Tout le monde est un leader

« On enseigne pour le 25%. »

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de participer à l’enregistrement d’un épisode de podcast des Ingénieux pédagogiques. Si vous n’avez jamais eu l’occasion de participer à un podcast, je vous le souhaite. C’est tellement une belle expérience. Vous pouvez écouter l’épisode ici si cela vous intéresse.

On enseigne pour le 25%.

Parfois, c’est ce qui se dit avant d’appuyer sur «Enregistrer» qui nous fait réfléchir. Et c’est ce qui m’amène à écrire aujourd’hui. Je discutais avec Alexandre Audet (@profaudet) et Martin Parent (@Monsieur_Parent) avant d’enregistrer l’épisode et Alex a dit quelque chose comme : « On n’enseigne pas pour le 75% des élèves qui vont bien. On enseigne pour le 25% qui n’apprend pas toujours à la bonne vitesse. » Wow. Quelle belle observation! Lorsqu’on ose se remettre en question, lorsqu’on ose se pencher sur le 25%, on fait prendre de l’expansion à sa pédagogie. C’est avec le 25% qu’on développe de nouvelles stratégies. Toutes nos futures listes de classe sont alors mieux servies.

Le 1er bulletin, c’est NOTRE bulletin!

Le 1er bulletin de l’année arrive à grands pas. Cette activité de communication formelle sera une belle occasion de faire des constats (pas obligé d’attendre au bulletin pour faire des constats mais bon). Un collègue m’a déjà dit que le bulletin de nos élèves, c’est en fait notre bulletin. C’est le fruit de notre effet enseignant. Si 75% des élèves progressent bien présentement, pourquoi un pédagogue remettrait-il en question sa pratique? Parce qu’on enseigne pour le 25% aussi. On enseigne pour la réussite de 100% des élèves, comme je le mentionnais il y a quelques années dans ce billet : « J’ai pas juste lui dans ma classe! ». Si 25% des élèves ne progressent pas bien présentement, alors… (insérer sa culture d’école ici). Certains diront qu’on ne contrôle pas tout dans l’énigme qu’est l’apprentissage des élèves. L’élève a une grande part de responsabilité. La famille aussi. Or ce n’est pas nécessairement à cause de nous si certains élèves n’apprennent pas au rythme souhaité. Mais ça peut être grâce à nous si ça s’améliore. Le leader pense comme ça. Ce n’est pas à cause de moi, mais ça peut être grâce à moi si ça s’améliore. Alors, qu’est-ce qui se trouve à l’intérieur de notre zone de contrôle?

Une rampe pédagogique?

J’ai offert une formation en leadership et en coaching au Nouveau-Brunswick à la fin du mois de septembre. Nous étions sur le point de monter à bord de l’avion lorsqu’on nous a informés qu’il y aurait un délai de 10 minutes. Une passagère à mobilité réduite avait besoin qu’on installe une rampe d’accès (voir photo) afin de lui permettre de monter à bord de l’avion. Aucun problème. C’est la moindre des choses. Et là j’ai tout de suite fait des liens avec nos écoles. Si bien que j’ai pris une photo. Que voulez-vous, je suis fait comme ça. Tous les passagers ont emprunté la rampe pour monter à bord de l’avion. Sur les 38 passagers, une seule personne avait réellement besoin de la rampe. La rampe représente la planification d’un cours qui donne accès à l’apprentissage ou qui est adapté pour tenir compte du 25%. Ce n’est pas parce que tous les élèves y ont accès que ce n’est plus une adaptation. Pensez-y. L’idée, ce n’est pas de faire 32 planifications différentes mais de planifier de façon inclusive.

Trois + 1 questions à se poser

L’éducation, ce n’est pas un système de triage. Il nous invite à agir sur l’apprentissage de tous les élèves. Et naturellement, notre style, notre approche habituelle ne répond pas toujours aux besoins des enfants qui nous sont confiés. Je ne connais pas le pourcentage d’élèves qui progressent moins bien dans votre classe présentement mais vous, vous le savez. Je vous invite à célébrer le fait que plusieurs élèves progressent bien présentement grâce à vos stratégies actuelles. On parle de reconnaissance en éducation. Il faut reconnaître que vous avez un effet enseignant. Tout passe par là. Or le point de départ en développement professionnel, le point de départ pour améliorer son effet enseignant, c’est d’accepter de SE questionner à l’occasion. Pas parce qu’on n’est pas assez bon mais parce qu’on peut être encore meilleur comme dirait Dylan Wiliam (@dylanwiliam). Voici donc trois questions à se poser (pourquoi attendre après le bulletin?) pour faire prendre de l’expansion à sa pratique :

  1. Si seulement les élèves qui réussissent moins bien revenaient dans ma classe, qu’est-ce qui changerait dans le design de mes leçons?
  2. Si on permettait aussi aux élèves qui réussissent bien de revenir dans ma classe, profiteraient-ils aussi du nouveau design de mes leçons?
  3. Qu’est-ce qui m’empêche de commencer à créer une rampe pédagogique pour mes élèves?

On enseigne pour le 25%, les amis.

Une question pour l’équipe-école : Si on continue à faire ce que qu’on fait présentement, quelles sont les chances de réussite du __% d’élèves qui réussissent moins bien jusqu’à présent?

1, 2, 3… GO!

Merci de vos commentaires 🙂

 

Un leader travaille pour son équipe

Je suis tombé sur cette citation d’Alexander Den Heijer cette semaine. « Les grands leaders croient qu’ils travaillent pour leur équipe, les leaders moyens croient que leur équipe travaille pour eux. » Ça m’a fait penser au leadership au service de l’autre.

Tout passe par l’autre

L’autre, c’est l’élève, c’est le collègue, le membre du personnel. Il est important, cet autre. Tout passe par lui en éducation. Pensez-y. Dans un contexte d’amélioration continue, tous les objectifs ambitieux liés à la réussite scolaire de nos élèves ne peuvent être atteints que par les élèves. D’où l’importance, pour l’enseignant, de travailler pour l’élève, et la direction, pour l’enseignant. En effet, aucun enseignant ne peut réussir à la place de ses élèves de même qu’aucune direction ne peut enseigner pour son personnel. Or le défi, certains pourraient même parler de dichotomie, c’est que tous deux sont des superviseurs. L’enseignant supervise les élèves. La direction, les enseignants.

Changement de paradigme, changement de posture

Si on pense comme le patron traditionnel, on croit que les gens travaillent pour nous. Le changement de paradigme en éducation nous invite à un changement de posture. Le leader croit qu’il travaille pour son équipe. C’est ce qui est requis dans l’école d’aujourd’hui. Des leaders. Tout le monde est un leader. Lorsqu’on observe ce qui se passe en éducation présentement, comment travaillons-nous réellement pour l’autre au quotidien? C’est la seule façon d’atteindre nos objectifs ambitieux. Voici quatre façons concrètes de travailler pour l’autre, dans l’école d’aujourd’hui :

1. Définir les rôles et les responsabilités :

Plus la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, plus on peut l’atteindre. C’est un principe fondamental en évaluation au service de l’apprentissage. Le même principe s’applique en leadership. On présuppose de bonnes intentions de la part l’autre et on est le plus explicite possible au sujet de l’importance de son rôle, de ses responsabilités et de nos attentes en tant que leader. Être clair, c’est gentil. Les gens veulent réussir. Pour réussir, il faut savoir ce qu’on a à faire. Avoir des attentes élevées envers les élèves ou son personnel est une excellente façon de communiquer qu’on a confiance en eux. Et c’est extrêmement stimulant pour les autres. Un leader qui a des attentes claires et élevées, ça veut dire qu’on va quelque part. Après tout, qui a le goût de jouer pour un coach qui ne veut pas gagner la coupe Stanley? En éducation, la coupe Stanley, c’est la réussite de tous les élèves. Pour y arriver, l’autre doit jouer son rôle et s’acquitter de ses responsabilités.

Quel est le rôle de l’autre? Quelles sont ses responsabilités? Quelles sont vos attentes?

2. Donner de l’autonomie :

L’autre n’est pas seulement quelqu’un qui exécute le plan. C’est un être qui pense et qui a des choses à offrir. Pour atteindre nos objectifs ambitieux, il importe de mettre en valeur le caractère unique de chaque individu. Le leader fait donc preuve de souplesse et trouve le moyen de donner une marge de manoeuvre à l’autre. On pourrait même parler de différenciation au niveau du leadership. Si la cible est claire et qu’elle a un sens, l’autre a besoin de pouvoir essayer d’atteindre la cible à sa façon. La marge de manoeuvre est liée au «comment». Le fait d’avoir la latitude d’essayer des choses à sa façon permet de développer une relation de confiance avec l’autre et crée graduellement l’ouverture d’esprit requise à l’amélioration continue des individus. Concrètement, une fois que l’autre a eu la chance d’essayer des choses à sa façon, il constate l’efficacité ou non de sa méthode et s’ouvre plus facilement à des méthodes qui peuvent amener sa pratique, sa compétence ou son apprentissage à un autre niveau. C’est le marathon du développement graduel de la compétence de l’autre.

Quelle marge de manoeuvre donnez-vous à l’autre? Comment lui communiquez-vous cette marge de manoeuvre? Quels indicateurs ou critères vous aident à constater les progrès de l’autre?

3. Superviser Soutenir l’autre :

Supervision = soutien. Lorsqu’on aime les gens avec qui on travaille au quotidien, on veut les voir réussir. Par amour, on fait des suivis avec eux. On les écoute. On leur demande comment ils vont. On les encourage. On s’assure qu’ils ont les outils et les stratégies pour s’acquitter de leurs responsabilités. La supervision a souvent mauvaise presse. Possiblement à cause du pouvoir qui vient avec. Mais quand on y pense, le vrai pouvoir de supervision, c’est le pouvoir d’influencer positivement la vie des élèves, pour l’enseignant, et du personnel, pour la direction. Si on veut que l’autre s’acquitte de ses responsabilités, il faut accueillir les nôtres. Ça inclut la supervision, qui nous permet, en toute cohérence, d’entretenir la relation avec l’autre, une relation d’aide dont le but est l’amélioration continue. Cohérence.

Comment comptez-vous soutenir l’autre cette année? Comment allez-vous le lui communiquer?

 4. Modeler ce qui est attendu :

Dans The Advantage, Patrick Lencioni affirme l’importance de surcommuniquer la clarté (voir vidéo). Or les gens reproduisent habituellement ce qu’ils voient de leurs leaders. C’est un principe connu en leadership. Une excellente façon de travailler pour l’autre est de modeler intentionnellement les comportements qui sont attendus de l’autre. Après tout, on enseigne ce qu’on sait mais on reproduit qui on est. C’est donc dire que le leader est conscient qu’il ne peut pas demander à l’autre ce qu’il n’est pas prêt à modeler lui-même, dans ce qui s’applique à son poste. C’est difficile de demander à l’élève d’être un apprenant si on n’est pas ouvert à de nouveaux apprentissages soi-même. Difficile de demander à l’élève d’accepter l’erreur si on ne se donne pas le droit à l’erreur. Difficile de demander à son personnel d’avoir une attitude positive, si on n’a pas soi-même une attitude positive.  Vous me suivez?

Qu’est-ce que l’autre a besoin de vous voir faire présentement? Qu’avez-vous envie de modeler?

Un mentor m’a déjà dit que plus on est responsable d’un grand nombre de personnes, moins on a le privilège de penser à soi-même.

Dans l’école d’aujourd’hui, on vise la coupe Stanley.

Un leader travaille pour son équipe.

Merci de vos commentaires

Trois clés pour la rentrée

La nouvelle année scolaire vient habituellement avec l’espoir d’un nouveau départ, pour nous et pour nos élèves. Or l’année scolaire qui vient mettra en lumière les impacts des dernières années sur la «progression» des élèves mais aussi sur le niveau d’énergie et le moral des équipes-écoles, entre autres. Il importe donc de faire des choix intentionnels et conscients en tant que leaders afin de créer un climat où tout est possible pour tous les apprenants. 

Voici donc trois clés pour la rentrée :

1. Présumer de bonnes intentions :

À la rentrée cette année, nous allons tous faire des constats qui vont avoir des incidences sur ce que nous faisons habituellement. Des incidences sur la perception que nous avons de notre charge de travail. Peu importe les résultats de nos évaluations diagnostiques, peu importe le niveau d’énergie de nos collègues, peu importe la lenteur avec laquelle les élèves réapprennent à vivre ensemble, peu importe le non-verbal de nos superviseurs (qui portent la responsabilité des objectifs systémiques), les gens autour de nous à la rentrée, et bien ils sont là. Leurs vacances à eux aussi sont terminées. En choisissant de présumer de bonnes intentions dès la rentrée, on se place dans une position pour voir l’autre d’un bon oeil. Le regard. C’est déjà un bon début. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ne voulait pas réussir et bien faire son travail. Je n’ai jamais rencontré un élève qui n’avait pas le goût d’être bon et que son prof l’aime. N’est-ce pas que c’est fantastique. Peu importe la position actuelle des gens, tant dans leur rendement que dans leur niveau d’énergie ou leur moral, ils ont de bonnes intentions. Accueillons ça. Accueillons les gens dans tout ce qu’ils sont. Tellement de gens seront axés sur ce qu’il manque, sur ce qu’il reste à faire, sur les écarts perçus… Le regard.

Qu’allons-nous voir à la rentrée cette année?

2. Être à l’écoute : 

L’écoute. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à quelqu’un. Combien de fois dans une journée vous sentez-vous écouté? Hmmm… À notre décharge, il sera tentant d’être centré sur soi cette année. La charge de travail va sembler colossale. C’est parce qu’elle l’est. Mais on ne peut pas aller plus vite que nos élèves. N’oublions pas que tout ce que nous voulons accomplir dans nos écoles ne se fait pas sans nos élèves, ni sans nos collègues. L’éducation est un sport d’équipe. Être à l’écoute de l’autre nous permettra d’apprécier l’autre et d’entendre ce qui n’est pas dit. Si nous écoutons l’autre, ses mots, son non-verbal, nous entendrons le non-dit. Le désir de plaire, d’être comme les autres, de réussir. Nous entendrons ses croyances et ses convictions, ses peurs, son besoin de certitude. Nous entendrons toutes sortes de choses et nous constaterons, peut-être, que l’autre est comme nous au fond. L’écoute. À partir de l’écoute, tout est possible. Tout ce qu’il faut pour écouter, c’est d’être présent et de ne pas juger. Parfois, nous n’avons pas besoin de parler pour juger. Vous me suivez? Il faut surveiller son non-verbal lorsqu’on écoute. Et son cellulaire. Pas de cellulaire dans les mains. Sinon l’écoute active devient de l’écoute hâtive. Ça n’a pas le même effet. L’écoute.

Qu’allons-nous entendre à la rentrée cette année?

3. Donner de l’espoir :

Une des premières responsabilités d’un leader, c’est de définir la réalité. Peindre un portrait objectif de la réalité. Pas pire, pas rose, juste. Ensuite, la tâche du leader est d’anticiper positivement la suite des choses. De croire que les choses peuvent bien aller malgré tout. D’ailleurs, certaines des plus grandes entreprises sont nées pendant des périodes économiques difficiles. La preuve qu’avec les défis viennent des opportunités. Et si l’année scolaire 2022-2023 était notre meilleure jusqu’à maintenant? Les gens dans notre milieu ont besoin de faiseurs de possible autour d’eux. Et tout part de l’espoir. C’est difficile d’avoir des objectifs ambitieux lorsqu’il n’y a pas d’espoir. Chose certaine, pour donner de l’espoir aux gens, il faut les encourager et les aider à voir à quel point ils sont bons et capables et que nous avons confiance en eux.

Quels mots pourrions-nous choisir pour semer de l’espoir autour de nous à la rentrée cette année?

Je vous souhaite une bonne rentrée, votre meilleure jusqu’à maintenant!

Merci de vos commentaires 🙂

 

Martin St-Louis : Mindset – Concept – Environnement – Leadership

Si vous suivez le hockey, vous savez que Martin St-Louis a récemment été nommé entraîneur-chef par intérim pour le CH. J’ai pris le temps d’écouter sa première conférence de presse diffusée le 10 février dernier. Je ne m’y attendais pas mais en écoutant son discours, j’ai fait plein de liens avec le monde de l’éducation. Pour m’aider à y voir clair, je prends le temps de les mettre par écrit. Voici donc 4 grands thèmes à retenir de la première conférence de presse de Martin St-Louis.

Mindset

Les journalistes avaient plusieurs questions à poser à Martin St-Louis, qui passait d’entraîneur de niveau Pee-Wee à la Ligue nationale de hockey. Dès le début, j’ai constaté les qualités de sa posture en tant qu’apprenant, comme vous pouvez le voir dans les répliques suivantes :

  1.  Au sujet de son inexpérience : « Je n’ai pas toujours les réponses (…) Mais les réponses sont partout autour de nous. »
  2. Au sujet de sa façon d’approcher le hockey : « J’aime étudier la game. »
  3. Au sujet de ce qui l’attend comme tâche : « Ce sera un processus. »
  4. Au sujet de comment il compte y arriver : « Ce sera un grand travail de collaboration. »
  5. Au sujet de son statut « par intérim » : « Je n’ai pas besoin de promesses. Donne-moi une opportunité et je vais tout donner. Je vais te montrer. »
  6. Au sujet du défi qui attend ses joueurs et lui : « Je suis un passionné. J’ai toujours aimé les défis. Si tu veux des choses faciles, c’est difficile de grandir comme humain. »

Quand on pense à tout ce qui nous arrive en éducation grâce ou à cause de la pandémie, je relis les 5 répliques et je me dis que le mindset de Martin St-Louis est requis présentement et sera requis dans l’après-pandémie. Il faudra trouver des nouvelles réponses en étudiant la game de l’apprentissage dans une société en évolution et accueillir des changements dans nos pratiques. Ça nécessitera assurément un grand travail de collaboration. Et chanceux que nous sommes, nous auront l’opportunité de créer l’école d’aujourd’hui. Ce sera tout un défi qui nous fera grandir. Passion, les amis. Passion.

Système vs Concept

Les journalistes ont questionné Martin au sujet de sa philosophie. Il dit qu’il y a plusieurs façons de jouer la game et qu’il préfère jouer un concept d’équipe ou de jeu plutôt qu’un système de jeu. Voir le visuel.

  1. Au sujet du système : « Les meilleurs joueurs lisent bien le jeu. Parfois dans un système, un très bon joueur devient ordinaire parce qu’il n’a pas de liberté. »
  2. Au sujet du concept, de la lecture du jeu et de la possibilité que les joueurs fassent des erreurs : « Je préfère que mes joueurs fassent de mauvaises lectures que de ne pas faire de lecture du tout. »
  3. Au sujet des statistiques avancées : « Les statistiques ne disent pas tout. Il serait intéressant d’avoir des statistiques avancées qui nous aident à avancer dans notre concept de jeu. Mais je dois aussi me fier à mon oeil et à mon “feel”. »

Dans l’école d’aujourd’hui, il est possible et souhaitable de personnaliser l’éducation en tenant compte de l’unicité de nos élèves. Pour y arriver, je me dis que nous devons faire des choses systématiquement pour favoriser la réussite de tous les élèves. Or nous devons aussi accueillir le concept, où les acteurs ont la liberté d’écouter leur instinct et de prendre les meilleures décisions pour les élèves. Après tout, un professionnel de l’éducation n’est pas simplement un technicien qui suit un manuel et un référentiel pédagogique. Les meilleurs enseignants écoutent leur instinct et ils prennent de multiples décisions à tous les instants. Et si le système échoue, malheureusement (combien d’élèves ne se développent pas avec les pratiques actuelles), il faut également accueillir la nature imparfaite du concept et de l’humain, qui fera parfois une mauvais lecture. Le système est-il prêt à accepter des erreurs qui viennent d’ailleurs que de lui-même? Avec un peu d’humilité, je pense qu’il peut y arriver. Le système, c’est du monde après tout. Ce qui nous amène aux données. J’aime bien la philosophie (lire concept) de notre collègue anglophone George Couros à ce sujet : « People driven, data informed ». Comme un bulletin scolaire ne dit pas tout au sujet d’un enfant, les données actuelles que nous sommes capables de générer ne disent pas tout au sujet du potentiel humain qui se trouve dans nos écoles. Les personnes et leur bien-être d’abord.

Environnement

  1. Au sujet de l’effort des joueurs : « Je veux que les gars travaillent fort physiquement mais je veux qu’ils travaillent fort mentalement aussi. Il y a différentes façons de mesurer l’effort. »
  2. Au sujet de la culture : « On a des attentes élevées pour tout le monde. C’est à l’entraîneur de garder les standards. »
  3. Au sujet du niveau de tension que vivent les joueurs : « Les joueurs ont besoin de s’amuser. »
  4. Au sujet des journées qui sont plus difficiles : « Don’t carry the negative to the next day. »

L’environnement. N’est-ce pas la chose la plus importante en éducation? Créer un environnement où tout est possible pour tous les apprenants? Un environnement où on s’amuse mais où l’effort est soutenu. Créer l’environnement, être gardien de la rigueur et laisser le négatif derrière soi. Il me semble qu’on peut aller loin avec ça. Après une mauvaise journée ou une mauvaise passe comme on dit, combien d’élèves transportent le négatif avec eux jour après jour? Pas parce qu’ils le veulent mais parce que les adultes s’en souviennent. Environnement, les amis.

Leadership

  1. Au sujet des gens qui doutent de lui : « Il y a toujours des gens qui doutent de nous ou qui nous critiquent. J’ai toujours vu ça comme du bruit (noise). Moi je bloque (ignore) le bruit. »
  2. Au sujet de la performance actuelle de l’équipe : « Je ne m’arrête pas à où est l’équipe présentement. On va se développer. Les joueurs ont besoin de s’amuser. »
  3. Au sujet de l’écart entre le niveau Pee-Wee et la Ligue nationale de hockey : « Le hockey, c’est le hockey. Je gère une équipe mais en réalité je gère des individus qui ont des personnalités différentes et des attentes. »
  4. Au sujet de ses priorités en arrivant : « Je dois apprendre à connaître mes joueurs. Tout le monde est différent et on ne coach pas tous les joueurs de la même façon. »
  5. Au sujet des idées qu’il a pour l’équipe : « C’est la job de l’entraîneur de convaincre ses joueurs de jouer d’une telle façon. S’ils n’y croient pas, ils ne le feront pas bien. »
  6. Au sujet de son équipe d’entraîneurs : « Je ne suis pas un dictateur. J’ai des idées mais je veux apprendre des autres. »
  7. Au sujet du leadership dans la chambre : « Il y a différentes façons d’être un leader. Je veux que chaque joueur soit un leader, à sa manière. Le leadership n’est pas nécessairement vocal. »

Ce qui nous amène au leadership. Lorsqu’on tente de faire des choses qui n’ont pas encore été faites ou qu’on sort des sentiers battus, même juste un peu, certains vont douter de nous ou nous critiquer. Je sais de quoi je parle 😉 C’est juste du bruit. Notre performance actuelle en tant que système/concept n’est pas le reflet de notre potentiel. On va continuer à se développer.  Mais ça va demander un leadership différencié, de l’écoute, de la cohérence, du sens et une place pour l’unicité de tous les acteurs en éducation. Et ça va faire du bruit, les amis. Dans l’école d’aujourd’hui, il doit y avoir une place pour l’instinct et la lecture du jeu (apprentissage) afin que tout le monde puisse être un leader, à sa façon.

Enfin, les journalistes ont aussi questionné Kent Hughes au sujet de sa décision de faire appel à un entraîneur inexpérimenté. M. Hughes a répondu en affirmant que Martin possède les qualités sur lesquelles il veut bâtir son équipe et que ces qualités sont plus importantes que des années d’expérience. Comme quoi qui nous sommes est plus important que ce que nous savons.

Avec des qualités semblables à celles de Martin St-Louis, peu importe notre expérience, nous pouvons continuer à bâtir l’école d’aujourd’hui. Ensemble, pour nos élèves.

Merci de vos commentaires 🙂

La prise de risque doit faire partie de l’après-pandémie.

J’ai récemment eu la chance de participer à la création d’un épisode de podcast avec ma fille Juliette, qui a 17 ans. Elle participe à un projet communautaire où des jeunes comme elle sont amenés à créer des épisodes de podcast avec des membres de la communauté. Elle m’a demandé de venir parler de persévérance et de raconter comment j’ai pris la décision de fonder escouadeÉDU. L’épisode devrait être disponible en décembre. Quelle belle expérience avec ma fille. Suite à cet entretien, j’ai poursuivi ma réflexion et j’ai identifié 5 types de risques à considérer dans l’après-pandémie. Je vous les partage par écrit ici. J’ai aussi créé cet épisode de podcast.

La prise de risque

Très jeune j’ai entendu l’expression «La peur de perdre est toujours plus grande que le désir de gagner.». Je ne sais pas si je suis d’accord avec ça. Mais cette phrase expose les deux ingrédients qui accompagnent la prise de risque. La peur et le désir. L’incertitude et la possibilité d’une amélioration ou d’une expérience positive. Je suis tombé sur cette citation de Taylor Swift : «Fearless is not the absence of fear. Fearless is living inspite of those things that scare you.». On peut facilement être impressionné par les risques que certaines personnes prennent autour de soi. On peut même penser que ces personnes semblent n’avoir peur de rien. Mais être «fearless» ou intrépide, ce n’est pas l’absence de peur, mais l’action, malgré la peur.

Risquer le regret

Il y a cinq ans, je me suis retrouvé devant plusieurs opportunités d’aider des gens en leadership et en coaching. Or la majorité de ces opportunités sortaient du cadre de mon emploi. J’en étais à ma 15e année en éducation. Comme dirait ma grand-mère, j’étais bien placé. Alors pourquoi quitter mon poste et prendre le risque de devenir consultant? Comme toute décision, ma décision a pris une fraction de seconde. Mais plusieurs mois se sont écoulés avant d’en arriver à ce moment ultime. J’ai fait ma liste de «pour» et «contre». Et c’est devenu évident pour moi que pour dire oui à ces opportunités, je devais dire non à autre chose, comme ma date de retraite, comme la garantie d’un salaire. Choisir, c’est renoncer. Mais j’y croyais tellement. J’ai lu beaucoup. J’ai écouté Jim Rohn, qui affirme que tout est risqué puisqu’on ne s’en sort pas vivant. C’est quand même vrai. Ça me rappelle The Dash. C’est ce qui se passe entre notre date de naissance et notre date de décès qui compte. J’ai donc eu la conversation avec moi-même. Marius 65 ans a eu la discussion avec Marius 42 ans et je me suis posé la question : « Es-tu prêt à vivre avec l’idée de ne pas aller voir s’il y a un besoin en leadership en éducation francophone? Es-tu prêt à vivre avec l’idée de ne pas savoir qui tu pourrais devenir si tu empruntais cette trajectoire?». Comme on peut le constater dans cette vidéo, on regrette surtout les choses qu’on ne fait pas. En éducation, qu’est-ce qu’on ne veut pas regretter dans 10 ans? Quel risque d’inaction nous guette en ce moment? L’ADN institutionnel est fort. Mais pas plus que le leadership. Que pourrions-nous devenir?

Risquer l’erreur

Lorsqu’on prend un risque, l’erreur nous guette. Mais c’est quand même assez difficile d’espérer s’améliorer ou améliorer l’éducation si on n’est pas prêt à tolérer l’erreur. Parlez à n’importe quel expert dans un domaine donné. C’est très difficile de développer une expertise sans faire d’erreurs ou sans être prêt à vivre avec l’imperfection. Parfois on réussit, parfois on apprend. Avec la pandémie qui sévit présentement, il va sans dire qu’on peut s’attendre à ce qu’elle laisse des traces dans l’après-pandémie. C’est et ce sera un contexte sans précédent pour notre société mais aussi en éducation. Serons-nous prêts à risquer l’erreur pour améliorer un système qui était déjà en besoin d’amélioration avant la pandémie? Pour obtenir des résultats qu’il n’a jamais obtenus, le système devra devenir quelque chose qu’il n’a jamais été. Dans mon vécu, la peur de l’erreur nous prive de l’amélioration beaucoup plus que nos échecs.

Choisir, c’est renoncer. – André Gide

Risquer le jugement de l’autre

La prise de risque entraîne parfois le jugement de l’autre. C’est la nature humaine. Nos actions rendent parfois inconfortables certaines personnes autour de nous. Mais je me rends compte que ça n’a pas rapport avec nous.  C’est certain qu’on ne veut pas déplaire aux autres. Mais on ne peut pas vivre pour essayer de plaire aux autres non plus. En fait, c’est impossible de plaire à tout le monde. Lorsqu’on essaie de plaire, on finit pas ne pas être soi-même et on prive son entourage de tout ce qu’on pourrait être. Et on peut aussi échouer. Si j’ai à échouer ou à prendre des détours, j’aime autant le faire en étant pleinement moi-même. Tout le monde est unique. Tout le monde peut contribuer à l’amélioration de l’éducation. On l’a vécu pendant la pandémie, n’est-ce pas? Le 13 mars 2020, il n’y en avait pas d’experts en éducation en contexte de pandémie. Tout le monde s’est mobilisé. Des approches personnalisées et adaptées aux différents milieux ont été mises de l’avant. Quel travail remarquable! Dans un contexte aussi rempli d’incertitude, quel autre choix avions-nous? Dans l’après-pandémie, certains voudront des certitudes, des garanties. Or dans un contexte sans précédent et d’une complexité grandissante, nous devrons continuer à accueillir l’incertitude et oser de nouvelles approches. Ce ne sera certainement pas l’affaire d’une seule personne, d’une seule recherche, d’une seule approche, d’une seule école de pensée. The proof is in the pudding. Le pudding d’aujourd’hui! Serons-nous prêts à risquer le jugement de l’autre?

Si j’ai à échouer ou à prendre des détours, j’aime autant le faire en étant pleinement moi-même. – @bourmu

Risquer la relation

Les relations positives sont au coeur d’un système d’éducation de qualité. On pourrait même dire que la qualité de nos relations détermine la qualité de l’éducation. Mais ce n’est pas tout. En éducation, le but des relations est l’apprentissage ou l’amélioration continue. Mathieu Leroux, d’escouade Multimédia, avec qui j’ai le plaisir de collaborer, a travaillé chez Apple plus tôt dans sa carrière et il me racontait l’importance du «Fearless feedback» chez Apple. Tous les employés sont invités à se donner entre eux de la rétroaction constructive pour s’assurer que tous adoptent les comportements qui sont alignés avec les valeurs organisationnelles. Wow! Imaginez si ça faisait partie de la culture en éducation. Se donner de la rétroaction pour s’aider à devenir meilleur. C’est comique. Avec des élèves, on appelle ça de la rétroaction. Entre adultes, ça devient une conversation courageuse. Mais c’est la même chose. Le chemin le plus court pour passer d’où nous sommes à où nous voulons être, c’est la vérité entourant notre réel impact sur les apprenants. Même si on le fait par amour pour l’autre, on ne peut pas contrôler la réaction de l’autre lorsqu’on a une conversation honnête avec lui. J’aime croire que tout le monde a de bonnes intentions. Or il faut parfois choisir l’inconfort de la conversation courageuse pour progresser, plutôt que le confort du silence et du statu quo. Lorsqu’on le fait, on risque de perdre la relation, ne serait-ce que temporairement. Dans l’après-pandémie, nous voudrons assurément mettre l’accent sur le bien-être et la bienveillance. Je nous propose d’y ajouter la vérité.

Il faut parfois choisir l’inconfort de la conversation courageuse pour progresser, plutôt que le confort du silence et du statu quo. – @bourmu

Risquer le statu quo

Quand j’étais plus jeune, Wayne Gretzky était une légende vivante pour les partisans de hockey. Je me souviens d’une entrevue où on lui avait demandé comment il faisait pour être aussi bon. À le voir jouer, on avait l’impression que la rondelle le suivait. Il avait dit quelque chose comme : «Je ne vais pas où la rondelle se trouve, j’anticipe où la rondelle sera, et je vais là.». La rondelle s’en va où en éducation? On parle d’innovation depuis des années. Et il est généralement question d’innover au niveau des méthodes d’enseignement ou des approches. Lorsqu’on pense à l’état des lieux en éducation et à l’évolution de la société, je me dis qu’il est peut-être temps d’innover mais au niveau de la finalité et du design de l’éducation. Voir au-delà des méthodes de transmission de connaissances et se demander des questions comme :

  • Quelle pourrait être la finalité de l’éducation?
  • Comment pourrait-on personnaliser l’apprentissage et la réussite?
  • Quels indicateurs de réussite pourraient le mieux servir les apprenants et les acteurs dans le système?

Remettre en question des choses qu’on ne remet pas en question. Comme disait Sir Ken Robinson bien avant la pandémie : «The fact is that given the challenges we face, education doesn’t need to be reformed — it needs to be transformed. The key to this transformation is not to standardize education, but to personalize it, to build achievement on discovering the individual talents of each child, to put students in an environment where they want to learn and where they can naturally discover their true passions.» Ses propos sont d’autant plus pertinents aujourd’hui. La pandémie a mis en lumière des aspects de l’éducation qui ont besoin d’être repensés. Comme disait Platon : «On peut aisément pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité; la vraie tragédie de la vie, c’est lorsque les hommes ont peur de la lumière.» Le plus grand risque qui nous guette à mon avis, c’est le risque du statu quo.

On peut aisément pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité; la vraie tragédie de la vie, c’est lorsque les hommes ont peur de la lumière. – Platon

Transition vers l’après-pandémie

Dans cette transition qui nous amène graduellement dans l’après-pandémie, il y aura ce grand désir d’un retour à une certaine normalité, d’un retour à ce qu’on a connu. Il faut se l’avouer. On a tous besoin d’un break. Tsé. Mais si on prend un peu de recul, je me dis qu’on ne peut pas retourner à ce que nous étions avant la pandémie en ajoutant à ça tous les impacts de la pandémie, dont l’ampleur nous échappe présentement. Il faut continuer à se questionner. J’ai vu passer cette citation dans les médias sociaux récemment : «The worst decision is no decision at all.» Je nous souhaite de choisir de continuer à prendre des risques pour améliorer l’éducation. Je pense que la prise de risque réfléchie – pas téméraire ou frivole – est nécessaire pour transformer l’éducation. Et pour remettre en question le statu quo, il faudra être prêt à parfois risquer l’erreur, le jugement de l’autre ou la relation. Assurons-nous de tout faire ce que nous pouvons faire pendant que nous sommes là.

Personnellement, parmi les risques que je vous ai partagés aujourd’hui, c’est le risque du regret qui m’interpelle le plus et qui me donne le goût de me dépasser. Je ne sais pas pourquoi. #yolo

Je nous relance donc la question, à nous, professionnels de l’éducation : «Qu’est-ce que nous ne voulons pas regretter dans 10 ans?».

Merci de vos commentaires

 

Comment vous servent vos réglages par défaut?

C’est le début du mois d’octobre. Déjà. C’est un bon moment pour mettre à jour nos stratégies. Il y a toujours des choses à améliorer et des élèves qui apprennent différemment. Or sommes-nous conscients des stratégies que nous déployons naturellement au quotidien depuis le début de la rentrée? Parce qu’elles façonnent la vie scolaire et l’expérience d’apprentissage de toutes les personnes qui nous sont confiées. Et nos stratégies viennent bien souvent de nos réglages par défaut. Un réglage par défaut, c’est quelque chose qu’on fait sans avoir à y penser, c’est ce qui vient naturellement de nous. C’est souvent inconscient mais ça vaut la peine d’amener tout ça au niveau de la conscience en ce début du mois d’octobre. Je vous partage aujourd’hui 3 réglages par défaut qui servent ou non notre mission éducative. Ils valent la peine d’être inspectés.

La tâche ou la personne?

Vous êtes en train de rédiger un courriel et votre collègue, votre enfant, votre conjoint.e (choisissez le scénario) se présente dans votre bureau pour vous parler… Et votre réglage par défaut prend le dessus. Si vous êtes axé sur la tâche, vous continuez à écrire votre courriel. Vous écoutez (entendez) d’une oreille distraite la personne qui vous parle et lui donnez même possiblement des indices non-verbaux pour lui laisser savoir que vous avez des choses à faire et qu’il ou elle peut vous laisser tranquille. Si vous êtes axé sur la personne, vous arrêtez d’écrire et êtes pleinement disponible et à l’écoute de la personne qui vient vous parler. Vous vous reconnaissez? Outch! Ça, c’est mon défi de tous les jours. Je suis sans contredit une personne axée sur la tâche. Si vous avez déjà assisté à une formation en personne avec escouadeÉDU, à quelques minutes du début, je suis dans ma bulle près de l’estrade. Mon collègue Stéphane, lui, est très axé sur la personne. Il discute avec les participants et oublie même parfois qu’il faut commencer la formation. Ce sont nos réglages par défaut. Le fait d’être axé sur la tâche m’est très utile au quotidien. Ça m’aide à être productif et à créer. Mais ça m’empêche parfois d’entrer en relation avec les gens qui m’entourent. Je travaille là-dessus continuellement. Combien de fois ai-je dû sortir de mon bureau pour aller «défaire» ce que j’avais fait plus tôt et pour reconnecter avec des collègues, des élèves, mes enfants, ma conjointe… Êtes-vous davantage axé sur la tâche ou sur la personne?

Dans mon expérience, la sanction et le jugement nous éloignent de notre mission éducative et sont parfois le fruit de notre propre insécurité. – @bourmu

La sanction ou la relation?

En éducation, nous côtoyons toutes sortes de personnes. Nous n’apprécions pas toujours comment nos élèves se comportent. Retard, langage blasphématoire, code vestimentaire, impolitesse, travail incomplet, intimidation d’un autre élève, plagiat, cellulaire, désengagement général… Ce qui est fascinant, c’est que le comportement des élèves peut varier en fonction de l’adulte qui est devant eux. À la rentrée scolaire, nous souhaitons donner le ton. Les comportements d’élèves qu’on aimerait ne pas avoir à gérer dans notre école sont des occasions pour nous établir en tant que leader et pour entrer en relation avec les élèves. Particulièrement cette année. Les règlements sont importants pour garder tout le monde en sécurité et pour créer un climat propice à l’apprentissage. Or un élève qui oublie d’enlever sa casquette ne met personne en danger. Tel adulte s’empresse d’appliquer le code de vie à la lettre alors que tel autre adulte voit cette situation comme une occasion d’entrer en relation avec l’élève… et d’ensuite l’inviter à enlever sa casquette. La différence est subtile mais déterminante. Quel adulte va s’établir comme leader? Quel adulte va souffrir cette année? Dans ma carrière, j’ai entendu des collègues parler à des élèves comme s’ils étaient du bétail. C’est triste. C’est à se demander ce qu’ils aiment de leur travail. La même chose peut se produire entre collègues. Nos collègues font ou disent parfois des choses qui nous laissent perplexes. Et dans notre discours intérieur vient la sanction… ou le désir d’entrer en relation. Le jugement ou l’empathie. Dans les deux cas, élèves ou collègues, la différence entre la sanction (jugement) ou la relation (empathie), c’est de s’intéresser à l’autre et de comprendre l’histoire derrière le comportement. Dans mon expérience, la sanction et le jugement nous éloignent de notre mission éducative et sont parfois le fruit de notre propre insécurité. Quand vous réfléchissez à la qualité du milieu de vie que vous créez depuis la rentrée, quel est le réglage par défaut dans votre milieu? Êtes-vous davantage axé sur la sanction ou sur la relation?

La peur ou l’espoir?

Notre mission éducative nous amène à viser la réussite de tous élèves. Tous. Pour que les élèves réussissent, ils doivent apprendre. Pour que les élèves apprennent, nous devons entrer en relation avec eux et générer des émotions positives afin qu’ils s’engagent dans leur apprentissage. C’est connu. Mon vécu en éducation m’amène à affirmer que la qualité de nos relations détermine la qualité de l’éducation. Or dans cette quête de la réussite pour tous, tous les adultes n’ont pas la même facilité à entrer en relation avec les élèves. Et c’est parfois à cause de l’approche. Je m’explique. En début de carrière, des collègues me disaient qu’à la rentrée, il faut être rigoureux, sévère et exigeant. « La première semaine, il faut que tu fasses le ménage, Marius. Si tu leur fais peur un peu, les élèves qui n’ont pas d’affaire là vont changer de cours. » Je l’ai essayé. J’ai souffert. Mes élèves aussi. J’ai appris que ce n’était pas moi, ça. J’ai rencontré d’autres collègues qui me disaient quelque chose comme : « Marius, dès la rentrée, je veux apprendre à connaître tous mes élèves. À la fin de la première semaine, je veux qu’ils soient convaincus qu’ils ont fait le bon choix et qu’ils vont réussir dans ma classe. » C’est une approche différente, qui donne des résultats différents. Parfois, notre réglage par défaut nous amène à entretenir inutilement la peur dans notre salle de classe. La peur s’entretient bien subtilement parfois. La peur de perdre des points, la peur d’être puni, la peur de faire rire de nous, la peur du sarcasme de Monsieur Untel, la peur de déplaire, la peur d’être différent, la peur d’être laissé de côté… La peur nous prive de notre mission éducative beaucoup plus que nos échecs, selon moi. Lorsque la peur entre en salle de classe, l’apprentissage sort. Le bonheur aussi. Dans le contexte actuel et plus que jamais dans le monde (l’école) d’aujourd’hui, nos élèves ont besoin d’espoir. La vraie vie fait assez peur à elle seule. Quand vous réfléchissez à votre milieu depuis la rentrée, quel est le réglage par défaut? Êtes-vous davantage axé sur la peur ou sur l’espoir?

Lorsque la peur entre en salle de classe, l’apprentissage sort. Le bonheur aussi. – @bourmu

Je vous invite à considérer que vos réglages par défaut sont parfois très utiles et parfois moins. Ce n’est pas bien ou mal. L’idée, c’est d’en être conscient afin de présenter intentionnellement la meilleure version de soi-même aux personnes qui nous entourent. L’idée, c’est que nos réglages par défaut soient au service de notre mission éducative.

Alors, comment vous servent vos réglages par défaut présentement?

Merci de vos commentaires 🙂

Les droits de l’apprenant

Lors de la première session de coaching LI-VE, j’ai présenté les droits de l’apprenant aux participants. J’ai pensé que ça pourrait peut-être vous intéresser.

J’ai toujours vu la rentrée scolaire comme une opportunité de repartir à neuf. C’est la période de l’année scolaire où tout est à créer et où tout est (encore) possible. Espoir. On espère qu’on aura un beau groupe ou une belle équipe. On espère qu’on va aimer notre année. On espère que les apprenants qui nous sont confiés vont apprendre… C’est le défi ultime de l’éducation : qu’il y ait apprentissage. Je me demande ce que les apprenants espèrent, eux, à la rentrée… Depuis plusieurs années déjà, il est question de viser l’apprentissage en profondeur. Avec la pandémie, il est aussi question de bien-être, de bienveillance, d’équité et d’inclusion. L’inclusion. On veut inclure les personnes. Mais en éducation, à mon avis, l’inclusion ultime, c’est l’apprentissage pour tous. Je pense qu’il est raisonnable d’affirmer que dans toutes les classes, il y aura de l’enseignement cette année. C’est quand même assez simple (je ne dis pas facile) à faire. On enseigne des concepts, on assigne des tâches, on les corrige… Notre défi, c’est d’inclure l’apprentissage pour tous. Ça, ce n’est pas aussi simple. Or n’est-ce pas cela, le changement de paradigme en éducation? Passer de l’enseignement à l’apprentissage… Je pensais à des pistes pour y arriver dernièrement et je me disais que si nous étions vraiment sérieux à l’idée d’inclure l’apprentissage, tous les apprenants auraient le droit d’apprendre. Au Canada, par exemple, nous croyons que la liberté des citoyens est importante. Alors tous les citoyens ont des droits et des libertés. Présentement, tous les apprenants ont droit à l’enseignement dans nos écoles. Or combien n’ont pas suffisamment accès à l’apprentissage? Voici donc les droits de l’apprenant.

1. Droit qu’on croie en moi

Lors d’un évènement en Californie il y a quelques années, un homme d’une cinquantaine d’années, formateur de leadership en entreprise, me disait que son enseignante de 3e année avait changé sa vie. Il ne se voyait pas comme un bon élève. Il avait même des difficultés à l’école. Un jour, son enseignante lui a remis son travail. À sa grande surprise, il avait très bien réussi. Son enseignante lui avait jeté un regard qui voulait dire «Je te l’avais dit que tu étais capable!» La puissance du regard. L’homme en question me disait que c’est ce moment qui a tout fait basculer pour lui. Lorsque quelqu’un croit en nous, ça nous permet parfois d’exprimer un potentiel qu’on ignorait avoir. Si nous souhaitons vraiment inclure l’apprentissage, les apprenants ont droit d’avoir accès à un adulte qui croit en eux. Après tout, quelles sont les chances d’apprentissage d’une personne si son enseignant ne croit pas en elle? Le regard, les amis.

2. Droit qu’on mette en valeur ce que j’ai à offrir

Les apprenants qui nous sont confiés ne sont pas des vases vides à remplir. Ils ont des aspirations et nous avons le privilège de les aider à devenir qui ils sont. Pour mettre en valeur ce que les apprenants ont à offrir, il faut s’intéresser à eux. Après tout, on enseigne quelque chose, à quelqu’un. Et ce quelqu’un est ce qui compte en matière d’apprentissage. Un principe important en leadership, c’est que les gens soutiennent ce qu’ils créent. D’où l’importance d’impliquer les gens. Pour qu’il y ait apprentissage, il importe d’impliquer les apprenants. L’engagement. Une façon très efficace pour susciter l’engagement de l’apprenant, c’est de l’aider à voir le lien entre le contenu et son identité actuelle ou future. Est-ce qu’il y a une place pour ce que l’apprenant a à offrir dans ce qu’on lui propose?

3. Droit qu’on donne un sens à ce que j’apprends

Nous souhaitons développer la pensée critique des apprenants. C’est connu. Il faut donc s’attendre à ce qu’ils demandent pourquoi. Pourquoi telle tâche? Pourquoi page 27 ce matin? Ce n’est pas un défi à l’autorité, ça. N’est-ce pas notre responsabilité professionnelle d’être capables de donner un sens à ce qui se passe dans notre établissement? Lorsque l’apprenant sait clairement ce qu’il apprend, pourquoi il l’apprend et comment il va s’en servir, il s’engage naturellement dans son apprentissage. Pourquoi? Parce que ça a du sens.

4. Droit d’avoir des objectifs personnels

La transformation de l’éducation passe par la personnalisation de l’éducation. C’est mon humble avis. Lorsque nous faisons une place pour les objectifs personnels des apprenants, nous personnalisons l’éducation. Avoir des objectifs personnels signifie qu’on se compare à soi-même, pas aux autres. Avoir des objectifs personnels permet à l’apprenant d’accepter graduellement la responsabilité de son devenir. Ça, c’est big. Ça veut aussi dire que ça dépasse la matière ou le programme. J’ai souvent entendu l’expression «Faire éclater les murs de l’école». Pour s’ouvrir sur le monde. C’est fantastique. Mais je pense qu’on fait éclater les murs de l’école lorsqu’on fait une place pour autre chose que ce qui se trouve au programme. On fait éclater les murs de l’école lorsqu’on y fait une place pour l’apprenant en devenir et la vraie vie, avec tout ce que ça implique.

5. Droit d’être rendu là où je suis rendu

Cet hiver, je discutais avec notre très chère collaboratrice Stéphanie Dionne de l’École branchée. Elle me racontait que son fils avait un exposé oral ou une vidéo à produire (j’oublie la tâche spécifique) et qu’elle souhaitait l’aider. À un moment donné, son fils lui aurait dit  quelque chose comme : « Maman, toi t’es rendue au niveau 400. Moi je suis au niveau 4. Laisse-moi donc vivre mon niveau 4! » Elle et moi avons trouvé ça fantastique. Cet exemple est tellement pertinent actuellement en éducation. Les chances sont que les apprenants qui nous sont confiés cette année soient, eux aussi, rendus là où ils sont rendus. Et ce n’est probablement pas aligné avec la progression des apprentissages habituelle. Mais ils sont là où ils sont. La question à se poser : « Auront-ils le droit d’être rendus là où ils sont rendus? ». La réponse viendra du regard, de la bouche et des actions des adultes autour d’eux.

6. Droit de vivre des émotions

Certains l’oublient parfois, mais les enfants sont… des enfants. Ils vivent des émotions, comme nous d’ailleurs. Or ont-ils le droit de vivre des émotions? Qu’est-ce qui se produit lorsqu’un apprenant vit des émotions fortes et qu’il manifeste des comportements qu’on pourrait qualifier d’inacceptables? Comment est-ce une occasion d’apprentissage pour tous lorsque cela se produit? Dans Permission to Feel, Mark Brackett affirme qu’on ne peut pas s’attendre à ce que les apprenants s’auto-régulent si on ne leur enseigne pas à reconnaître, à comprendre, à nommer, à exprimer et à gérer leurs émotions. Les émotions font partie de l’expérience humaine et donc, de l’expérience d’apprentissage.

7. Droit d’échouer temporairement

Les système d’éducation a à coeur la réussite de tous les apprenants, et c’est tant mieux. Or parfois, certains ont l’impression que les apprenants n’ont plus le droit d’échouer. Et ça mène à toutes sortes de pratiques. Si la réussite n’est pas permanente, l’échec ne l’est pas non plus. L’échec n’est pas final. À moins qu’on le traite comme ça. L’échec est en fait un excellent enseignant. Il nous permet de dire « pas encore ». Il nous permet de constater qu’il reste de l’apprentissage à faire. Certains diront : «Oui mais Marius, il y a des échéances et des exigences systémiques…». Oui. Il y en a. Ce sont les limites du jeu. On ne peut pas faire semblant qu’il n’y en a pas. Et à l’intérieur de ces limites, il y a des limites bien arbitraires qui sont ajoutées qui font en sorte que QUAND l’apprenant apprend est plus important que SI il apprend. Comme le quiz du vendredi. Tous les vendredis… Changement de paradigme… Le possible se trouve là. Comment l’échec pourrait-il devenir temporaire dans votre milieu?

8. Droit de me relever

Si l’échec devient temporaire, c’est que l’apprenant doit se relever. Ce n’est pas une option. C’est le contrat d’engagement. Accepter l’échec temporaire, c’est choisir de placer l’apprenant au centre de son apprentissage. C’est vivre pleinement le « Ici, on apprend! ». Vous voulez augmenter le taux de réussite dans votre milieu? Permettez aux apprenants de se relever! Apprendre à se relever, c’est apprendre à accueillir son pouvoir d’action dans sa propre vie. Je me demande combien d’apprenants vont avoir la chance d’apprendre à se relever cette année, une année où le réflexe systémique va vouloir réduire les écarts?

9. Droit qu’on m’aide à voir le lien entre mes efforts et les résultats que j’obtiens

Si nous choisissions vraiment l’apprentissage, nous pourrions amener les apprenants à voir le lien entre leurs efforts, les stratégies qu’ils utilisent (efficacité) et les résultats qu’ils obtiennent. C’est un peu la morale de La Cigale et La Fourmi. Combien d’apprenants ne comprennent pas comment ça fonctionne l’apprentissage ou la réussite scolaire? Certains croient même ceci : bonne note = mon prof m’aime; pas bonne note = mon prof ne m’aime pas. Wow. Imaginez le sentiment d’autonomie ou d’efficacité personnelle de l’apprenant lorsqu’il comprend ce qu’il peut et doit faire pour apprendre. Ce n’est plus une question de chance mais une méthode bien précise qui est transférable à de nouveaux contextes. Liberté dites-vous?

10. Droit à une expérience d’apprentissage signifiante et stimulante

Pour inclure l’apprentissage, l’apprenant doit être engagé. La pertinence de la tâche aux yeux de l’apprenant influence beaucoup son niveau d’engagement, et donc, l’étendue de son apprentissage. « Est-ce que la tâche vaut mon temps et mon énergie? », pense-t-il. Les apprenants qui nous sont confiés sont de passage dans nos établissements. Les expériences d’apprentissage auxquelles ils seront exposés les aideront à prendre connaissance du monde qui les entoure (programme) mais aussi du monde qu’ils portent en eux (personnalisation). Au bout du compte, le but de l’éducation est d’amener les apprenants à se réaliser, à trouver leur place dans la société et à y contribuer, à leur façon. Pour y arriver, il importe d’inclure l’apprentissage pour tous. À quoi pourraient ressembler les expériences d’apprentissage des apprenants qui vous sont confiés cette année?

Imaginez, si tous les apprenants avaient ces droits dans nos établissements.

Imaginez ce qui se passerait si ces droits devenaient les principes directeurs de l’école d’aujourd’hui.

On peut espérer avoir une belle année et que les apprenants apprennent… On peut aussi choisir d’inclure l’apprentissage et la créer cette belle année.

Merci de vos commentaires et bonne rentrée!

Vers un «nouveau normal» en éducation

Ça sent de plus en plus le «retour à la normale». Hier, j’ai joué au golf avec ma fille. J’ai mes deux rendez-vous pour recevoir le vaccin. L’été arrive. La piscine est prête. Les provinces annoncent leur plan de déconfinement. Et je suis tombé sur cette publicité.

C’est comique mais cette publicité traduit très bien cet ardent désir d’un retour au contact humain, au vivre-ensemble. Au «en vrai», à la liberté. Avec ou sans gomme à mâcher Extra 🙂 En nous isolant, la pandémie nous a placés face à nous-mêmes et nous a amenés à faire des prises de conscience importantes en tant que société. Mais ce sera pour un autre billet. Aujourd’hui, j’ai le goût de vous parler de la rentrée scolaire 2021-2022. Parce que qu’il y a des choses qui me préoccupent. Je ne prétends pas avoir la solution. Je vous partage en toute humilité les enjeux que je vois présentement. Écrire m’aide à amener de la clarté dans mes idées. Avec vos commentaires, je suis confiant que nous pourrons ensemble identifier des pistes d’action concrètes afin de créer une rentrée scolaire bienveillante pour tous. Pour moi, le retour à la normale, c’est le retour à l’humain. Parce que ce serait normal de placer l’humain au centre de tout ce que nous faisons en éducation.

Des écarts!? 

Le système d’éducation, lui aussi, a fait des prises de conscience pendant la pandémie. Et dans l’optique d’un «retour à la normale», le système sort ses vieux réflexes. C’est normal. En effet, on entend de plus en plus parler des écarts que nous observons ou que nous anticipons et du rattrapage à faire!

  1. L’écart entre là où les élèves se situent par rapport à où ils en seraient dans leur apprentissage s’il n’y avait pas eu de pandémie. La pandémie a ralenti le rythme de l’apprentissage. C’est normal, ça. John Hattie dirait peut-être qu’une année d’apprentissage pour une année d’enseignement en contexte de pandémie, ça ne se compare pas à ce que nous pouvons accomplir lorsqu’il n’y a pas de pandémie. Je serais curieux de savoir à combien de mois d’apprentissage équivaut un effet de 0,40 en contexte de pandémie. 4 mois? 6 mois? 10 mois? Est-ce que ça vaut même la peine de poser la question?
  2. L’écart entre les élèves qui progressent bien et ceux qui progressent difficilement. À distance, nous ne contrôlons pas le milieu de vie de nos élèves. Certains élèves sont plus difficiles d’accès à distance et le contact humain, la proximité, est parfois plus difficile à créer à distance. Or avec le «retour à la normale», nous aurons bientôt accès à des stratégies de haut rendement en personne.
  3. L’écart entre les habiletés sociales, les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail en personne d’avant la pandémie et ce que nous observerons à la rentrée. Nos élèves, comme nous, ont développé de nouvelles habitudes de vie pendant la pandémie, qui inclut la nécessaire utilisation de la technologie pour socialiser avec les autres. À quoi pourrait ressembler un plan de relance pour bâtir le savoir-vivre-ensemble requis dans une communauté scolaire pour qu’il y ait graduellement un retour à l’apprentissage en profondeur? Tsé, ce que nous visons en éducation.
  4. L’écart au niveau de la langue d’enseignement. Pour plusieurs de nos élèves, l’école est le seul endroit où ils vivent en français. Il n’y a pas de corridors dans l’école virtuelle. Il est donc plus difficile de créer un milieu de vie en français pour nos élèves cette année. En fonction de votre clientèle d’élèves, que voudrez-vous faire dès la rentrée pour créer un milieu de vie stimulant en français?

Pour le système, il y a possiblement d’autres écarts qui seraient dignes de mention. Le système, c’est du monde. Et à notre décharge, notre réglage par défaut, l’ADN institutionnel, nous amène souvent à voir ce qui manque, à voir l’erreur pour la corriger. C’est «normal». Mais une question me vient en tête : Pourquoi voudrait-on mettre l’accent sur les écarts et sur le rattrapage?

On ne peut pas refaire sa vie. On peut seulement la continuer en acceptant la responsabilité de son devenir. – Inconnu

L’école de l’avant-pandémie n’existe plus!

Ça servirait à qui de comparer où nous en sommes présentement à où nous en serions s’il n’y avait pas eu de pandémie? Pensez-y. L’école de l’avant-pandémie n’existe plus. Il y a eu une rupture dans la progression des apprentissages prévue par le système. Il faut l’accepter. Certains experts affirment que nous en avons pour des années de rattrapage. D’autres parlent d’une génération perdue. C’est quand même incroyable. Mais nous sommes tous dans le même bateau. Imaginez l’impact sur le personnel, sur les élèves et sur les familles si le système décidait, pour la rentrée, de voir le verre à moitié vide et nous disait : «Eille la gang, nous savons que vous avez travaillé fort pendant la pandémie, mais ce n’était pas suffisant. Les élèves sont vraiment en retard. Alors, go. On veut des résultats.» Imaginez le stress que porterait le personnel, un stress qui finirait assurément sur nos élèves. Est-ce ça, le retour à la normale que nous voulons? J’ai une idée. Et si le système s’ajustait, lui, plutôt que de demander à tout le monde de se rattraper?! Et si le système nous invitait à nous attarder aux humains et à leurs acquis plutôt qu’à leurs manques? Après tout, tout le monde a appris pendant la pandémie. Et pas nécessairement ce qu’il y a programme. Pensez à tout ce que nous avons appris et à tout ce que nos élèves ont appris pendant la pandémie et qui «ne compte pas» en éducation.

Créer un climat où tout est possible

Personne ne peut contrôler les résultats des élèves. Nous le savons. Comme on ne pourra pas contrôler leur comportement, leurs acquis, les écarts… à la rentrée. Nous ne pourrons qu’accueillir tout ça. En ce sens, j’aime bien cette citation de Sir Ken Robinson : «The real role of leadership in education … is not and should not be command and control. The real role of leadership is climate control, creating a climate of possibility.» Tout ce que nous pouvons faire, c’est de créer les conditions pour que les élèves aient le goût d’apprendre avec nous et qu’ils apprennent à devenir qui ils sont. Dans l’école d’aujourd’hui, on ne veut pas contrôler les personnes, on veut les propulser. Quand une carotte ne pousse pas, on ne tire pas dessus. On crée les conditions pour qu’elle atteigne son plein potentiel. Sachant ce que nous savons de l’impact de la pandémie sur les personnes jusqu’à maintenant, je me pose la question suivante : Qu’est-ce qu’une personne raisonnable ferait à la rentrée scolaire pour créer un climat où tout est possible pour tous les apprenants?

Voici 10 idées qui me paraissent importantes pour la rentrée :

  1. Regarder la rentrée avec des yeux d’élève : À quoi ressemble la rentrée scolaire que vous aimeriez vivre si vous étiez élève?
  2. Générer des émotions positives : S’il y a une chose qui est claire, c’est que l’apprentissage est possible lorsque les émotions sont positives. Quelles actions ou quelles décisions pourraient vous aider à générer des émotions positives chez les adultes et chez les élèves dès la rentrée?
  3. Miser sur les relations : On enseigne quelque chose, à quelqu’un. Et ce quelqu’un est ce qui compte. On a intérêt à en apprendre le plus possible à son sujet. Les résultats ne viennent pas de l’enseignant ni du contenu : ils viennent de l’élève. Développer des relations de qualité permet de ne pas se placer entre l’élève et le contenu ou l’expérience d’apprentissage. Les relations positives nous permettent de ne pas être une barrière à l’apprentissage. C’est big. Comment pourriez-vous développer des relations positives avec tous les apprenants dès la rentrée?
  4. Résister à la tentation d’étiqueter les élèves : Après plusieurs mois de confinement, nos réflexes pourraient nous amener à identifier et à isoler des élèves pour leur «venir en aide». Souvent, les étiquettes servent à expliquer pourquoi certains élèves n’apprennent pas aussi bien que les autres. Ça a un impact sur nos relations, en passant. Ça annonce clairement le regard que nous avons sur l’autre. Comment pourriez-vous offrir à tous vos élèves différentes formes de soutien qui traduisent un regard bienveillant, un regard qui dit «Je crois en toi». Parce qu’ils auront tous des besoins particuliers et différents. Et c’est normal, ça.
  5. Adopter une mentalité d’abondance : Une mentalité d’abondance, c’est croire qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, d’acquis, de flexibilité, de possibilités… pour vivre une rentrée qui nous relance sur la trajectoire de l’apprentissage en profondeur. C’est croire qu’on a tout ce qu’il faut pour aller là où on veut aller. Pas convaincu? Regardez ce que vous avez accompli en équipe dans la dernière année! Qu’est-ce qui deviendrait possible pour vos élèves à la rentrée si tous les membres de votre personnel avaient une mentalité d’abondance?
  6. Accueillir l’embarras du choix : La pandémie nous a sortis de notre zone de confort et ne nous a pas donné le choix de nous adapter… en attendant. Avec cet éventuel retour à la normale, vient le retour au choix. Nous pourrons bientôt choisir de revenir à ce que nous faisions (confort) ou de continuer à transformer l’éducation (inconfort) pour les apprenants qui sont devant nous. Le choix. Que choisirez-vous?
  7. Se voir comme un coach : Un coach identifie, positionne et outille le talent. Un coach met l’accent sur le potentiel, pas sur la performance actuelle. Un coach donne de la rétroaction sur ce qui va bien afin d’amener l’autre à comprendre ce qu’il fait bien. Un coach met aussi l’accent sur les 4 P : le plus petit prochain pas, afin de faciliter le passage à l’action et de créer du momentum. Un coach met l’accent sur le processus et vise donc le progrès, pas la perfection. Un coach amène l’autre à se comparer à lui-même. Meilleur qu’hier, moins bon que demain. Un coach amène l’autre à monitorer ses habitudes quotidiennes, parce que les résultats sont hors de notre contrôle. Qu’est-ce qui vous empêche d’adopter une posture de coach dès la rentrée?
  8. Inclure l’apprentissage : On parle beaucoup d’inclusion dernièrement. C’est souvent fait dans le but d’inclure des personnes qui répondent à certaines caractéristiques et ou à un certain profil. En éducation, l’ultime inclusion, à mon avis, n’a pas tant à voir avec les personnes qu’avec l’apprentissage. Dans l’école d’aujourd’hui, tous les choix que nous faisons, je pense, sont faits dans le but d’inclure, non pas l’enseignement, mais l’apprentissage pour tous dans nos établissements. Qu’est-ce qui pourrait vous permettre d’inclure l’apprentissage pour tous à compter de la rentrée?
  9. Travailler en équipe : Dans un récent billet, j’écrivais que l’enseignement est un sport d’équipe. La prochaine rentrée va demander beaucoup de conscience, d’intentionnalité et de collaboration. Une école, c’est un milieu de vie. Et la qualité du milieu de vie est en grande partie créée par les adultes. Quel milieu de vie avez-vous le goût de créer en équipe, pour vos élèves, dès la rentrée?
  10. Impliquer les parents : Si nous avons appris une chose cette année, c’est l’importance de l’appui des parents. La rentrée scolaire nous offre une occasion de communiquer une multitude de choses avec les familles, dont les rôles et les responsabilités, la vision, le plan de relance… Comment pourriez-vous impliquer les familles pour assurer une rentrée scolaire réussie?

Dans l’école d’aujourd’hui, on ne veut pas contrôler les personnes, on veut les propulser. Quand une carotte ne pousse pas, on ne tire pas dessus. On crée les conditions pour qu’elle atteigne son plein potentiel. – @bourmu

Accepter la responsabilité du devenir de l’éducation

J’ai entendu quelque part qu’on ne peut pas refaire sa vie. On peut seulement la continuer en acceptant la responsabilité de son devenir. Ça a du sens. C’est toujours ce qu’on fait à partir de maintenant qui compte. En éducation, on ne peut pas revenir en arrière et faire comme s’il n’y avait pas eu de pandémie. On peut simplement continuer à essayer d’offrir une éducation de qualité à nos élèves et accepter le privilège de porter la responsabilité de l’avenir de l’éducation. La balle est dans notre camp, les amis. Je pense qu’il est temps de faire de la place à un «nouveau normal» en éducation. Un retour à l’humain, où tout est possible. On vise le progrès, pas la perfection.

Merci de vos commentaires 🙂

 

La fin d’une année scolaire historique approche. Quel sera notre legs?

30 chances

«Vous n’avez pas 30 ans, vous avez 30 chances pour avoir un impact sur la vie des élèves qui vous sont confiés et sur la vie des collègues que vous côtoyez.» Je me souviens de ces paroles de Wayne Hulley qui nous expliquait qu’on peut avoir l’impression d’avoir amplement de temps pour amener un changement en éducation. J’étais conseiller pédagogique à l’époque. Monsieur Hulley nous rappelait l’importance du sentiment d’urgence. Parce que nos élèves vont et viennent, nos listes de classe changent mais nous, on reste. On reste parce qu’on a choisi d’être en éducation.

Une année scolaire historique tire à sa fin.

La fin de l’année scolaire approche. C’est la promesse de toutes les années scolaires : elles finissent. Mais quand on y pense, notre objectif premier en éducation, ce n’est pas seulement de finir l’année. On souhaite aussi, je pense, avoir un impact positif sur nos élèves. Pensez à toutes les stratégies de prévention que nous mettons habituellement en oeuvre à partir du mois de mai pour prévenir le désengagement des élèves, entre autres. C’est connu. Le mois de mai requiert pratiquement la même énergie que la rentrée scolaire pour maintenir les routines, les processus, l’engagement… Afin qu’on puisse finir ensemble. Dans les écoles qui ne le font pas, on a parfois l’impression que les élèves viennent à l’école pour regarder les adultes travailler. Je ne nous souhaite pas ça. Surtout pas cette année. Comment nos stratégies de prévention habituelles s’appliquent-elles à cette année scolaire historique qui tire à sa fin?

Quel sera notre legs?

Je réfléchis aux paroles de Monsieur Hulley et je me dis que nos élèves de cette année n’ont pas choisi le contexte dans lequel ils sont en train de finir leur année scolaire. Nous non plus d’ailleurs. Mais cette année, historique rappelons-le, représente une de ces 30 chances que nous avons. Et elle n’est pas encore terminée. C’est donc dire qu’il est encore temps de réfléchir à la dernière des 21 lois irréfutables du leadership de John C. Maxwell : la loi de l’héritage, qui se lit comme suit : «La valeur d’un leader se mesure par l’héritage qu’il laisse à son départ.» En éducation, nous avons le pouvoir de changer des vies mais ce sont nos élèves qui partent à la fin de l’année scolaire. Et nos élèves ne se souviennent pas autant du contenu enseigné que de comment ils se sont sentis en notre présence. Pensez aux profs dont vous vous souvenez le plus… Alors oui la fin approche et ma question est la suivante : Qu’avons-nous le goût de léguer à nos élèves et à nos collègues d’ici la fin de cette année scolaire historique? Vous avez des personnes en tête? Ne manquez pas votre chance!

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

L’enseignement est un sport d’équipe!

Je n’ai pas écrit depuis un ptit bout. J’ai consacré mon énergie à ma famille (du mieux que je l’ai pu) et aux personnes que j’ai la chance d’accompagner en éducation. J’ai tellement de choses à vous raconter dans les prochains billets. Pour aujourd’hui, je vais me concentrer sur la collaboration dans nos écoles. C’est un sujet qui a été, implicitement et explicitement, au coeur de mes rencontres avec des directions et des enseignants de divers milieux au cours des derniers mois.

Où en serions-nous sans la collaboration en ce moment?

Je ne sais pas si vous allez être d’accord. Plusieurs personnes sont d’avis que si nous avons pu relever le défi de continuer à offrir une éducation à nos élèves, c’est parce que les acteurs du réseau se sont mis en mode «collaboration». Certains diraient que c’est normal puisque la pandémie ne nous a pas donné d’autre choix. Où en serions-nous présentement sans la collaboration dans nos milieux? La question se pose. Et il importe de célébrer le travail extraordinaire (il n’y a pas de mot assez élogieux) des acteurs du réseau. Or la fin de l’année approche et le réseau se prépare à un éventuel retour « à la normale ». Dans la perspective de l’après-pandémie, je pense que la collaboration sera primordiale si on souhaite vraiment relancer l’éducation, une éducation au service de tous nos élèves.

«Si tu es le meilleur prof de ton école et que tu ne contribues pas activement à la communauté d’apprentissage professionnelle, tu nuis à ton école.» Traduction libre – Richard Dufour

Le mindset d’un joueur d’équipe

Dans mon vécu, la collaboration est le moteur de l’amélioration continue en éducation. Même si l’enseignement nous amène à fermer notre porte de classe et à enseigner individuellement, l’enseignement est un sport d’équipe. Après tout, nous avons des objectifs communs et un profil de sortie de l’élève commun. C’est pourquoi les écoles se donnent différentes structures de collaboration. Mais la collaboration n’est pas tant une question de structure (lire ici recette, technique ou stratégie) qu’une question de mindset. Qu’une école adopte le mode de fonctionnement CAP, CoP, équipes de collaboration, équipes de mentorat, visites en salle de classe (Lesson Study) ou même une structure plus informelle comme la charte de l’ananas et j’en passe, l’amélioration continue, c’est d’abord une disposition. Je vous partage humblement quelques idées clés qui peuvent transformer positivement comment vous vivez la collaboration dans votre école, peu importe le mode de fonctionnement. On part ici du principe que vous ne pouvez pas contrôler comment les gens se présentent autour de la table, mais vous pouvez toujours choisir comment vous vous y présentez.

  1. Je veux m’améliorer : En éducation, nous oeuvrons tous dans un contexte d’amélioration continue. Je n’ai jamais vu une école ou un CS/CSS avoir un plan de maintien. Non. Tout le monde a un plan qui vise l’amélioration continue. Et je ne peux pas m’imaginer comment on peut espérer améliorer l’éducation sans un ardent désir d’amélioration continue de la part de tous les acteurs. Pour reprendre les mots de Dylan Wiliam : « Si nous créons une culture dans laquelle chaque enseignant (leader) croit qu’il doit s’améliorer, non pas parce qu’il n’est pas assez bon mais parce qu’il peut être encore meilleur, il n’y a pas de limite à ce que nous pouvons accomplir.» Je suis d’accord mais j’inclus tout le monde. Pas seulement les enseignants. Le système, c’est du monde. Si on veut améliorer le système… on commence par soi.
  2. Je veux contribuer : Les structures de collaboration nous permettent d’apprendre de nos collègues mais nous avons également la responsabilité de partager notre savoir expérientiel, de partager les lectures professionnelles qui nous alimentent, etc. On donne ET on reçoit. J’étais chef du secteur de Français au secondaire quand j’ai entendu Richard Dufour, le père de la CAP, prononcer ces mots : «Si tu es le meilleur prof de ton école et que tu ne contribues pas activement à la communauté d’apprentissage professionnelle, tu nuis à ton école.» Outch! Ça m’avait ébranlé. Mais j’ai compris à ce moment-là que l’éducation était un sport d’équipe. Une seule personne ne peut pas atteindre les objectifs communs de l’école. Il faut le faire ensemble. C’est là qu’on passe du «Moi» à «Nous», de «Mes» élèves à «Nos» élèves. C’est big, ça.
  3. Je veux savoir si nous progressons : Vous avez remarqué? J’ai dit «nous». Les structures de collaboration constituent un investissement majeur (temps, argent et ressources humaines) dont le but est l’amélioration de notre pratique et, au final, l’atteinte de nos objectifs communs. Il importe donc de vérifier si nos pratiques nous permettent de progresser en tant qu’équipe et si nos pratiques ont un impact positif sur l’apprentissage des élèves. Pour gagner la partie, une équipe a besoin de regarder le tableau de pointage une fois de temps en temps. Michal Fullan appellerait peut-être ça la reddition de compte à l’interne. Et lorsqu’on regarde la gestion sanitaire, n’est-ce pas ce qu’on fait en tant que société présentement? (Nous avons tous une opinion sur les stratégies utilisées mais un principe demeure : on s’intéresse aux données pour évaluer ce qui fonctionne ou non.)
  4. Je suis coachable : Être coachable, c’est être Curieux – Ouvert – Ambitieux – Confiant – Humble – Apprenant – Bienveillant – Leader – Empathique. Toutes les personnes dans votre école ont quelque chose à offrir à l’équipe et quelque chose à apprendre de l’équipe. On peut vouloir un bon coach, c’est sûr, mais il faut être coachable aussi.

Imaginez ce qui se passerait dans votre école si toutes les personnes se présentaient autour de la table avec cette disposition. Ce serait un excellent début, mais ce n’est pas tout.

On brasse les idées, pas les personnes!

Que chaque personne se présente autour de la table avec un tel mindset serait un excellent point de départ. Or il faut pouvoir dialoguer et partager nos idées. Collaborer, ça ne veut pas dire être d’accord avec tout le monde, tout le temps. Comment peut-on espérer avancer ensemble si on ne se donne pas la permission de s’exprimer librement. Les équipes efficaces comprennent l’importance de brasser des idées ensemble. Pour brasser des idées, tous les membres de l’équipe doivent être prêts à mettre leurs idées sur la table. Dans mon vécu, lorsqu’on arrive à faire ça, des idées bien ordinaires peuvent devenir extraordinaires grâce à nos collègues. Quand les membres de l’équipe comprennent qu’on brasse des idées, pas des personnes, une sorte de climat de confiance s’installe, un momentum se crée. Quand on y pense, nos collègues nous partagent toujours leurs meilleures idées. Accueillons-les avec intérêt, empathie et curiosité. Nous faisons alors attention à nos relations, mais on avance ensemble dans le meilleur intérêt de nos élèves. C’est le signe qu’un leadership partagé s’installe graduellement.

Leadership = prise de décision responsabilité

Parfois, certains réduisent le leadership partagé au partage du pouvoir décisionnel. C’est bien, mais c’est à mon humble avis incomplet. Le leadership, c’est d’abord une responsabilité. Dans le contexte de la collaboration, le leadership partagé porte fruit lorsque tous les membres de l’équipe contribuent activement à l’amélioration de l’équipe et surtout lorsque tous les membres de l’équipe acceptent la responsabilité de leurs actions et des résultats de l’équipe. C’est donc dire que la personne qui est responsable d’animer les rencontres d’équipe, quelle que soit sa fonction, ne peut pas porter à elle seule la réussite de l’équipe. Cette dernière phrase mérite d’être relue, en équipe. D’où l’importance du mindset de chacun. Ceci permet, entre autre, qu’à la fin de chaque rencontre, tous les membres de l’équipe aient choisi des prochaines étapes claires.

Que ce soit pour planifier les activités de fin d’année et pour planifier la rentrée scolaire, je vous souhaite de poursuivre votre élan de collaboration. Je vous souhaite surtout que la collaboration soit au service de relations saines avec vos collègues et au service d’une éducation toujours meilleure pour nos élèves. Rappelez-vous, l’objectif des structures de collaboration, ce n’est pas de «faire des CAP» (choisissez votre mode de fonctionnement) ou d’entrer dans le moule. Non. L’idée, c’est de regarder les principes du mode de fonctionnement choisi et de se demander comment ces principes peuvent servir à propulser le potentiel humain présent dans votre équipe.

Bon succès dans vos prochaines rencontres!

Merci de vos commentaires 🙂

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