Maslow avant Bloom ? #onestCAPAB !

Habituellement, la rentrée scolaire nous permet de donner le ton à l’année. On se prépare, on accueille les élèves et on décolle. Dans le contexte actuel, c’est la même chose. Sauf que cette année, il y a beaucoup de brouillard, comme le disait Alexandre Audet dans son récent billet. En effet, la gestion sanitaire a des incidences sur tellement d’aspects de l’éducation. De dire que c’est toute une tâche de gestion ne rend pas justice à ce que ça exige réellement de toutes les personnes impliquées. Or je crois que derrière ce défi, plusieurs possibilités nous attendent. Dont la nécessité de revenir à l’essentiel. J’ai eu la chance d’accompagner quelques écoles pour la rentrée, et on voit poindre un nouvelle réalité pour l’éducation, dont la visée, globalement, est le sommet de la pyramide de Maslow à en lire les profils de sortie de l’élève. Lorsqu’on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut éliminer plusieurs choses. En bout de ligne, pour qu’il y ait éducation, il doit y avoir un enseignant et un élève, en relation. Ça part de là. Il y a longtemps qu’on a vu nos élèves en personne. J’entends déjà certains initier la conversation avec leurs élèves : «Et puis, beau congé de mars? Lol. » C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom. Enseigner est un verbe transitif direct. On enseigne quelque chose… à quelqu’un. Ce « à quelqu’un», c’est notre pourquoi. 

«C’est toujours le cas, mais cette année plus que toute autre, c’est Maslow avant Bloom.» @bourmu

Depuis le 13 mars, c’est comme si la vie nous renvoyait à l’essentiel. Passer du temps avec nos proches, prendre conscience de ce qui compte pour nous… et, peut-être, repenser l’éducation. Quand l’habituel n’est plus possible… Dans sa Lettre aux élèves, Stéphane Laporte lance une invitation aux élèves : «Moi, je veux juste vous dire une chose : n’allez pas à l’école pour plus tard, allez-y pour tout de suite. Peu importe vos notes, l’important, c’est de chanter. L’école, ce n’est pas seulement un avenir, l’école, c’est surtout un présent. Un présent qui dure longtemps. Un présent qui vous mène autour de 20 ans. On ne peut pas vivre tout ce temps en attendant. En attendant que ça finisse.»

En lisant cela, je me dis qu’entre adultes, nous non plus on ne peut pas aller à l’école en attendant que ça finisse. Notre carrière ou la COVID-19. Je nous lance donc une invitation, à nous les adultes en éducation. Je nous invite à vivre cette rentrée, cette année scolaire, fermement installés dans le moment présent en nous posant une question bien simple : Que devons-nous devenir pour que l’éducation soit, comme le dit si bien Stéphane Laporte, un présent pour tous les apprenants (y compris les adultes)?

Pour nous aider à dissiper le brouillard qui vient avec la rentrée de cette année, je vous propose très brièvement un modèle en 5 étapes, qu’on peut voir comme des axes d’intervention. 

CLARTÉ

Devant l’inconnu, nous sommes tous en quête de clarté. Plus on réussit à être clair sur ce qui est attendu de tous, plus le sentiment d’être capable d’agir sur sa réalité augmente.  Voici donc 4 questions à vous poser individuellement et en équipe afin d’amener de la clarté dans votre quotidien. Pour vous et pour les autres.

  1. Qu’est-ce qui est requis? Ici, on prend conscience de la nouvelle réalité. On peut voir cette nouvelle réalité comme la résistance extérieure nécessaire pour nous aider à grandir, à devenir.
  2. Qu’est-ce qui est possible? Ici, on prend conscience de nos options dans la nouvelle réalité. C’est un terreau fertile pour l’innovation.
  3. Comment je veux me sentir? Plus je résiste intérieurement à ce qui se passe autour de moi, plus je souffre intérieurement. C’est un choix. J’ai hâte que ça finisse ou j’accueille ce qui est.
  4. Quelles actions sont dans ma zone de contrôle? Tout se passe dans le moment présent et notre pouvoir d’action se trouve dans notre zone de contrôle.

ACCUEIL

Ici, on accueille l’autre. Le collègue, l’élève, le parent. On prend conscience de ses émotions, de ses besoins et de ses croyances. C’est le point de départ de notre année scolaire. Est-ce que l’autre croit qu’il peut progresser dans le contexte actuel? Croyons-nous que tous nos élèves peuvent progresser grâce à ce que nous faisons pour les soutenir dans cette rentrée scolaire différente? Quels mots utiliserons-nous pour décrire notre nouvelle réalité? 

POSTURE

Vous aurez deviné qu’une posture d’apprenant à vie est requise pour s’épanouir en éducation présentement. Sommes-nous prêts à accepter l’imperfection? La nôtre et celle des autres? Ça exige une mentalité de croissance. On doit également demander l’engagement de tous, parce qu’on a besoin de tout le monde pour y arriver. Lorsqu’on demande l’engagement, on obtient une réponse. Ça a le mérite d’être clair. On parle de l’école d’avant ou on crée ensemble l’école de maintenant? Tout le monde doit faire sa part. Quelle belle opportunité cette année d’enseigner la responsabilité à nos élèves et de co-construire avec eux l’école de maintenant.

ACTION

Le plan ne sera pas parfait, on le voit, ça change presque tous les jours. C’est parce que les arbres sont proches pour tout le monde. C’est normal, c’est notre première rentrée comme celle-là. Personne n’est expert en «rentrée scolaire 2020-2021». Alors on va observer, on va écouter. C’est comme ça que tout devient clair, petit à petit. L’important, c’est de passer à l’action. C’est dans l’action qu’on a de l’impact sur les personnes qui nous sont confiées. Cette année, une des choses les plus importantes que nous enseignerons à nos élèves, c’est à quoi ressemble un apprenant qui apprend quelque chose pour une première fois. La mentalité de croissance, ça a l’air de ça en action. Que voulons-nous modeler pour nos élèves? Qu’est-ce que nos élèves apprendront en nous observant?

BIENVEILLANCE

Finalement, la bienveillance. On veut vivre tout ça positivement. On veut que notre présence ajoute de la valeur aux autres. Pour faire ça, il faut être présent, s’encourager et surcommuniquer la clarté, comme disait Lencioni dans The Advantage. Ça veut dire qu’on souhaite créer un climat scolaire positif mais il faut aussi être capable de se dire les ajustements qui sont nécessaires. Ça ne veut pas dire qu’on est méchant ou qu’on ne s’aime plus si ça change ou si on est invité à faire X plutôt que Y. On revient à la clarté. Qu’est-ce qu’on veut surcommuniquer présentement?

Lorsqu’on regarde la première lettre de chacun des axes, ça fait CAPAB. Yes 🙂 C’est parce que #onestCAPAB. Non seulement de vivre la rentrée positivement mais de créer l’école de maintenant. Qu’on soit d’accord ou non, c’est dans l’école de maintenant que l’éducation est un présent ou non pour tous les apprenants.

Bonne rentrée 🙂

8 Sep, 2020

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Commentaires

6 Commentaires

  1. Caroline

    WoW ! J’adore ! Merci pour ce beau texte !

    Réponse
    • Marius

      Merci beaucoup Caroline 🙂

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  2. Sylvie B.

    Merci pour ce billet inspirant! Je vais partager, réfléchir et agir dans le présent en tenant compte de CAPAB 🙂

    Réponse
    • Marius

      Merci beaucoup, Sylvie 🙂 On est CAPAB !

      Réponse
  3. Pierre Beauchamp

    Merci pour ce texte inspirant

    Réponse
    • Marius

      Merci Pierre 🙂 Content que tu apprécies.

      Réponse

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