La «game» est exigeante? «Good!»

L’importance d’être dans la «game»

Mon garçon de 17 ans est un «gamer», comme bien des jeunes d’aujourd’hui. Une chose qui attire mon attention, c’est qu’il passe beaucoup de temps à regarder des «gamers» reconnus dans YouTube en train de jouer à Fortnite, par exemple. C’est spécial de voir ça. Les jeunes regardent des «gamers» reconnus jouer en streaming (en direct) ou sur YouTube (enregistré). Dans le monde des «gamers», les gens sont reconnus pour leur savoir-faire, pas seulement pour ce qu’ils savent.

Dans l’industrie du développement personnel et professionnel, c’est la même chose. Les gens veulent apprendre de ceux et celles qui ont réussi ou qui sont en train de réussir dans leur domaine. On n’a qu’à penser à Brendon Burchard, Rachel Hollis, Amy Porterfield ou Ted McGrath. Savoir-faire. C’est n’est pas suffisant de savoir, les gens veulent que leurs enseignants soient dans la «game».

Dans une entrevue, Brené Brown affirmait qu’elle avait une façon toute simple de déterminer qui avait le droit de lui partager son opinion ou de la rétroaction. Ceux qui sont «dans l’arène», disait-elle. Ceux qui sont dans la «game» (du leadership) avec elle, qui se font botter le derrière et qui ont le courage de se relever. Ces personnes sont qualifiées à ses yeux. Ceux qui regardent la parade (et qui «savent» possiblement bien des choses) n’ont pas le privilège d’être entendus par Brené. Ils ne sont pas qualifiés.

L’héritage de la pandémie : nous sommes tous dans la «game»

Nous avons dû surmonter plusieurs défis depuis le début de la pandémie, mais ce contexte nous a permis de faire des progrès remarquables au niveau de l’intégration du numérique et des possibilités pédagogiques qui en découlent. Cette phrase de Jean Piaget prend tout son sens dans le contexte actuel. Merci à Guillaume et à Catherine pour la référence 🙂 : « L’intelligence, ce n’est pas ce qu’on sait, c’est ce qu’on fait quand on ne sait pas. » J’offrais une conférence dans un collège privé au mois d’août et une enseignante a fait une remarque qui va en ce sens. Elle disait que cette année nous offrait une occasion en or de montrer à nos élèves comment on agit / réagit lorsqu’on ne sait pas. Parce que habituellement, on sait. Mais cette année, nous avons l’occasion d’être des modèles d’apprenants à vie pour nos élèves. C’est probablement la chose la plus importante que nous allons enseigner à nos élèves cette année, disait-elle. J’ai trouvé ça extraordinaire. L’héritage ultime de la pandémie, c’est qu’elle a placé tous les acteurs dans la «game». La «game», c’est l’école d’aujourd’hui, l’école de l’apprentissage en profondeur. Les jeunes ont besoin de modèles qui sont dans l’arène de l’apprentissage avec eux. La question : comment réagissons-nous lorsque nous ne savons pas?

« L’intelligence, ce n’est pas ce qu’on sait, c’est ce qu’on fait quand on ne sait pas. » – Jean Piaget

On développe de nouvelles compétences.

Apprendre en profondeur, développer des compétences, ça demande beaucoup plus d’effort. C’est normal de se sentir fatigué. Ça veut dire qu’on est en train de se développer. On a des «growing pains» professionnelles parce que nous développons de nouvelles compétences, comme nous pouvons l’observer dans ce visuel. Mais le possible point à l’horizon. Nous allons éventuellement voir le fruit de nos efforts. Patience et intentionnalité.

Être dans la «game», c’est exigeant. «Good!»

Force est de constater que de se voir placé dans la «game», c’est exigeant. Je regardais cette vidéo cette semaine. Ça remet les choses en perspective.

J’apprécie tellement les messages présentés par Jocko Willink. Voici les grandes lignes (que j’interprète à ma façon), qui s’appliquent tellement bien à ce que nous vivons présentement.

Tu relèves des défis et tu trouves ça difficile? «Good», tu es en vie et tu as une opportunité de trouver de nouvelles solutions.

Tu respires encore? «Good», ça veut dire que tu peux encore agir sur ta réalité et celle des autres.

Tu as vécu des situations difficiles et peut-être même des échecs? «Good», maintenant :

  • «Get up» (La seule façon d’échouer est de choisir de ne pas continuer.)
  • «Dust off» (Il faut prendre le temps de se secouer, de réfléchir à ce qui nous ébranle.)
  • «Reload» (On fait le plein d’énergie et de stratégies.)
  • «Recalibrate» (On tient compte du contexte et des personnes qui nous sont confiées.)
  • «Reengage» (On se rappelle notre pourquoi, parce que le comment est toujours changeant.)
  • «Go out on the attack» (On passe à l’action avec une vigueur et une intentionnalité renouvelées.)
 

Et si…

Enfin, les choses changent depuis un certain temps. Et, lorsqu’on y pense, même certaines choses considérées comme immuables bougent également. On a annulé des épreuves et des examens l’an passé. Dans certains milieux, on a annulé des examens et même un bulletin cette année. Pouvons-nous espérer d’autres annonces en ce sens?
Regardons notre trajectoire, pas seulement notre position actuelle. C’est tout un système qui est en apprentissage présentement. Et on se donne le temps d’apprendre.
 
Parce que dans l’école d’aujourd’hui, les jeunes ont le goût que leurs profs soient des apprenants eux aussi. Ça tombe bien, le contexte actuel l’oblige. Et si tout ce que nous vivons présentement était en train de nous préparer à dispenser l’éducation que nous espérons depuis si longtemps?
 
La «game» est exigeante? «Good!»
 

4 Déc, 2020

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Commentaires

6 Commentaires

  1. Guillaume Payette

    Le livre « Extreme Ownership » de Jocko Willink va rester dans ma tête toute ma vie. Il faut se donner le temps. Merci pour l’article Marius!

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    • Marius

      Yes. Merci Guillaume. Je vais acheter le livre 🙂

      Réponse
  2. Lemière AM

    Merci Marius. j’ai soixante huit ans et…je suis une heureuse apprenante ! Anne-Marie

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    • Marius

      C’est fantastique, Anne-Marie 🙂 Merci d’avoir pris le temps de me lire et de commenter. Marius

      Réponse
  3. Isabelle

    Je suis une enseignante présentement en arrêt de travail pour épuisement. Cet épuisement, je le trainais depuis longtemps. L’accepter m’a permis de me relever, de me secouer, de penser au pourquoi. J’avais besoin de réaliser que j’étais tombée pour mieux me relever. Votre article me rejoins véritablement !

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    • Marius

      Bonjour Isabelle, merci de prendre le temps de me lire et de commenter. Je te souhaite de prendre le temps de refaire le plein d’énergie. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Je suis content que l’article te rejoigne. Prends soin de toi et bon retour en force, quand tu seras prête. Marius 🙂

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