e paragraphe qui s’applique très bien à nous tous. Je vous invite à l’accueillir avec joie parce qu’elle est pleine d’amour : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? »

Les élèves ont besoin de modèles heureux pour apprendre à être heureux.

Merci de vos commentaires.

 

 

3 stratégies pour vivre le mois de novembre… autrement!

Dans mon vécu, le mois de novembre est sans contredit le mois qui me semble le plus difficile, pour plusieurs raisons. En novembre, et on l’a senti vendredi, les arbres laissent tomber leurs feuilles et se préparent à affronter l’hiver. En novembre dans les écoles, c’est le temps des bulletins. La première communication formelle qui explicite le fruit des efforts des élèves et de l’efficacité de nos stratégies. Si les arbres perdent leurs feuilles, nous, on perd un peu d’énergie. L’adrénaline de la rentrée et du «rush» des bulletins nous rend parfois plus fragiles. Les élèves aussi, en passant. En plus, on recule l’heure ce soir. Nous perdrons alors une heure de lumière en fin de journée, en route vers le solstice d’hiver.

Si les arbres perdent leurs feuilles, nous, on perd un peu d’énergie. @bourmu

Le pilote automatique?

Dans ce contexte, le naturel revient au galop! J’ai déjà entendu un collègue affirmer : «Après les bulletins, on met ça sur le pilote automatique jusqu’au congé des Fêtes.» Ça m’a obnubilé pour un moment. Je n’ai rien dit. Je n’ai pas osé. Or ce que cette phrase suggérait allait contre toutes mes croyances et mes convictions. Mettre sa pratique sur le pilote automatique, c’est à mon avis la pire chose à faire, surtout en novembre… surtout si on souhaite s’épanouir avec nos élèves au quotidien. Si la nature s’endort tranquillement en novembre, c’est tout le contraire qui est requis dans nos écoles.

Si la nature s'endort tranquillement en novembre, dans nos écoles, c'est tout le contraire qui est requis.

S’éteindre ou s’éveiller?

Mise en garde. Dans un état plus fatigué ou plus fragile, ce n’est pas le temps de jouer au super-héros non plus. Or les élèves vont bientôt recevoir leur premier bulletin. C’est le contexte tout désigné pour les amener à se fixer des objectifs personnels et pour les autonomiser. Et si on réussissait à éveiller le goût de l’apprentissage chez les élèves sans constamment avoir à obtenir leur attention ou leur engagement? C’est possible. Plusieurs le font. Mais il faut être intentionnel, car le naturel, parce qu’il est fatigué, cherche habituellement le calme, le contrôle, le silence… l’obéissance de l’élève. Ça éteint ou ça éveille, ça?

Mettre sa pratique sur le pilote automatique, c’est à mon avis la pire chose à faire, surtout en novembre. @bourmu

Vivre novembre autrement

Nous amorçons le mois de novembre. Certains s’épanouiront avec leurs élèves et leurs collègues alors que d’autres… moins. Qu’est-ce qui explique cette réalité?

Voici 3 stratégies pour vivre novembre autrement.

1- Changer de riff : Tout le monde a un style, qu’on pourrait comparer à un riff dans une chanson. Un rythme. En novembre, nos élèves et nos collègues connaissent notre riff. Nous devenons très prévisibles. Que pourriez-vous faire en novembre pour changer de riff? Pour changer l’ordre dans lequel vous concevez vos leçons, vos démarches, vos formations. Changer de riff, ça éveille. Ça stimule. Ça amène du piquant, du nouveau. Une façon très simple pour changer de riff, c’est de créer beaucoup de place pour les élèves dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. On peut, par exemple, prendre toutes les activités de compréhension de lecture (tout le monde a ça) et les transformer en activités de réflexion, en préparation à des conversations stimulantes en classe. Plutôt que de passer des périodes à vérifier les devoirs et à corriger (prof parle, élève écoute), on donne la parole aux élèves en structurant des conversations et des mises en commun qui éveillent la curiosité et mettent en lumière la richesse des différents points de vue.

2- Utiliser l’actualité pour animer des conversations avec les élèves ou même laisser les élèves animer les conversations, tout en faisant des liens avec le contenu du programme (concepts, thèmes, idées, valeurs, compétences…). Les guides pédagogiques de l’École branchée vous aident à créer des situations d’apprentissage signifiantes et ouvertes à partir de l’actualité. Les occasions d’éveiller le goût de l’apprentissage sont partout autour de nous. Il suffit d’en être conscient, de les saisir et de les intégrer à notre riff pédagogique.

3- S’appuyer sur le bulletin : Pourquoi ne pas saisir l’occasion pour revenir sur le bulletin et en parler explicitement en groupe ou même individuellement avec les élèves. Ensuite, pourquoi ne pas permettre aux élèves de se fixer des objectifs personnels et de réinvestir les commentaires du bulletin (et de la conversation) dans un projet conçu, et pour répondre aux exigences du programme, et qui amène l’élève à progresser personnellement. Cette approche risque de donner lieu à un dernier droit (jusqu’aux Fêtes) très personnalisé. Et qui dit personnalisation, dit engagement.

Responsabiliser, ça demande de l’énergie.

Vous aurez sans doute remarqué la tendance. Pour vivre un mois de novembre différent, je crois que de faire de la place pour les conversations, les réflexions et les projets personnels est une approche qui risque d’éveiller plus que d’éteindre les apprenantes et les apprenants. On remet entre les mains de l’apprenant la responsabilité de son devenir. C’est un principe de leadership simple, mais important. Notre rôle : soutenir, encourager, aimer, communiquer, coacher… Mais ça demande de l’énergie tout ça! Oui. La gestion du désengagement aussi, les amis. D’une façon ou d’une autre, il faudra mettre de l’énergie. Il suffit de choisir où on veut la mettre.

Je vous souhaite de vivre le mois de novembre… autrement!

Vous avez des idées à partager de votre côté? J’aimerais bien vous lire 🙂

4 idées pour développer son intuition pédagogique

C’est vraiment stimulant de voir la diversité de projets et d’initiatives dans les écoles. Ce qui m’interpelle ici, ce sont les nouvelles approches. Ce qui fait que ça change pour les élèves. À mon avis, les nouvelles approches pédagogiques font de plus en plus appel à l’art d’enseigner, à notre intuition. Dans cette vidéo, Sir Ken Robinson parle de l’importance de l’intuition, entre autres.

Créer le contexte pour innover

Ce qui se produit lorsqu’on innove et qu’on sort des sentiers battus, c’est que les contextes sont nouveaux, les outils sont nouveaux et donc les possibilités sont nouvelles. Les sujets sont ouverts et n’ont pas nécessairement été alignés dans une progression des apprentissages. C’est intéressant de voir ce qui se produit lorsque tout est à créer. Le manuel perd parfois de son utilité. Innover, parfois, ça veut simplement dire qu’on laisse le manuel de côté et on ouvre la conversation. Parce que c’est à ce moment que le contexte donne toute la place à notre savoir expérientiel, à notre intuition. Dans la pédagogie d’aujourd’hui, on parle de concevoir des expériences d’apprentissage. Ça veut dire quoi au juste, ça? Selon moi, on souhaite simplement que l’élève vive ses apprentissages. Que le programme prenne vie. Parce qu’on veut que les apprenants prennent vie aussi. Que les objectifs personnels des apprenants aient une place dans le programme et vice versa.

Innover, parfois, ça veut simplement dire qu’on laisse le manuel de côté et on ouvre la conversation. @bourmu

Faire appel à son intuition pédagogique

C’est ici que notre rôle change. Pas juste un peu. Être guide, être coach, évaluer mieux, développer le plein potentiel des élèves… Ça demande du leadership. Ça demande d’avoir du recul, de voir ce qui se passe et d’anticiper l’impact de ses actions sur les autres autour de soi. À une ère où on cherche tellement à «bien» faire l’éducation, où on s’appuie sur la recherche et sur les «bonnes» pratiques, l’acte d’enseigner, dans toute sa complexité, requiert que chaque acteur prenne d’innombrables décisions au quotidien. Les «bonnes» décisions. Pas de pression. Ça demande de faire appel à son intuition. Cette petite voix intérieure qui nous suggère les meilleures prochaines étapes ou actions, pour tel ou tel élève. L’expertise, c’est là que ça se passe. Dans le feu de l’action. Ça me rappelle cette citation de Daniel Pennac : « Quels pédagogues nous étions, lorsque nous n’avions pas le souci de la pédagogie. » C’est incroyable à quel point les gens savent quoi faire lorsqu’ils osent s’écouter. Dans le feu de l’intention pédagogique, on doit faire appel à l’intuition pédagogique.

Le jugement professionnel le plus important, c'est celui qu'on exerce entre les bulletins.

4 idées pour développer son intuition pédagogique

Voici 4 idées à considérer pour développer son intuition pédagogique :

1. Se rendre vulnérable

Une des premières choses qui me vient en tête lorsque je pense à l’intuition, c’est qu’on peut se tromper. Se rendre vulnérable, ça veut dire qu’on doit accepter qu’on peut se tromper. Quand on essaie quelque chose de nouveau, d’innovant, on peut prendre la «mauvaise» décision. On peut se tromper. Ça veut dire quoi? En éducation, ça veut simplement dire que notre impact n’est pas optimal et qu’on apprend. Il faut se donner le droit d’apprendre, les amis.

2. Faire confiance à son jugement professionnel

Pour essayer des nouvelles choses et pour écouter son intuition pédagogique, il faut se faire confiance. On est professionnel de l’éducation ou non? Le jugement professionnel. C’est souvent lié à l’idée de porter un jugement ou de donner une note. Les bulletins s’en viennent. Les enseignants feront confiance à leur jugement professionnel pour donner une note à leurs élèves. Ils donneront également les commentaires les plus pertinents. On fait confiance à notre jugement professionnel pour faire ça. Dans le feu de l’action, il faut aussi faire confiance à notre jugement professionnel pour développer les élèves. Le jugement professionnel le plus important, c’est celui qu’on exerce entre les bulletins. Pensez-y.

3. Se garder une p’tite gêne

Il faut se faire confiance, mais il faut aussi se garder une p’tite gêne. Parce qu’on peut se tromper, même lorsqu’on s’appuie sur la recherche, en passant. Je pense qu’il est sage de se tenir loin des certitudes et des vérités absolues. Ce n’est pas pour rien qu’on dit souvent «Ça dépend» en éducation. On s’affirme donc avec confiance mais on se questionne, on se permet de douter. The proof is in the pudding, comme dirait l’autre. Tout est dans la preuve d’apprentissage, pas nécessairement dans le moyen. Si vous avez déjà écouté un élève offrir des explications à un autre élève, vous savez que parfois, les élèves apprennent et on ne sait ni pourquoi, ni comment. Il est grand, le mystère de l’apprentissage!

4. Apprendre à se connaître

Finalement, je dirais que pour développer son intuition pédagogique, comme pour le développement professionnel en général, il importe de bien se connaître. De bien connaître et comprendre sa pratique et son impact sur les élèves, dans le moment présent. Plus on se connaît, plus on se comprend, plus on peut agir intentionnellement, dans le feu de l’action. Et plus l’écart entre ce qu’on sait et ce qu’on sent est petit. Tout s’aligne petit à petit.

Et vous? Quels moyens suggérez-vous pour développer l’intuition pédagogique?

Merci de vos commentaires 🙂

Dans le feu de l'intention pédagogique, on doit faire appel à l'intuition pédagogique.

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